Lampion
Lampion

C’était un soir de fête.

Une retraite aux flambeaux (bon aux lampions, ok!), suivie de l’embrasement du moulin (parce qu’un vrai feu d’artifice en période de canicule dans la Provence profonde…. ce n’est pas raisonnable).

La Zébrette était toute excitée. C’est la fête du village depuis plusieurs jours et elle profite bien de la disponibilité maternelle pour participer à toutes les activités, rencontrer ses copains de classe, etc…

Ce soir, la nuit tombante rajoutait à l’excitation.. Une promenade au village dans l’obscurité ou presque 🙂

Sur la place de l’église, le comité des fêtes préparait les lampions et les enfants se servaient au passage.

La Zébrette demande comment faire pour en avoir un. Insiste pour s’assurer que la chose est bien gratuite, qu’elle a le droit, etc. La Fille lui propose de demander confirmation aux personnes préparant les petites boites de papier, pour finir de la rassurer.

Les voilà à attendre le début de la marche avec un petit lampion.

Après avoir fait quelques sprints sur la place (la Zébrette adore courir), elle demande si elle peut en avoir un deuxième. La Fille dit d’attendre que tous les enfants se soient servis, et que si il en reste, pas de souci. Au moment opportun, la Fille propose à la Zébrette d’aller en prendre un sur la barrière.

Quelques secondes plus tard… c’est une Zébrette en larmes qui revient. Et là.. impossible de savoir pourquoi. Par contre, devant la détermination de la miss, la Fille a bien compris que:

  • Elle ne voulait pas d’autre lampion,
  • Elle ne voulait pas que la Fille aille en chercher un avec elle
  • Elle ne voulait pas que la Fille aille en chercher un tout court
  • Elle ne voulait plus de son lampion déjà acquis

Que c’était-il passé de si grave ?

La Fille vous passe le temps infini de l’enquête menée avec douceur (en tentant de cacher la pointe d’exaspération: mais si tu parlais, ce serait plus simple!!!).

La Zébrette s’est trompée de barrière et a dû vouloir prendre un lampion posé là par un propriétaire attendant le départ de la marche, et la Zébrette a dû se prendre une réflexion (que la Fille n’imagine pas agressive) de la part du propriétaire surpris.

Ce qui a déclenché le torrent de larmes et l’impossibilité physique de s’approcher du lieu du délit (au moins pour éclaircir la chose, éventuellement avec ledit propriétaire). Après avoir tenté de calmer la Zébrette, la Fille prend un deuxième lampion. Ouf.

Mais une jolie soirée n’est jamais calme 🙂

Vient le moment d’allumer les lampions. Et là, panique.

« Et si le lampion prenait feu ?? »

Ce n’est pas grave. On le laissera tomber par terre et on l’écrasera avec nos pieds. D’ailleurs, vu le monde, plusieurs lampions avaient déjà connu ce sort.

La retraite a eu lieu, avec une Zébrette (la même à priori qui avait attrapé les taureaux (euh.. vachettes) sur le cours l’après-midi et motivant son copain apeuré) paniquée, tremblante, et au bord des larmes à surveiller sa flamme. Le lampion a fini dans mes mains tant la tension était grande…
Enfin (ben voui, il ne s’agissait que d’une retraite de quelques centaines de mètres et d’un mini feu d’artifice, mais que d’émotions!), nous arrivons dans les grands jardins du moulin.

Des barrières étaient dressées et les spectateurs s’y adossaient. Pas un monde énorme. La Fille était à 2 personnes des barrières, mais la Zébrette ne voyait pas grand chose. La Fille lui propose de se faufiler jusqu’aux barrières, à l’image des autres gamins.

« Non.. je ne veux pas déranger. Les adultes étaient là en premier. Tant pis. Non, je n’ai pas le droit« .

Pour éviter d’augmenter ses angoisses, la Fille projetait de la prendre sur ses épaules au dernier moment. Mais la Zébrette fait son poids et la Fille a une épaule en traitement. Alors elle retardait le moment fatidique. Un papa adossé à la barrière voit ou entend la Zébrette et lui propose de passer devant lui. Ouf, sauvées. Et le papa de dire « Si les enfants ne peuvent pas voir le spectacle, à quoi servirait-il? ».

La Zébrette a finalement profité du spectacle avec un grand bonheur.

Mais POURQUOI se met-elle tant la pression? C’est une petite fille extravertie, qui va vers les autres très (trop) facilement. Et parfois, elle se met la pression pour des choses qui semblent si simple….

Pas Glop!

2 thoughts on “Pour un lampion…

  1. Oui 🙁
    Ca ne passe pas avec l’âge…
    L’hypersensibilité.
    C’est ce que je me tuais à expliquer à l’instit de la Zébrette qui la disait immature (la psy venait d’écrire dans son rapport « maturité exceptionnelle »).
    Et moi, à 46 ans, je ne compte plus les situations où je tente plus ou moins avec succès à maîtriser mes larmes.. qui arrivent sans relation directe avec l’événement. Sans proportion. Juste parce que je ne sais pas gérer le flot d’émotions.
    Une discussion professionnelle ou personnelle, dans laquelle je n’ai pas de problème de timidité ou de peur, mais dans laquelle je ne peux maitriser les tremblements de voix (ou plus).. difficile à expliquer (aux autres)…
    Pffttttt…

  2. Oh là là… je fais toujours exactement la même chose… Je m’efface complètement plutôt que d’aller demander quelque chose sans conséquence, même dans mon bon droit. Même si je peux demander gentiment et que ça ne dérangera personne. Il y a de nombreuses causes à ce comportement étrange (et contre lequel franchement je n’arrive pas à lutter) mais entre autres je pense une peur de l’échec. Une peur du non. Exemple concret: un jour je me suis fait voler mon téléphone à la gare et je n’avais pas encore appelé ma mère pour qu’elle vienne me chercher en voiture à la fin du voyage. J’ai pris sur moi pour demander à deux personnes de me prêter leur téléphone juste deux secondes… La première n’avait plus de batterie, la seconde, une dame bien habillée, la soixantaine, m’a regardée d’un air hautain et jubilatoire en me disant « non ». Non, parce que j’ai parfaitement le droit de choisir de ne pas t’aider, et même ça me fait plaisir de me sentir aussi puissante face à toi, petite peste. Et quand on se retrouve face à un tel non, on est figé. On ne sait plus ce qu’on doit dire, on ne sait plus si on mérite un tel traitement ou si on doit casser la gueule à la raclure qui vous fait ça gratuitement. On ne sait plus comment aller vers une troisième personne, au risque de passer pour mal intentionnée, ou profiteuse. On sait que le regard malveillant sera encore là, dans notre dos, à jubiler de voir quelqu’un réduit à mendier.
    On est d’accord, c’est complètement disproportionné de réagir comme ça pour un lampion, une place devant, demander l’heure ou n’importe quoi. Il n’empêche que ça prend aux tripes… et c’est pas passé avec l’âge, en ce qui me concerne.

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