La précocité dans tous ses états
La précocité dans tous ses états

Autant ne pas ménager le suspens, la Fille a beaucoup aimé ce livre.
Vous avez pu en lire une jolie critique lors de sa sortie sur le blog d’Alexandra

La Fille aime partager ses émois de lecture… Alors elle partage les quelques 350 pages de ce livre. Ah ben non, ce n’est pas possible.. Zut!

Bon ben deux ou trois articles vous donneront certainement envie de le lire. Attention, ce n’est pas, comme le souligne Alexandra, un livre abordable par un novice du haut potentiel.

Le premier chapitre nous décrit l’évolution de l’enfant depuis sa naissance jusqu’à son entrée en maternelle, et en quoi l’enfant à haut potentiel acquiert des compétences plus rapidement. Les explications sur pourquoi l’entrée en maternelle peut être difficile sont passionnantes. Pourquoi l’adulte référent est si important, pourquoi l’enfant s’y réfère sans cesse.
Comment un enfant à haut potentiel qui n’est pas/plus dans le rapport de force pour exprimer ses besoins/envies mais dans la parole, ne comprend pas la réaction (je te pousse, je prends, je crie, je pelure) de ses camarades qui n’en sont pas à ce stade de développement.

F. Bak conseille le saut de classe ou le double niveau en maternelle, dans le but essentiel qu’il ne désinvestisse pas l’école.. déjà …Il explique comment l’école peut être ressentie comme un lieu insécurisé, ce qui explique le nombre d’enfants HP qui refusent d’y aller dès les petites classes.

Il aborde également la dépression infantile.

La Fille apprécie l’explication claire du décalage de ces enfants avec l’école. Sauf qu’il est tellement évident à le lire, qu’on se demande comment certains arrivent à passer au travers. En fait peut-être n’y passent-ils pas justement, peut-être ne font-ils que semblant….

L’effort…. en voilà une notion chère aux parents de HP. Il se met en place en primaire quand l’enfant est confronté à la lecture, l’écriture et la comptabilisation qui ont des coûts cognitifs importants. Sauf pour l’enfant HP qui a déjà intégré tout cela. Pas appris. Mais intégré dans sa pensée.

Donc il n’a pas à faire d’effort (pas de « coût cognitif) et il « comprend » que l’école, qu’apprendre c’est juste utiliser sa mémoire….(ce qui est bien entendu une erreur).Il FAUT que ce concept d’effort se dégage dès le CP ou le C1, sinon il ne se dégagera pas. Pas parce que l’enfant ne veut pas, mais parce qu’il n’en a pas besoin. Et ce processus se pérénise d’année en année.

Ah .. .merci M. Bak de m’expliquer enfin pourquoi la Zébrette ne me raconte jamais ce qu’elle fait à l’école.. parce qu’elle n’y fait RIEN.. rien au sens cognitif, donc rien à ses yeux. Et vos explications vont éclairer bien des parents qui n’en peuvent plus des sollicitations de leur zèbre!

La question du saut de classe en primaire est posée et F. Bak explique bien le pourquoi des réticences des enseignants. A intégrer si on veut (pré)répondre à leurs objections.

La Fille pense très fort, à la lecture de ce chapitre, à un enfant HP, en décrochage scolaire, alors que de l’avis même de la maîtresse il devrait faire un 2° saut. La maman est en plein questionnement (parce qu’un saut de classe quand l’enfant a totalement décroché, c’est un pari qui peut sembler risqué). Il faut absolument que la maman lise ce chapitre pour aider à sa réflexion..

F. Bak explique ce qu’il appelle leur « scanner affectif ». Et parle de l’horreur affective ultime : être seul au milieu des autres, isolé et incompris.

Alors la Fille voudrait rassurer les parents d’EHP. Parce que il faut quand même dire que le tableau dressé est assez noir et ne correspond pas (heureusement) à tous les EHP.
Mais il y a des tas d’enfants et d’ados EHP qui vont super bien, qui sont intégrés, qui ont des amis, etc…
Mais aucun d’eux (enfant, pré ado) n’est à l’abri qu’un jour cela se passe moins bien. Alors vaut mieux être prévenu pour mieux comprendre. Rester vigilant mais pas stressé pour rien. Le pire n’est jamais certain 🙂

Bak reprend que l’EHP est BEAUCOUP plus fragile que les autres et qu’il ne faut pas chercher à l’endurcir. Il ne faut pas non plus l’empêcher de tomber, mais être là pour l’aider à se relever.

(Là, la Fille espère trouver des réponses, parce que si tout allait bien côté intégration pour la Zébrette.. cette année scolaire nouvelle dans une école nouvelle… c’est pas le pied. La Zébrette adore l’école, sa maîtresse, ce qu’elle y apprend… mais passer toutes ses récrés seule sur un banc.. ça elle aime beaucoup moins).

Un passage sur les journaux intimes des ados, découverts ou pas par les parents, les enjeux de cela (et la Fille repense à cette maman qui a lu celui de son ado; il trainait sur la table du salon. Elle y avait lu des choses terribles et ne savait pas comment réagir… là encore, ce livre pourrait l’éclairer..)

Tiens la Fille lit avec intérêt sa théorie sur les Jeux Vidéos et les ados. Ne jamais les en priver. Etablir un temps moyen et ne jamais descendre en dessous. Mais leur faire gagner des minutes en plus (notes, devoirs, services quotidiens, etc..). Intéressant..

Si la Fille n’est pas pressée d’une chose, c’est de se confronter à l’adolescence de la Zébrette… mais les passages du livres sont nombreux et fort bien étayés pour expliquer les dangers qui guettent les EHP. Mouais… ben on verra. Pour le moment la huitans n’est même pas une pré-ado et la Fille en profite!

2 thoughts on “Bak et la précocité (1/5)

  1. Oui, malaises, étouffements, spasmophilie entre 2 ans et demi et 5 ans…déjà…2 sauts de classe dans l’urgence. En revanche, si, si, si, une enfant qui raconte les journées de classe, les relations du maître avec les élèves, une véritable étude sociologique des relations entre gamins! Après le sempiternel résumé laconique de ce qui a été fait: grâce à ce récit exaustif, les parents des autres enfants venaient prendre la température de la classe auprès de moi. Comme quoi, chacun veut bien trouver ce qu’il veut entre les lignes…Est-ce que ce livre nous apprend qqchose de neuf, nous qui avons déjà une expérience concrète sur le sujet après 10 ans de vie partagée? Pour les jeux vidéos, des études toutes récentes (évoquées aux infos la semaine dernière) semblent les condamner… Enfin, une victoire pour ma bientôt 11 ans: enfin une gentille copine depuis 2 mois, et une relative bonne insertion dans la classe de 5ème. Un pb de compromis à mettre en place pour elle entre son sentiment de « différence », son ressenti de l’ennui d’être avec les autres et en même temps, la nécessité de prendre autrui en compte avec ses différences aussi. Ou comment apprendre à appréhender une conversation avec des 13 ans sur l’épilation quand on a 10 ans…

    1. Pour moi ce livre a apporté des éclairages nouveaux, des assises à ce que je connaissais déjà.
      Bonnes fêtes et bon bout de’an

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