(Le rôle du généraliste)

Thèse de doctorat en médecine
Thèse de doctorat en médecine

Le chapitre sur les « dys » interpellera plusieurs d’entre nous.

« près d’un quart des enfants surdoués sont dyspraxiques ou dyslexiques, plus de 10% ont un trouble de l’attention » (Jeanne Siaud-Facchin)

Le Dr Habib (PSYRENE 2011) : «Les dys à haut potentiel : reconnaître, comprendre, expliquer. ») relate la présence de 10% d’enfants HPI au sein de 209 dossiers de dyslexiques (21 HPI), alors que la fréquence attendue en l’absence de lien serait de 2.3%. La présence de 572 diagnostics sur 209 sujets signe l’intrication des troubles.

Quant au paragraphe consacré à l’enfant Asperger, la Fille émet quelques réserves quand elle lit :

L’enfant Asperger peut présenter certains traits d’un précoce, notamment du fait d’une mémoire colossale qui peut lui assurer très tôt un vocabulaire étendu (mais utilisé mécaniquement et mal à propos), de capacités mathématiques hors du commun, de passions l’amenant à accumuler un savoir énorme sur un sujet précis et à en parler sans cesse. […] Un diagnostic fiable peut être établi dès trois ans, certaines déficiences, notamment dans le
domaine social peuvent être compensées par une éducation adaptée.

Elle n’est pas sûre que la distinction EHP / Asperger soit aussi simple que cela à faire, ni que le diagnostic soit si aisé et fiable… Certains lecteurs Asperger pourront peut-être donner leur avis.. Au passage, elle vous propose la lecture de l’article de l’article sur le sujet sur les Tribulations… .. Mais revenez vite par ici hein 🙂

Le chapitre sur les preuves physique de la précocité intéressent la Fille.. parce que ça parle de concret, de palpable, de tangible…

Alors si les progrès de l’imagerie médicale sont nombreux, les études les plus anciennes portent sur la « qualité » du sommeil.

Grubar conclut à un effet de néoténie portant sur le sommeil paradoxal (les précoces auraient un sommeil ressemblant à celui d’enfants de 12 mois), avec par contre les capacités d’organisation des données d’un adulte (A corréler avec le terme de « puer-senex »).Il souligne que les déficients mentaux, comme les précoces sont à considérer comme des inadaptés nécessitant tous de ce fait un environnement spécifique.

Ah ben voilà pour ceux qui se plaignent que leurs enfants semblent ne pas travailler, ne pas faire d’effort 🙂

De multiples sources citent les travaux de Haier (en 1988), montrant en TEP une consommation corticale de glucose au cours du test des matrices de Raven variant en sens inverse de la réussite au test : Il semblerait que plus le cerveau est performant, moins il travaille à tâche équivalente.

Mais au final, les études sont assez peu nombreuses, assez peu fiables du fait du faible échantillon, des pistes de recherche sont évoquées… Nous reviendrons mettre à jour ce post dans quelques années 🙂

Une question est posée régulièrement sur le côté inné ou héréditaire de l’intelligence. Les études ne sont pas très claires et on n’a encore pas isolé de gène(s) de l’intelligence 🙂

Mais à rencontrer de nombreuses familles d’EHP, la Fille, à l’instar de l’auteur de la thèse, ne peut que remarquer ce qui n’est plus une coïncidence statistique…

On trouve dans les 50 réponses au questionnaire (voir ce chapitre) une famille comportant 4 enfants au QIT supérieur à 145, ce qui, en cas d’indépendance totale, n’a qu’une chance sur deux mille huit cent milliards de se produire !
D’autres familles ont deux ou trois enfants testés : pour la grande majorité d’entre elles, tous sont reconnus précoces.

A défaut d’études scientifiques, la simple observation, si elle ne fait pas clairement la distinction entre inné et acquis, montre que le facteur « familial » joue plein pot.

Laurence Vaivre-Douret, Docteur en psychologie du développement, neuropsychologue clinicienne et psychomotricienne, Directeur de recherche INSERM U-483 (Paris VI), relate des observations concernant le développement moteur d’enfants HPI, révélant une précocité dans ce domaine également

La Fille avait, à l’instar de la pédiatre, noté de nette avance psychomotrices chez la Zébrette dans ses premiers mois de vie, mais n’avait jamais lié cela à une « précocité » intellectuelle.

L’étude suivante interpelle..

Elle [ Dr. Marie-Sainte ] cite également une étude SOFRES (C.F. annexe 5), réalisée en 2004 auprès de 186 foyers adhérents à l’association Fractales (familles avec enfant(s) ayant un QI>125) versus un échantillon témoin, qui montre que 81% des enfants surdoués ont connu des phases difficiles, pour 38% en moyenne dans l’échantillon, en particulier :

  • Troubles du comportement à la maison : 69% chez les surdoués, (contre 48% en moyenne)
  • Troubles du sommeil : 50% des surdoués, (25% en moyenne).
  • Troubles du comportement alimentaire : 24% des surdoués, (pour 11% en moyenne)
  • Des problèmes de socialisation : 50% des enfants surdoués souffrent d’un rejet de la part de leurs camarades (pour 8% en moyenne).
  • 32% de ces enfants surdoués sont en échec scolaire, pratiquement comme les enfants témoins (40%).
  • 8% des enfants surdoués sont carrément déscolarisés (aucun dans l’échantillon témoin)
  • 3% des enfants surdoués ont tenté de se suicider (aucun dans l’échantillon témoin).

Parce qu’à la lecture des statistiques, comment savoir si son enfant qui a des troubles du sommeil fait partie des 50% d’EIP concernés par la problématique ou de tout de même 25% d’enfants dans la norme ? Il a un caractère difficile ? Vous trouverez bien 48% de parents pour vous dire que le leur aussi… La Fille se souvient de conversations avec une amie intime et bienveillante qui a 3 garçons brillants, dont un de l’âge de la Zébrette. Elle a l’expérience cette maman là et la Fille prend toujours très au sérieux ses conseils et avis (et réciproquement hein!!!)… Ainsi à chaque comportement « spécial » de la Zébrette avant que l’on ne (re)connaisse ses zébrures, la maman pouvait donner un exemple de même comportement pour chacun de ses gars… Alors comment faire la différence? L’ennui à l’école? Mais sincèrement, avec les programmes actuels, quel enfant bon élève ne s’ennuie pas ? La Fille ne savait pas encore que la profondeur de l’ennui et la profondeur de ses conséquences n’avaient pas de communes mesures dans les deux cas. Des angoisses ? Oui, le petit gars en faisait aussi, un peu au même âge. Comment juger leur intensité ?Comment juger quand cela devient a-normal ? Souvent la Fille se dit qu’elle aurait pu réagir plus tôt, bien plus tôt. Heureusement que cela n’a pas eu tant de conséquences et que le premier saut de classe a été décidé sans jamais avoir évoqué la précocité.

L’auteur de la thèse s’intéresse aux mesures à prendre une fois le « diagnostic » posé. L’enfant n’a pas changé avant/après le test, mais le regard que l’on pose sur lui a changé.

Les conseils donnés sont basiques mais judicieux. La Fille aime lire qu’il faut donner des armes à l’enfant pour qu’il SE gère. On n’a pas de temps pour répondre à ses questions ? C’est à LUI de les noter pour plus tard ou de faire ses propres recherches. Son vocabulaire est trop riche? C’est à LUI de savoir s’adapter à son auditoire.  Et la Fille de lire l’anecdote suivante :

J’ai entendu une fillette me dire : « Quand je suis en colère, je dessine ma colère sur une feuille de papier, puis je la froisse et je la jette à la poubelle, et la colère s’en va !  » (Inès, 4 ans 1/2, dotée d’un potentiel intellectuel énorme, et envahie en permanence d’affects dévastateurs, qui manifestement maîtrise déjà quelques techniques de gestion mentale).

La Fille voudrait lui préciser que la petite Inès (ou ses parents) ont dû lire Jeanne Siaud-Facchin ou assister à ses conférences.. ou lire le blog de la Fille :selamat

 

La Fille aura retenu de la partie sur les textes de loi, des droits de l’Homme, de l’Enfant, etc la conclusion suivante:

La déclaration est très claire: L’enfant a droit à la meilleure éducation possible, dans le respect de ses spécificités, dans des conditions d’égalité de chances (et non pas de traitement), avec pour guide son intérêt supérieur, les choix parentaux étant prioritairement respectés. Quant à l’esprit de compréhension et de tolérance dont il est fait mention, il s’agit bien, s’attendant à ce qu’il lui soit inculqué, qu’il lui soit préalablement appliqué.

Le reste semble bien trop sujet à interprétation pour être utilisable voire opposable à une équipe pédagogique…

La Fille râle parce que son PC a crashé avec les dernières modifs du post.

 

Le rapport Delaubier et les différents outils qui peuvent être mis en place à l’école sont important à connaitre avant de demander une réunion de l’équipe pédagogique (directeur, enseignant, médecin scolaire et psychologue scolaire à minima). Ils sont décrits dans la thèse.

Le médecin (ou futur médecin) a voulu faire une enquête auprès de familles d’enfant précoce et s’est adressé à l’ANPEIP. Il a envoyé plus de 3.000 questionnaires pour ne recueillir que 50 réponses… Dur dur de faire des études statistiques dans ces cas..
Mais la Fille hallucine bleu (euh, il y a une vingtaine d’années c’était l’expression favorite de ses jeunes soeurs) en lisant les questions…

Au hasard : votre enfant sait dire plus de 3 mots avant 12 mois, des phrases de 2 ou 3 mots avant 24 mois, emploie des phrases avec verbe à 3 ou 4 ans, fait des puzzles de 25 pièces avant 5 ans, comprend la notion de contraire avant 5 ans….. euh…. et ??? ce sont des signes de précocité ??? Alors la Fille est passé à côté de plein de choses. Pour elle, tous les enfants faisaient cela « normalement »… Arghhhh

Par contre le questionnaire est complet, précis, simple à remplir… Quel dommage de n’avoir que 50 réponses….Les études sont rares.. Pourtant les familles sont nombreuses et grâce aux associations facilement accessibles… Bon, idée à garder dans un coin de la tête…

L’analyse des résultats montre que ce mode de « recrutement » est biaisé mais peu importe. Une remarque interpelle la Fille et l’inquiète ….

Malgré quelques résultats semblant aberrants (QIT supérieur à tous les scores des subtests), 13/17, soit 76% des tests présentent une différence supérieure à 15 points entre des sub-tests, donc une inhomogénéité.

Euh.. comment lire cela dans une thèse sur le sujet ??? Parce que rien n’est aberrant dans le fait d’avoir un QIT supérieur à chaque subtest (euh, c’est d’ailleurs le cas de la Zébrette au passage). Rappelons que le QIT est un classement. Supposons que l’enfant réussisse particulièrement bien ses subtests. Prenons arbitrairement une note autour de 150 pour l’ICV, l’IRP et de 140 pour l’IMT et IVT….
Chaque subtest a un très bon résultat qui va très bien « classer » l’enfant.
Mais qu’un enfant réussisse très bien l’ensemble des subtests est plus rare, donc la proportion des enfants réussissant aussi bien chaque subtest est très faible, bien plus que celle des enfant ayant 150 à un IRP OU 150 à un ICV. Donc naturellement; le QIT sera supérieur (c’est à dire que le classement global sera meilleur) et il sera supérieur à chacun des subtests. CQFD si vous avez suivi les explications nébuleuses de la Fille.
Etrange cette remarque sur ce point précis, que l’on pourrait qualifier de « question de novice » par un thésard qui plus est parent d’EIP… Bon la Fille a pet-être mal interprété et pour le coup il fallait ne prendre que le sens premier du verbe « ils semblent aberrants.. mais ne le sont pas »….

Dans les points à souligner de l’étude, il y a la conclusion de la réaction de l’enseignant suite à un test:

La posture de l’enseignant change dans 36% des cas, elle avait déjà changé avant le test pour 12% des enfants ; pour la moitié d’entre eux par contre, pas de changement.

La moitié des enseignants qui ne changent pas d’attitude… est-ce parce qu’ils avaient déjà la bonne attitude ?? ou est-ce un cruel manque de connaissance du sujet ???

Il y a aussi les conditions de passage du test :

Un peu moins d’une fois sur deux, l’enfant a été testé directement, sans entrevue préalable, ce qui paraît soumettre le bon déroulement du test à l’aléa d’une mise en confiance immédiate, surtout dans le cas d’un EIP en souffrance.

La Fille a fui une psychologue qui proposait rencontre, test et restitution dans la même demi-journée. Cependant, une amie à elle la consulte régulièrement pour son fiston THQI et en est très contente…

Dans 18 cas sur 84, l’enfant n’était pas présent lors de la remise des résultats aux parents.
Comment cela peut-il être vécu par notre précoce, que va-t-il imaginer derrière la porte ?

La Zébrette avait adoré le premier contact avec la psy, avait insisté pour que j’accepte qu’elle passe les tests, était revenu enthousiaste pour les tests, était ressortie ravie… Mais le soir de la restitution, après ce qui semblait une bonne journée à l’école, une crise de larme (d’angoisse) à l’arrivée chez la psy. La Fille a mis un temps fou à la consoler. Elle n’arrivait pas à mettre des mots « je pleure mais je ne sais pas pourquoi ». La Zébrette qui se précipitait habituellement faire un bisou à la psy est restée sur ses gardes et elle qui se mêle toujours de tout, surtout si ça la concerne, a ostensiblement fait celle que la conversation n’intéressait pas (et pourtant la psy s’adressait à elle). Trop flagrant pour que ce soit normal et ni la psy, ni la Fille n’ont été dupes. Une heure après, dans la voiture… le flot de questions a déferlé. Le gros stress était passé (alors même qu’elle n’avait jamais évoqué que la situation pouvait la stresser, alors même que la psy avait annoncé des résultats très certainement hors norme à la sortie des tests, et donc il n’y avait guère de doute en arrivant au cabinet) ….

Bon la Fille vous laisse lire la conclusion et va soigner la grippe de la Zébrette qui ne veut pas quitter la zone entre 39,5 et 40,1°C.

Et surtout, passez de bonnes fêtes… un bon bout d’an!!!

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