Arielle Adda

Triple A (Suite 2)

Arielle Adda

Arielle Adda

Grâce à mon trio gagnant.. Arielle, Asep, Alexandra.. et pour celles qui n’ont pas eu le temps d’écouter la conférence, en quelques mots, la Fille a tenté de retranscrire le plus fidèlement possible son contenu..

 

Faut-il tester les frères et sœurs ?

La réponse est oui. Ce qui est très important c’est la place dans la fratrie. Les ai$aînés ont statistiquement un QI plus élevé. Mais ils n’ont pas d’obstacles. Ils ont plus vite la notion de se contraindre, de discipline, de prendre des responsabilités (des cadets). Les aînes écrasent souvent les cadets.

C’est comme si les cadets étaient derrière un camion, on ne peut pas le doubler. Si on le double, il y a danger. Il y a des terreurs nocturnes qui s’expliquent pas la peur d’un aîné (quand la différence d’âge n’est pas grande). L’aîné a envie de “tuer” le bébé, même si il ne le dira pas car ce n’est pas politiquement correct. Et le bébé reçoit cela 5/5. Ça passe d’inconscient à inconscient et ça peut provoquer des terreurs nocturnes chez le cadet. Il va s’écraser complètement. Ils cachent , intériorisent et ont parfois un QI > à l’aîné.

Souvent les parents ne veulent pas tester les cadets car ils se disent “et si il avait un moins bon QI, comment gérer?”. Mais ce n’est pas bon ça stigmatise celui qui a été testé et celui qui ne l’a pas été!

Il y a aussi des cadets jaloux. Ils rêvent de pouvoir dépasser l’aîné.. au moins 30 secondes. Mais ils pensent cela possible, l’aîné les rabaissant toujours.  Ils se sentent nuls par rapport aux aînés.  Cela n’est pas toujours visible en consultation. Parce que tant qu’il n’y a pas de test, le cadet peut être très content et ouvert d’aller voir une gentille psy.. Mais il n’y a pas de situation stressante d’évaluation. Quand il doit passer un test, alors ce n’est plus le même enfant car il est écrasé par la peur de la comparaison avec l’aîné. Mais sans le test, on peut ne pas s’apercevoir de l’état du cadet justement, de mauvaise image de soi, de presque dépression.

Que dire aux enfants ? Leur dire qu’ils ont les mêmes résultats. C’est souvent le cas. (ndlr: A.A conseille de ne jamais donner le chiffre de QI aux enfants).

Pour une thérapie il ne faut pas que la fratrie aille voir le même psy, pour les tests cela ne pose pas de soucis, d’autant que souvent on n’a pas le choix.

Le chiffre est un ordre de grandeur. En bout de courbe, les calculs ne sont pas très fiables car trop peu de monde. Leur montrer la courbe de Gauss, mais ne pas donner le chiffre.

Tu as un cerveau qui fonctionne magnifiquement, tu vas avoir du plaisir à découvrir des choses nouvelles, c’est une chance. Mais il faut l’assortir du sens de l’effort. On ne les pousse pas car à l’école, ils n’en ont pas besoin. Les maîtresses elles-même disent de ne pas les pousser trop. C’est une erreur.
Le sport pour l’effort ?
La danse.. oui parce que ce n’est jamais assez bien.. la perfection n’existe pas, alors on peut toujours progresser.Pour les garçons, le foot etc, c’est moins rigoureux.

La musique pour l’effort? En général ils sont doués. Mais ils arrêtent par manque d’efforts. Au début ça va, ils sont doués, ils jouent, ils jouent, et à partir du moment où ça devient un peu plus difficile, qu’ils doivent faire des exercices pendant la semaine, ils ne le font pas, on arrête parce qu’on dit “on ne va pas les embêter avec ça car ils font déjà beaucoup de chose” , donc on laisse tomber…

Il faut déjà demander des efforts pour la mémoire. Il faut leur expliquer les connexions, les synapses, etc.. Il faut leur expliquer qu’ils ont des aires dans le cerveau à travailler sous peine qu’elles s’endorment. Ce sont des arguments auxquels ils sont sensibles. Leur dire que si on veut vraiment y arriver, il faut fournir l’effort. A l’école si une matière ne fonctionne pas bien, on a tendance à passer en disant le reste est très bon. Non, il faut renforcer la matière faible. Ce n’est pas qu’on cherche l’excellence, c’est qu’il faut que le développement soit homogène.

Ils ont des dons, qui doivent être développés, pour son propre bonheur. Et ça ne peut pas se faire sans effort.

Le propre des parents est de guider les enfants, de leur montrer la voie. Les enfants doués détestent l’imprévu (même pour une bonne surprise) et ont besoin de cohérence, de maîtrise.

Si ils entendent leurs parents se disputer, c’est l’affolement. Ils anticipent “séparation. Dès qu’il y a rupture d’harmonie ça les affole. Le besoin de maîtrise c’est pour calmer l’anxiété. C’est une défense qu’ils essaient de construire contre leur vision lucide et perspicace du monde extérieur.
Ils sont assez pessimistes. Mais ils ont une force intérieure qui leur permet de dépasser cela.
Les parents doivent se fier à l’instinct et ne doivent pas comparer à leur propre passé. Vous n’êtes pas vos parents. Ne dites pas: “moi j’ai souffert de ça je ne veux pas qu’il souffre”.

Ne pas s’engager dans des négociations, les parents ont tendance à céder en disant “pour une fois” ce qui se traduit pour l’enfant en “avantage acquis définitivement”. Et les parents veulent faire plaisir à leur enfant, mais une fois l’étincelle du bonheur éteinte.. l’enfant angoisse. “mais si je suis plus fort que mes parents,  j’arrive à les convaincre.. qui me protègera ?” (ndlr: O. Revol a le même discours avec l’exemple des parents qui n’arrivent pas à envoyer leur enfant au lit). Les limites ne sont pas des barrières hérissées et douloureuses, les limites sont là pour les protéger. Il faut leur dire très tôt pour que ça se passe mieux à l’adolescence.

A l’enseignant, ne surtout pas dire le QI. Ne pas laisser de traces de ce QI car il y aura toujours une trace et quelqu’un qui dira à l’enfant “toi avec 150 tu ne sais pas ça”. Ne pas donner le bilan non plus (un compte-rendu spécial enseignant). Si on donne le QI, l’enseignant a un réflexe de protection en se sentant attaqué “il est plus intelligent que moi”.  Il faut faire passer le message à l’enseignant que leur métier c’est de transmettre et quoi de plus valorisant que de transmettre à un enfant qui a plaisir à recevoir le savoir.

C’est ainsi que s’achève la conférence d’Arielle Adda… mais cher lecteur.. il reste encore une heure de questions/réponses… Patience!

 

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2Commentaires

  • randall dit :

    Que c’est douloureux de lire la première partie sur les cadets. Cela résonne sur notre vie de tous les jours. Comment valoriser le cadet sur le plan intellectuel quand il se sent écrasé par l’aîné? Comment l’aider à trouver des territoires ou il peut enfin dépasser le camion, quand même monter les escaliers en premier il ne peut pas? Pff, la tache me parait des fois si ardue…

  • YsaFlo dit :

    Merci pour ce “résumé”. Passionnant !
    Dès que je peux je prends du temps pour l’écouter pour de vrai.

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