(Le rôle du généraliste)

Thèse de doctorat en médecine
Thèse de doctorat en médecine

La Fille vous a laissé avec ses réflexions sur la psychanalyse. Le Blog a failli ne pas s’en remettre :siul Alors elle vous laisse découvrir les autres extraits sur le sujet.. plus hallucinants les uns que les autres..

Pour conclure, les mots d’un enfant.

« Il existe des thèses qui affirment que les EIP n’existent pas. Tiens donc ! Je n’existe pas. Ça
c’est la meilleure ! D’autres disent que c’est la frime des parents. Demande-leur à mes parents, tu vas voir ce qu’ils vont te dire ! Je suis sûr qu’ils préféreraient que je sois plus « normal »[…] »

La Thèse retrace un historique des tests psychométriques. Une chose essentielle à rappeler, parce que la File lit souvent des conclusions étranges sur les capacités des enfants.. (et aimerait bien savoir ce que ça donnerait tranposé à l’âge adulte..)

Wechsler a rejeté la notion d’âge de référence, laquelle servait habituellement pour mesurer l’intelligence humaine (âge mental / âge chronologique). Il a défini l’intelligence comme une capacité globale d’agir selon une intention, de penser rationnellement et de modifier effectivement son environnement. Cette vision contient l’idée que l’intelligence n’est pas une capacité unique, mais bien un agrégat de plusieurs traits humains. Pour lui, l’intelligence normale est une valeur moyenne pour les membres d’un groupe défini. Sur une échelle normalisée, la valeur moyenne, établie à 100 par convention, devrait représenter la moyenne de ce groupe.

Connaissez-vous l’effet Flynn ? Ce même effet qui tend à régresser d’ailleurs. Ce qui est important de noter dans cette thèse est son peu d’influence sur les hauts QI.

L’ »effet Flynn », met en évidence une augmentation continue et mondiale des résultats à divers tests, observée au cours du dernier siècle. Le gain moyen de QI total semble compris entre 3 et 7 points par décennie selon les études. Ce sont les Pays Bas qui vont amener la plus grande source de données avec des tests systématiques effectués par les appelés au service militaire. Ces tests vont démontrer une progression du QI de l’ordre de 21 points entre 1952 et 1982, cependant les gains se concentrent essentiellement sur la moitié inférieure de l’échantillon et de manière négligeable pour la moitié supérieure, il existe également une corrélation entre la proportion du gain et le QI de base, le gain étant quasi nul pour les hauts QI.

Ce qu’il faut retenir de l’effet Flynn, mais de la construction des tests en général, c’est qu’ils comparent un individu à l’ensemble de la population du même âge à un moment donné. Aussi il ne serait pas judicieux de comparer entre eux les résultats de tests de deux personnes d’âge et d’époques différentes.

Le chapitre 5 de la thèse détaille le Wisc IV et intéressera sûrement nombre de lecteurs.  On y précise que :

Comme nous le verrons, l’observation du sujet est fondamentale : Par exemple un item échoué de par son aspect scolaire dans le cadre d’une phobie n’a pas du tout la même signification qu’un échec lié à une déficience constitutionnelle

En effet, vous trouverez bien peu de professionnels (sérieux) pour ré-interpréter les résultats d’un WISC qu’il n’a pas fait passer lui-même. Ce n’est pas qu’une histoire de gros sous, mais plus sûrement de déontologie. Aussi la Fille réitère-t-elle ses conseils  de bien choisir le professionnel qui fera passer le test à votre enfant!! Parce qu’un test ne peut pas se repasser avant un minimum de un an, plus sûrement deux ans (effet mémoire du test). Alors, si le professionnel choisi n’est pas à la hauteur, il faudra attendre bien longtemps avant d’avoir enfin les résultats qui permettront les mises en place des aides nécessaires à l’enfant. Quel dommage. Surtout lorsque l’on sait que même  avec ces résultats, ces aides ne sont pas toujours simples à obtenir, ni d’effet immédiat.

Si vous comptez faire passer un Wisc à votre enfant, la lecture de ce chapitre est essentielle. Surtout lors de la restitution des résultats par la psychologue. Vous connaîtrez les questions à poser, les corrélations à faire et vous serez armés pour mieux comprendre ce que l’on vous dira. Vous ne vous arrêterez pas aux chiffres qui du coup vous inquiéteront moins. Votre enfant a fort bien réussi les Similitudes. Mais de quelle manière? Avec des scores de 1 ou plutôt des scores de 0 et des scores de 2?

Il a raté tel sub-test ? Mais de quelle manière? Qu’a observé le professionnel lors de la passation (et l’on comprend pourquoi l’observation de l’enfant pendant la passation est plus importante que tout le reste)

A chaque étape de la passation du test, le psychologue ne se borne pas à réciter les consignes et chronométrer le sujet mais observe attentivement ses réactions, sa façon d’appréhender chaque épreuve.

Le résultat brut d’un test psychométrique nécessite impérativement d’être interprété, et avec les plus grandes précautions tant un chiffre identique peut recouvrir différentes réalités.

Une différence significative entre notes peut avoir une signification clinique pour un enfant mais pas nécessairement pour un autre.

Ben voilà pour ceux qui douteraient encore de l’inintérêt (euh.. ça existe ce mot? pas pour le correcteur orthographique de la Fille en tout cas!) d’abreuver les forums plus ou moins spécialisés avec les résultats de son rejeton pour y trouver une interprétation que le psy n’aura pas su donner. Et pourtant, que la tentation est grande!

La Fille ne jettera pas la pierre…loin de là!!! Tentée qu’elle serait de faire de même. Mais quel internaute pourra savoir comment la Zébrette a réussi tel sub-test ou pas? A-t-elle surinvesti, a-t-elle paniqué, a-t-elle essayer de biaiser pour masquer son ignorance des réponses, a-t-elle répondu avec détachement, facilité, a-t-elle été guidée par la psychologue… Bref…

Maintenant, savoir que tel item est lié à la dyslexie et tel autre à la dyspraxie, si personne ne vous l’a expliqué… c’est sûr que ce n’est pas simple 🙂

La conclusion de l’auteur plait bien à la Fille.

Mais « Un QI élevé, c’est comme la taille d’un joueur de basketball » dit David Perkins, qui a étudié les facultés de la pensée et du raisonnement à Harvard. « C’est très important, toutes choses égales par ailleurs. Mais toutes les autres choses ne sont pas égales par ailleurs. Il en faut beaucoup plus pour être un bon basketteur que d’être seulement grand, et il en faut beaucoup plus pour être un bon penseur que d’avoir un QI élevé ». On peut métaphoriser dans la même veine en disant que si être grand constitue un avantage, être très grand pose quelques problèmes : On se cogne la tête, il est difficile de trouver des vêtements, des chaussures, une voiture, un lit, un emploi… : On est inadapté à l’environnement.

Et pour ceux qui disent que les tests de QI (Cattel ou Weschler) ne mesurent pas l’intelligence… la Fille plussoie. Comme l’auteur de la thèse elle rappelle que les tests ne « mesurent pas ».. ils « classent » (fonction de performances spécifiques au sein de la population, par extrapola-tion à partir d’un échantillon).

Bon, pour les curieux, en Annexe 2, il y a un résultat de Wisc IV décortiqué à souhait 🙂

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