La communication Z

Communication
Communication

Souvent il est dit que chez les Zèbres, tout est ressenti force 10, 100, 1000.

Tous les témoignages décrivent les réactions démesurées des enfants face à des situations banales. L’hypersensibilité est l’un des nombreux traits caractéristiques des Zèbres. Sûrement celui que l’on retrouve le plus systématiquement.

Alors, si la communication est essentielle pour toute relation, pour toute relation parent-enfant, elle l’est plus encore avec ces enfants un peu différents.

Se mettre toujours à leur place, à leur niveau, se représenter le monde avec leurs yeux. Au risque de paraître trop coulant, trop laxiste, trop compréhensif. Au risque de ne pas sembler « éduquant ».

Les écouter, les laisser parler, s’exprimer. Exprimer leurs émotions, leurs sentiments. Sinon, ils vont les garder en eux, persuadés que personne ne peut les comprendre, donc cela ne sert à rien de les partager. Et cet isolement, intérieur et volontaire, renforcera leurs angoisses existentielles.

Qu’il est tentant de rassurer (c’est bien notre rôle de rassurer non?) un enfant qui tombe en lui disant « ce n’est rien, ne pleure plus« . Et pourtant, si ce n’est rien aux yeux d’un adulte, ce peut être beaucoup pour ceux d’un enfant. Suffisamment en tout cas pour pleurer.

Pour un Zèbre, les choses en restent rarement là. Ils intellectualisent tout, assimilent, réfléchissent, déduisent. Et ce manque de considération se transforme instantanément instantanément en détresse. Rien de moins…

Cela nous semble si disproportionné, si hors de propos, si inadapté comme réaction, que nous ne l’imaginons même pas (enfin, avant d’avoir compris leur fonctionnement)..

Et pourtant.

Mais au delà du mal-être ressenti par l’enfant (ce qui est déjà en soi suffisamment important pour ne pas le négliger), c’est le sentiment qu’il ne sert à rien de communiquer avec des adultes obtus, qui s’inscrit dans les sillons mnésiques de ce cerveau en construction…

Changer nos comportements demande de la volonté, de l’assiduité, et de la patience. Se remettre en cause n’est jamais aisé. Principalement, parce que le doute est toujours présent.

Est-ce la bonne attitude à adopter? N’encourage-t-on pas ses caprices? Ne lui donne-t-on pas trop d’importance et ne le transformons-nous pas en enfant-roi ?

Mais c’est à ce prix, il me semble, que nous aiderons au mieux ces enfants. Et en « écoutant », nous leur apprenons qu’ils peuvent « nous parler »…

La Zébrette part se coucher après un bisou au Gars et à La Fille. Mais la Zébrette est du style « maladroit » et s’étale de tout son long dans le couloir. Rien de très exceptionnel. La Zébrette est une stroumphette. Un jour les assistantes sociales feront une enquête,c’est sûr !
Elle se relève et part se coucher.
« Ca va? tu ne t’es pas fait mal? »
Un léger non rassure ses parents. Enfin pas vraiment, parce qu’ils connaissent l’animal. Alors, de concert, ils rejoignent la Zébrette qui s’est mise au lit.
Elle pleure sous sa couette.
Le Gars « tu t’es fait mal? Mais ce n’est rien. Tu tombes tout le temps, tu as l’habitude. Tu sais, quand je te parle et que tu n’es plus là.. je regarde par terre.. et je te trouve. Tu as eu peur? Mais voyons, il n’y a pas de raison. Si tu ne t’es pas fait mal, ce n’est pas grave. Allez, sèche tes larmes et au dodo ».
La Fille ne dit rien et attends que Le Gars sorte de la chambre.
– « Oh la la. Tu as dû avoir sacrément peur pour te mettre dans cet état »
– « Oui, j’ai encore très très peur »
– « D’avoir cassé quelquechose en tombant? de t’être fait mal?  » (La Fille n’est pas encore très au point pour laisser parler les autres)
– « Non. J’ai eu très peur de me faire gronder. Mais je ne le dis pas à Papa, parce qu’il ne comprendrait pas. Il ne sait pas ce que c’est que d’avoir peur. Il m’aurait dit que ce n’est rien. Toi tu sais ce que ça fait. »
– « On ne t’a pas grondé en fait.. » (La Fille sait qu’il ne fait pas répondre directement aux questions si on veut que les enfants parlent)
– « C’est vrai, mais ça n’enlève pas la peur ! Et je n’ai personne à qui en parler à part toi. Surtout que souvent, j’ai peur et je ne sais même pas de quoi !!! Et que tout le monde me dit que je n’ai aucune raison d’avoir peur. Personne ne comprend ce que c’est cette boule dans le ventre qui m’empêche de prendre le contrôle de moi »

Laisser sortir les émotions, les larmes. Et la Zébrette se console toute seule. Juste parce qu’elle sait que sa peur a été écoutée, entendue, prise en compte, même si elle n’a pas forcément été comprise.

2 Comments

  • ça me mets les larmes aux yeux tout ça tellement ça retourne des choses.
    En plus laisser exprimer sa peur ne prend parfois que quelques minutes et résout tout.
    Un exemple: je me suis retrouvée à devoir monter sur un voilier, tout le monde en avait envie, y compris moi et ce petit garçon également mais il était mort de peur. Il s’est retrouvé de force embarqué et comme mes gamins étaient eux tout à leur bonheur de courir sur un grand bateau comme ça, je m’assieds près de lui et je lui parle, je constate simplement qu’il a l’air d’avoir vraiment peur et là il se lâche, il m’explique tout ce qui lui fait peur, du bateau de pirate qui pourrait nous assaillir à la lame qui pourrait nous faire chavirer en passant par la solidité du bateau et j’en passe (bien zébré aussi hein ;) ). Déjà rien qu’en me parlant il se calmait. Je lui ai simplement dit à la fin que moi aussi j’avais un peu peur, et je lui ai donné les raisons qui faisaient que je savais ma peur infondée, et là il s’est levé, a souri et 2 minutes après il courait avec mes enfants. Au final il s’est le plus amusé de tous!

    • jolie histoire…. 🙂

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