[Journal] Autorité parentale

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Le déclin de l’autorité parentale : pourquoi les parents doivent devenir adultes

Bon, de prime abord, je commence l’article d’une lecture bienveillante 🙂 C’est que je trouve aussi, assez souvent, que certains parents imaginent que “autorité parentale” et “grossièreté” sont des rimes…

Mais quand le docteur Léonard Sax déclare [que] le déclin de l’autorité parentale, [est] en partie responsable selon lui de l’embonpoint, de la surmédication, de l’anxiété, du manque d’estime de soi et de respect pour les autres chez les enfants, je tique un peu.

Ben vi.. l’anxiété, l’estime de soi… sont des sujets récurrents dans la famille à rayures… et si je lui présentais le Gars, le docteur Sax n’aurait aucun doute quant au déclin ou pas de son autorité parentale (nul doute, Fillozat n’est pas son livre de chevet) !!!!

Mais il faut peut-être aller au-delà de la réaction épidermique parce que personnelle. Je me souviens comme hier, d’un soir, où, exceptionnellement, je gronde la Zébrette au moment du coucher. Elle devait avoir 3 ans, pas plus. Elle était (et est toujours .. rhooo) une enfant sage. Alors j’avais peu de raisons de la gronde. Je ne me souviens plus de la cause de mon courroux… mais peu importe. Ce dont je me souviens, c’est l’air satisfait et rassuré de la Zébrette, qui avait voulu tester les bornes des limites Maurice et qui les avait trouvées. Elle s’est retournée satisfaite et s’est endormie sans problème (exploit!).

Un peu plus loin dans l’article on lit : Le choix du repas exige de nos jours un sondage auprès des enfants pour savoir ce qu’ils acceptent de manger : poulet rôti et pommes de terre ou croquettes de poulet et frites. Leur choix est évident. Parfois, les parents renégocient : « Des frites de patates douces, qu’en dites-vous ? ». Je souris parce que je me reconnais. Oui, je demande très régulièrement à Zébrette ce qu’elle souhaite manger (pour des raisons historiques, les repas sont.. à la carte. Ce n’est pas pratique. Mais bon).

Sauf que je connais sa réponse qui varie entre épinards, brocolis, soupe, salade et parfois quand même, pâtes à la carbonara. Et si d’aventures, elle répondait Carbonara une fois de trop, elle aurait juste en retour un ‘non, plus cette semaine. Choisis autre chose’  qui ne laisserait place ni au doute,  ni au drame.

 

Ainsi, si la fillette mange une bouchée de pois comme le lui demande son père, « elle se dira qu’elle lui a fait une faveur et qu’il lui en doit une en retour », mentionne le Dr Sax. Un changement de l’alimentation de l’enfant est souvent la première manifestation du déclin de l’autorité parentale, mais beaucoup d’autres problèmes découlent de cette confusion des rôles. Peut-être que oui 🙂 Sûrement même! Mais si Zébrette a quelque chose dans son assiette, (qu’elle a donc à priori choisi, son choix étant limité par mon acceptation), elle le mange et le termine. Mais cette anecdote me fait penser à une autre, d’Olivier Revol.

Elle rejoint la première dans le sens où l’enfant souhaite que le parent soit fort et qu’il puisse s’appuyer dessus (logique non?). Olivier Revol raconte qu’un enfant dont les parents n’arrivent pas à faire respecter le coucher est un enfant qui s’angoisse encore plus.
“si mes parents ne sont pas capables de me coucher, comment pourrais-je compter sur eux en cas de vrai problème (bombe atomique, guerre…les vrais problèmes ne manquant pas dans la tête des zébrillons)”

 

La priorité des parents, c’est que leurs enfants se sentent entendus et respectés dès le plus jeune âge. Ils veulent être émotionnellement disponibles pour eux, de façon à ce qu’ils puissent exprimer leurs émotions. « On donne maintenant la permission aux enfants de piquer des crises pour qu’ils apprennent à gérer leurs émotions, assure Andrea Nair. On m’a déjà demandé si les enfants piquaient plus de crises maintenant qu’avant. On se le demande… ». Ah la la…Émotionnellement disponible pour eux.. Je le confesse (même si je n’y arrive pas toujours à la hauteur de mes ambitions!). Maintenant, est-ce qu’elle pique (ou piquait) des crises ? Bon, pour être honnête, à la lecture des nombreux témoignages des groupes que j’anime/animais, je me suis toujours demandée ce que c’était une “crise d’un enfant”. Il me semble que la définition varie beaucoup d’un parent à l’autre, d’une résistance à l’autre, d’une éducation à l’autre. Bon, quand je regardais Super Nanny (la première, l’unique, la vraie hein… idole de la Zébrette alors âgée de 3 ou 4 ans), je n’imaginais pas que ce qui était filmé pouvait correspondre à une réalité vraie ! Jusqu’à ce que ma propre cousine ait fait appel à l’émission. Et qu’après une visite chez elle, elle n’a pas été retenue parce qu’exceptionnellement, ses garçons se sont comportés “normalement” en présence de l’équipe de tournage. “Pas assez extrême” pour le concept. Donc …. les autres sont vraiment comme ça ? pfiou.

Tout ça pour dire que ENV ne rime pas toujours avec crise et caprice. Et que dans le fond, je me demande ce qu’il vaut mieux.. un désaccord auto-réprimé par peur de représailles parentales ou un désaccord exprimé?

On a toujours (allez, ne soyons pas si affirmatifs.. presque toujours) discuté et évité les crises d’opposition… MAIS j’ai et j’ai eu beaucoup plus de mal avec les colères de la Zébrette contre elle-même. Alors oui, ma tâche de parent est d’essayer de la faire sortir de sa colère, toujours silencieuse et intériorisée (vous trouverez sur le blog moult méthodes plus saugrenues les unes que les autres) et de la faire lâcher les vannes. Ce n’est pas toujours facile, ça peut mettre ma patience (légendaire ?!) à rude épreuve… mais c’est, je le pense mon rôle de parent.

Pour un exemple d’auto-analyse, surprenante pour ses 8 ans d’époque,

 

On suppose qu’un enfant obéissant est de nature à se laisser faire, ce qu’aucun parent ne souhaite, surtout à l’heure où le phénomène de l’intimidation dépasse les limites de la cour d’école et se propage sur Internet.. Euh.. non… Personnellement, je suppose qu’un enfant obéissant c’est bien pratique sympa commode rassurant agréable.

Le Dr Sax pose souvent aux étudiants la question : « Qu’aimez-vous faire dans vos temps libres, quand vous êtes seuls ? » La réponse la plus fréquente ces dernières années : dormir. Les enfants sont trop occupés par les devoirs et les activités parascolaires pour se coucher de bonne heure, et souvent le téléphone, l’ordinateur et les jeux vidéo les suivent au lit. 🙂 Combien de parents aimeraient que leurs zèbres répondent ça .. dormir… Ceci dit.. les devoirs et les activités parascolaires occupent, c’est certain. Les devoirs principalement chez nous. Mais c’est surtout qu’avec les transports, la Zébrette part de la maison à 7h pour n’y revenir qu’à 18h30… ça laisse peu de place pour le reste… « La privation de sommeil imite presque à la perfection le TDAH ». Comme cela est une question complexe. Le TDAH et la douance, le TDAH et l’éducation, le TDAH et le sommeil. « Il est maintenant plus facile d’obtenir un médicament prescrit par un médecin que d’être ferme avec un enfant et de le punir pour un mauvais comportement. » Comme je serais prudente avec ça ! d’autant plus prudente que pas concernée directement. J’avais cette idée fausse (il y a longtemps.. ne tapez pas ! ) que le TDAH se résolvait par une éducation cadrée. Mais c’est juste parce que je n’y connaissais rien ! Depuis, j’en ai rencontré des parents à l’éducation cadrée, à la fermeté bienveillante, à l’attention soutenue, au cadre rigide… et avec des enfants vraiment TDAH.
La responsabilité n’est-elle pas médicale? Oui, je le crois, (et pas forcément en France) la médication (et donc le diagnostic du TDAH) est un peu rapide. Mais que cela ne jette pas l’opprobre sur tous ceux qui sont réellement TDAH et pour qui la médication apporte réellement un soulagement (le temps de mettre en place des solutions alternatives de prise en charge  ?).
C’est un peu comme la prescription d’antibiotiques ou d’anxiolytiques. Peut-être que le patient arrive au cabinet avec une demande… mais n’est-il pas de la responsabilité du médecin d’en valider la pertinence?

Quant à la difficulté du diagnostic quand il est combiné avec du HP… Elle n’est plus à démontrer. Est-ce parce que c’est difficile, que les erreurs sont nombreuses que cela enlève quelque chose à la réalité du trouble  ?

 

« Nous les traitons comme de petits disques durs, illustre Stephen Camarata, mais cette volonté de pousser les enfants au maximum de leurs capacités ne leur donne pas le temps de réfléchir et de résoudre des problèmes. En fait, ça mine leur confiance en eux et leur faculté de raisonner ou de penser. » Sans malheureusement nier la course à la performance, la pression de la réussite, l’importance d’une petite section de maternelle (livret scolaire à l’appui)… je ne peux m’empêcher de penser à cette réplique d’une maman de zèbre “pousser mon enfant? je lui cours après et j’ai peine à le suivre!“. Quand Zébrette voulait jouer avec les lettres à 3 ans… qu’aurions-nous dû faire ? Aujourd’hui, Zébrette s’ennuie encore et encore en classe. Mais elle vit avec. Elle n’est pas au maximum de ses capacités, et tant qu’elle ne régresse pas, ne perd pas le goût d’apprendre, d’aller en cours, cela m’est bien égal. Disons que ce n’est pas tout à fait vrai. Cela m’est bien égal qu’elle ne soit pas au max.. pas qu’elle s’ennuie au collège 🙂

Les écoles aussi mettent davantage l’accent sur la réussite scolaire que sur la socialisation. Ca….. un livret scolaire en TPS m’a toujours fait bondir… Maintenant.. l’école n’est pas un jardin d’enfant, et je pense que les parents seraient les premiers à manifester si les enfants n”‘apprenaient pas”. Combien de fois lis-je “à quel âge doit-on connaitre les couleurs, les saisons, les lettres, calculer, compter ? ..”. Je ne sais pas si cela est vraiment lié à des notions de compétition ou d’orgueil parental mal placé. Je pense que c’est surtout lié à l’inquiétude parentale de l’avenir de l’enfant dans un monde de plus en plus élitiste.

Nous savons maintenant que les enfants de parents autoritaires ont de meilleures perspectives d’avenir, et l’effet est plus important que l’origine, les revenus familiaux ou le quotient intellectuel Euh…surprenant de se plaindre de l’accent mis sur la réussite scolaire en maternelle et quelques lignes plus loin souligner autorité parentale et perspective d’avenir. La première chose à faire serait de définir ce qu’est “une perspective d’avenir”. Un métier, une famille, des revenus, la santé, le plaisir, une passion, du temps libre ….. Pas certaine que ce soit les mêmes causes qui mènent à chacune des définitions…

C’est d’autant plus vrai chez le nombre croissant de parents qui attendent d’être « prêts » avant d’avoir des enfants : emploi stable, grande maison et partenaire de longue date. « Ils retardent jusqu’au moment où ils pourront faire un sans-faute », remarque Bria Shantz, une Vancouvéroise de 35 ans et mère de deux enfants. « La pression est donc encore plus forte. Ils veulent être des parents parfaits. » Oui .. ou pas.. Ou simplement, avec la maturité et le recul, ils savent, bien avant de concevoir, qu’ils ne faut surtout pas être des parents parfaits… mais des parents suffisamment bons.. à la manière de Winnicott.

« Quand les parents comprennent qu’ils sont la meilleure ressource pour leur enfant, ils gagnent en maturité. » Ils apprennent par la même occasion à se faire confiance pour décider de ce qui est bon ou non pour leurs enfants et s’y tenir – une preuve d’amour qu’exige leur rôle Ben tiens! Oui je suis la meilleure mère que ma fille puisse avoir… puisque, comme elle aime à me le faire remarquer, elle n’a pas le choix.. je suis la seule! 🙂 Mais plaisanterie à part, j’approuve cette fin d’article. Si on se fait confiance, on inspire confiance. Ce qui est vrai en tant que parent, l’est dans tellement d’autres domaines de la vie!

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