Bon Bout d'An

Qui sont les HPI ?

Qui sont les HPI?

Qui sont les HPI

Cet article est paru en Février 2013 dans “La Revue Suisse de Pédagogie Spécialisée” et a été co-écrit par deux psychologues,Brigitte Vuille et Marc Sieber.

Vous trouverez le document là

 

hpi

La Fille aime bien cette introduction. Car bien sûr, un enfant, une personne ne peut se résumer à un chiffre de QI aussi Total soit-il!

Et puis, combien de personnes ont posé la question “mon enfant à 125 mais tous les signes du HPI” ou encore “mon enfant a 135 est-il vraiment HPI ? ”
Et combien ces questions sont légitimes !!!

Bon ensuite, le fait que l’abstraction et l’organisation de la pensée soient plus importants ou significatifs pour les plus âgés ne semble pas étonnant.

Mais continuons notre lecture.

“L’importance prise par le QI est telle qu’elle nous fait oublier que  cette mesure est une moyenne qui regroupe souvent des résultats très dissemblables”

La Fille comprend le fond de cette remarque mais regrette le vocabulaire, qui laisserait penser, à des personnes peu averties, que le QIT est la moyenne des indices. Faut-il rappeler qu’il n’en est rien. Mais c’est bien une “compilation” qui peut regrouper des hétérogénéités patentes.

L’hétérogénéité élevé de ces mesures invalide la signification de la moyenne

Certes… mais surtout dans ce cas il ne devrait pas être calculé de QIT. A rappeler encore et encore…

C’est comme si nous présupposions que le fonctionnement intellectuel était semblable entre des enfants avec un même QI

La Fille sourit en pensant à tous ces parents de fratrie qui peuvent vérifier au quotidien, combien, effectivement, ce n’est pas le cas !

Les auteurs soulignent qu’il ne suffit pas d’avoir des compétences pour qu’elles se manifestent à l’école et que l’importance des facteurs personnels et environnementaux est essentielle.

Ils insistent sur le fait que la mesure seule du QI ne permet pas de déterminer les besoins spécifiques (personnels, éducatifs, relationnels, pédagogiques) dont l’enfant aura besoin. Et il y a autant de besoins que de HPI. Là dessus la Fille ne peut qu’être d’accord!

L’étude est basée sur 38 enfants HPI dont 74% est hétérogène (avec QI non calculable). Bon, la Fille passe sur le fait que cela représente 28,12 enfants (meuh non, les auteurs n’ont simplement pas voulu alourdir le pourcentage avec des décimales peu utiles.. pfttt.. toujours à chercher la précision…;), mais ce chiffre l’interpelle. Comme interpelle aussi celui de 4 garçons pour 1 fille, alors qu’il est reconnu que dans le “vrai”monde, il y a parité.

En fait la question qu’elle se pose est “quel est le pourcentage de HPI hétérogènes ?”.
Parce que les difficultés rencontrées et les besoins spécifiques viennent-ils du HPI ou de l’hétérogénéité?  Bon, la Fille a son idée pour les besoins.. mais pour les difficultés ?
74% c’est tout de même énorme ! Et les autres études citées semblent aller dans ce sens. La Fille va creuser la question … 🙁

Le QI n’aide en rien à la détermination des besoins de l’enfant et ne sert qu’à l’étiqueter

Oui, peut-être… mais en attendant, il est tout de même un outil nécessaire pour se faire reconnaitre auprès de l’EN en particulier. On peut le regretter.

L’utilisation du WISC IV nous semble donc pertinente quand on s’intéresse au profil et non pas au seul QI

Hum… ce qui va sans dire va encore mieux en le disant… Mais cette phrase suggère donc que ce ne soit pas toujours le cas? Voilà qui rend la Fille perplexe.

Plus loin les auteurs soulignent que le Wisc (ou le Wppsi) ne prennent pas en compte les facteurs environnementaux et ne suffisent pas à expliquer pourquoi un EHPI peut être en échec scolaire.
Ils proposent donc une démarche en 3 étapes que la Fille vous laissera découvrir dans le document.

Les éléments à prendre en compte sont très intéressants (entre autre attention, abstraction, mémoire de travail, mémoire à long terme, visio-spatiale, etc). La Fille regrette que dans le Wisc même, trop souvent, les pys fassent fi de celui de l’attention en saucissonnant le passage du test en tranches plus ou moins épaisses, et est bien contente de voir mis côte à côte (enfin, dessus-dessous dans l’article) la mémoire de travail et la mémoire à long terme, car le quidam fait souvent la confusion entre les deux.

Les facteurs personnels à prendre en compte regroupent entre autre l’estime de soi, la personnalité, la motivation, la créativité.. Oui , combien tout cela peut influer sur ce que le HPI fera ou pas de ses capacités, et de ce que seront ses difficultés et/ou ses besoins spécifiques.

Le paragraphe suivant est peut-être la clé des questions posées précédemment. Les enfants ont été “recrutés” dans les cabinets de psychologues. La Fille se dit que les HPI homogènes et se portant bien ne fréquentent pas les cabinets des psychologues, et de facto que l’échantillon (relativement faible) est biaisé. Ceci peut expliquer cela sur les pourcentages d’hétérogénéité. Il n’est pas de secret ces hétérogénéités sont le reflet d’éventuelles comorbidités, et donc de besoins spécifiques à identifier au mieux. Mais est-ce dû au HPI ou aux comorbidités ? Ne peut-on pas dissocier les deux ? Ne les lie-t-on pas trop systématiquement ?

Les résultats de l’étude montrent des différences significatives entre les HPI de moins de 6-7 ans et ceux plus âgés, mais tous ont présenté un haut niveau de langage et une très forte mémoire à long terme. (et là, la Fille ne peut que penser au Zébrillon de sa copine Alexandra qui a des souvenirs qui remontent vraiment trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèès loin 😉 )
L’attention et la mémoire de travail ne sont pas spécialement remarquables dans l’échantillon de l’étude. En effet, contrairement à leurs camarades, leurs raisonnements, mémoire à long terme et capacités langagières sont tels qu’ils n’ont pas besoin de solliciter leur attention ou leur mémoire de travail (ce qui n’est pas sans poser des soucis à terme).
La transformation de compétences intellectuelles en performances quotidiennes est liée à la personnalité de l’enfant et à son environnement (mais la Fille se demande comment on peut dissocier la personnalité de l’enfant lui-même ou de ses capacités cognitives). Cela veut dire pour qu’un HPI réussisse (entre autre) à l’école, il faut en plus, qu’il soit motivé et/ou reconnu par ses pairs et/ou qu’il dispose d’une bonne estime de soi et/ou qu’il soit en contact avec des adultes stimulants et encourageants.
Les conclusions semblent cohérentes et “logiques”.. mais faut-il seulement une seule de ces conditions (la Fille pense que non.. un enfant bien chez lui dans un environnement adulte bienveillant et stimulant peut très bien être rejeté par ses camarades et n’avoir aucune estime de lui même.. et être en délicatesse avec l’école). Quels sont parmi ceux énoncés, les facteurs nécessaires ou suffisants ? A quoi sont dû ces facteurs ? qu’est-ce qui fait qu’un enfant est rejeté ? qu’il n’a pas (ou trop souvent plus) de motivation ? L’estime de soi est-elle un facteur environnemental ou personnel ?
Cette étude si elle conclue à des résultats peu innovants (ou du moins peu surprenants) soulève néanmoins un lot de questions…

Les auteurs se penchent sur les deux moyens principaux, selon eux, de combler une partie des besoins spécifiques des HPI à l’école:
l’enrichissement et l’accélération.
Des études menées ont montré que l’enrichissement avait peu d’impact pour améliorer l’apprentissage général ou l’estime de soi des élèves. Mais d’autres études sont en cours. La Fille est assez déçue de ce résultat 🙁 Parce que l’accélération ne donne trop souvent qu’un répit temporaire. Et qu’il ne lui semble pas pensable d’accélérer le cursus d’un élève au rythme de ses capacités cognitives (un HPI pourrait faire deux années en une.. tous les ans).
L’accélération regroupe le programme accéléré (le collège en 3 ans, le ce1/ce2 en un an, etc) et le saut de classe. De manière générale, les enfants qui ont bénéficié d’une accélération ont gardé leur avance tout au long de la scolarité et les connaissances acquises le sont tout aussi bien que pour les HPI n’ayant pas eu d’accélération (tiens, c’est marrant cette précision.. A le vivre au quotidien, la Fille ne se serait pas posée cette question qui sonne comme une évidence). Par contre, elle a contribué à leur redonner une certaine motivation et à diminuer leur ennui.
Hummmm.. et pour le reste? Relation avec les pairs, estime de soi… ça a donné quoi ? Ben quoi ? On s’informe à titre personnel !!

Une étude qui permet de mettre en musique des ressentis : le QI ne fait pas tout, le potentiel n’est pas la compétence, il peut être perturbé par des comorbidités, à QI égal, profils différents, les facteurs d’estime de soi , d’attention, de mémoire de travail, de relations sociales, de motivation influent sur les résultats scolaires, etc etc etc…
et surtout elle permet de poser de nouvelles questions…..

A quand les réponses ???

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6Commentaires

  • cathetjuju dit :

    Je suis de plus en plus persuadée que le décalage Qi verbal très élevé et Qi perf moyen vient d’une stimulation excessive des enfants. Sur ce point, j’aimerais lire des études. Cela donne un “beau vernis derrière lequel il n’y a pas grand-chose”. Te lire ce matin m’a permis de mieux comprendre pourquoi ma poulette était en total échec dans une petite classe Montessori: à 3 ans, elle était déjà dans l’abstraction et les manipulations avaient quelque chose de très ennuyeux et de trop simple.

    • La Fille dit :

      Sur ce sujet (abstraction en avance sur les autres, etc..) je te suggère le livre de Fabrice Bak : la précocité dans tous ses états. Passionnant!

    • Pietro dit :

      Bonjour Cathejuju
      A quelques années d’ecart
      Laissez-moi vous donner mon impression personnelle
      La vision d’un QI VERBAL élevé secondaire a une hyper stimulation ou à un hyper investissement verbal est empreint d’une vision psychanalytique « freudienne «  .
      On peut de nos jours visualiser les connexions cérébrales et c’est tout le mérite de l’équipe Lyonnaise de l’avoi fait.
      Cette anomalie développementale induit des troubles de l’attention par retrait des fonctions de la mémoire de travail par rapport aux besoins du Hp avec avance verbale, de même le déficit relatif sur le plan de l’IRP , quand il est( très) élevé,induit une potentielle dyspraxie visuo- spatiale….
      Après on peut compenser
      De façon partielle et ne pas être reconnu pendant son enfance!
      Perso 2 ans d’avance médecin avec un QIV À 150
      Mais IRP a 106 IVT et IMT à 100
      faux QIT( 125) car non calculable
      Incapable de faire des calculs mentaux en raison des déficits sus dits
      Et de faire des rotations mentalement sans se tromper
      5 ans de remediations
      On peut s’améliorer mais on reste ce que l’on est!
      Une intelligence cristallisée hors norme capable de gérer une 20aine de critères en même temps mais 3 ou 4 successivement seulement car mémoire procédurale déficitaire…
      Il faut juste connaître son domaine de performance !

  • Martin dit :

    Bonjour
    Merci pour le partage et les commentaires.
    Pour rebondir hélas oui quelques filles au QI très élevé et très homogène fréquentent les cabinets de psy…cela arrive.
    Avec le recul de 15 années de pratique de ce “milieu” maintenant je peux vous dire que ni l’accélération ni l’enrichissement (musique+++) ne changent rien, juste reportent un peu le problème de l’ennui et laissent un répit…Si je pouvais recommencer je la scolariserai en milieu anglophone après le CM2. Voilà la solution que je retiens alors qu’elle a révisé son bac en lisant les Millénium…

    • cathetjuju dit :

      D’accord avec vous! Evidemment, les profils homogènes fréquentent aussi les psychologues (QI testé à 11 ans homogène à 156) pour gérer par exemple les crises d’angoisse, fortes. Et Cela améliore grandement la situation, moins de cauchemars…

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