Pensée surinvestie

Cairn
Cairn
C’est grâce à une copinaute Tatiana Roffay, que la Fille partage avec vous cette étude de cas sur des enfants surdoués.

LE SURINVESTISSEMENT DE LA PENSÉE CHEZ L’ENFANT SURDOUÉ : TROIS ÉTUDES DE CAS
Caroline Goldman

éditée en 2007.

Autant le dire tout de suite, la Fille a du mal avec l’approche psychanalytique. Et cette étude n’arrange pas son jugement.

La responsabilité de la mère qui s’investit trop ou pas assez, qui pousse son enfant, le surdon comme parade à la névrose…

Si l’introduction avait déjà tendance à faire monter la boufaïsse.. que dire des conclusions..

Mais déjà en avant-propos..

Mais la contrepartie de cette sensibilisation existe ; il est tout d’abord visible dans les
salles d’attente des psychologues où le fantasme parental d’avoir un enfant surdoué abonde de façon surréaliste. L’autre écueil concerne ces enfants eux-mêmes, une fois étiquetés « surdoués » par des tests cognitifs : la fascination qu’engendre leurs résultats faisant oublier le sens de leurs autres symptômes ( « il souffre parce qu’il est surdoué » ), et
par conséquent, leur prise en charge.

Et comme c’est le sujet de l’étude…

L’hypothèse qui sous-tend notre démarche est la suivante. Nous postulons que l’enfant ou l’adolescent qualifié de surdoué surinvestit le raisonnement logique et le savoir dans le but inconscient de colmater une dépression infantile.

La Fille vous laisse-t-elle découvrir

Tout d’abord, l’excitation maniaque (motrice et/ou psychique) apparaît chez 5 d’entre eux, toutes organisations psychiques confondues. Elle peut avoir pour support des préoccupations narcissiques inscrites dans une organisation névrotique insuffisamment pare-excitée, mais s’associe le plus souvent à un désaccordage relationnel et à une importante diffluence verbale qui témoignent d’un manque patent de limites.

ou encore

Le caractère adaptatif et peu visible des pathologies par fois lourdes présentées par ces surdoués non consultants s’explique sans doute par le milieu socioculturel extrêmement
favorisé des familles fréquentant cet établissement scolaire. Les enfants y sont tellement stimulés et encouragés à la performance qu’ils trouvent certainement un étayage externe
majeur (voire de vifs profits narcissiques) à leur dynamique psychique. Une bonne illustration de ce facteur culturel pourrait résider dans la représentation d’enfants maltraités par leurs camarades parmi l’échantillon de sujets consultants (3) et par l’absence de tels faits parmi les autres enfants, possiblement conditionnés par un regard beaucoup plus positif sur la réussite scolaire.Cet aspect environnemental donne en outre largement à penser les bienfaits de ces nouvelles écoles fleurissantes pour surdoués. Si l’on peut discuter la démarche, pour un psychanalyste, de prescrire l’orientation vers un lieu où le symptôme est non seulement cautionné mais valorisé (ce qui a généralement pour conséquence d’en oublier la cause), le confort affectif qu’il permet à ces enfants littéralement maltraités par leurs pairs depuis des années n’est pas négligeable.

Le ton est donné.. le surdon est un symptôme et non une cause..

Les conclusions de l’étude ne sont guère optimistes.

Si le surdon ne nous apparaît pas pathologique en soi, il nous semble par conséquent toujours constituer le fruit d’un conflit psychique qui mérite, du fait de la très forte proportion de personnalités pathologiques dans lesquelles il s’inscrit, que nous nous y intéressions pleinement, avec nos outils psychanalytiques singuliers.

ou encore

Pourtant, que leur profil soit névrotique ou franchement pathologique, l’agressivité nous semble au cœur de leur surinvestissement de la pensée tout autant que de leur symptomatologie. En effet, la perspective d’une expression détournée de l’agressivité sur
le corps propre et sur l’investissement cognitif de la réalité externe (agressivité détournée à défaut d’avoir pu être adressée aux imagos parentales, pour des raisons diverses, mais toujours en lien plus ou moins étroit avec la dépression maternelle et les idéaux parentaux) contribuerait, selon nous, à éclairer bien des aspects fréquemment rencontrés dans la clinique de ces enfants. Nous pensons à leurs troubles du comportement et en particulier à l’agitation motrice qui les caractérise si souvent. Nous pensons également à leurs troubles instrumentaux, récurrents et bien souvent chargés de justifier leur difficulté à écrire avec soin (avec ce que le fait d’adresser un devoir à un adulte enseignant, donc jugeant, peut signifier sur le plan symbolique et pulsionnel). Leur isolement social, caractéristique, mériterait lui aussi d’être relu à la lueur de cette nouvelle donnée.

Bref… il faudrait de longues lignes pour décrire tout ce que la Fille reproche à cette étude. Tant sur la forme que sur le fond…

Mais c’est avec plaisir qu’elle partagera ses impressions avec vous..

l’article est là

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :