Lettre Ouverte
Lettre Ouverte
Parce que très (trop?) souvent l’Education Nationale, ou plutôt les enseignants (la Fille fait la différence entre le Système et les Humains qui le composent) sont décriés, voici une lettre ouverte de l’un d’eux adressée à ses collègues.

Le Mammouth évolue. Trop lentement.. Mais il évolue

Au passage, la Fille remercie l’enseignante de sa Zébrette qui lui écrie le we pour la rassurer et lui dire que des mesures seront prises, avec la Zébrette, la classe, le directeur et elle-même pour faciliter son intégration.

Cause ou conséquence, mythe ou réalité (pour paraphraser un titre de livre et de conférence bien connus), hier la Zébrette a dit que c’était en voie d’amélioration… A suivre, mais merci à son ensignante.

Alors pour ceux qui n’auraient pas le temps de tout lire….

Il ne s’agit pas de travailler « pour » les EIP mais « avec » les EIP (leur taux de déscolarisation très élevé devrait suffire à justifier notre attention particulière). Apprendre à travailler avec ces enfants nous apprend à mieux travailler avec tous les enfants – car tous les enfants sont différents, et il y a belle lurette que l’idée du groupe classe pour qui l’on fait cours (excluant celles et ceux qui seraient justement différents) est un mythe sans fondement – comment en douter quand on voir que certains apprentissages répétés chaque année pour ce « milieu de classe » ne mène à aucune amélioration – voire même provoque des régressions (cf les constats concernant l’enseignement de la langue en français et son efficacité très faible).

Les EIP nous dérangent, se laisser déranger permet de mettre en place des stratégies d’accueil, d’écoute, d’adaptation qui bénéficient à tous les élèves, à condition de travailler en équipe, de se tenir informé et de mesurer notre investissement.

Penser que travailler avec les EIP risque de « multiplier » leur présence et de déranger les classes avec ces élèves-là relève d’un obscurantisme étonnant venant de personnes qui ont fait des études supérieures ( du même registre que « je ne parle pas d’une maladie de la peur de l’attraper… »). Les EIP qui posent des problèmes au groupe-classe (il y en a, c’est évident) sont ceux et celles qui ont souffert de ne pas être compris(es) et accompagné(e)s dans le début de leur scolarité, d’autres souffrants de situations handicapantes qui, ajoutées à leurs caractéristiques d’EIP, leur rendent la vie très difficile (EIP + dyslexie forte : comprendre très bien mais se trouver ralenti sur toutes les tâches scolaires vis à vis des autres, quand on est adolescent et qu’on a un sens sur-développé de la justice et une estime de soi vacillante n’est pas facile et peut mener à des comportements dérangeant pour une classe. Même problèmes possibles quand le haut-potentiel côtoie un trouble du comportement, exacerbant la honte, les réactions, les peurs, les idées morbides, le sentiment d’injustice, l’angoisse de ne pas se maîtriser…). Travailler à comprendre les EIP, c’est apprendre à minimiser les crises dues à ces enfants en souffrance qui seraient de toutes façons dans nos classes, donc à faire notre travail.

Et pour tous ceux qui veulent bien découvrir cette lettre et ce site

1 thought on “Lettre ouverte

  1. « personnes qui ont fait des études supérieures »…
    Aujourd’hui tout le monde a un bac +3/+5; les enseignants c’est Bac plus 5. Il ne faut pas confondre un normalien (bac+5) avec un IUFM (bac+5). Reste ceux qui ont une agrégation. Vous oserez comparer un HEC, Polytechnicien avec un Master d’économie d’une obscure fac de province ? En Suisse, chacun sait bien qu’il y a une différence entre ETH Zürich, l’Université de Zürich, celle de Genève, de Basel, de Bern, de Lausanne, l’EPF Lausanne, l’EPFZ et les autres…

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