Psychologue

Psy ou pas ?

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La Fille ne comprend pas trop pourquoi il faut consulter une psy. Elle en a traversé des galères dans sa vie. Mais n’a jamais ressenti le besoin de consulter. Bon, faut dire que La Fille est une grande bavarde et que le Net lui procure une psychothérapie gratuite.

Le Gars, c’est pire. Il abhorre tout ce qui commence par “psy”. De là à les prendre pour des charlatans avides d’argent facile, il n’y a pas loin. Bref, Le Gars, il en aurait bien besoin lui, de consulter un psy, parce qu’il traverse des épreuves encore plus difficiles que celles de La Fille, mais autant imaginer une collision entre Mars et Pluton.

Alors quand la Zébrette (qui n’était pas encore Zébrette.. ah si elle l’était mais personne ne le savait) a commencé à pleurer tous les soirs sous sa couette, à montrer des angoisses envahissantes, La Fille a décidé que ça ne coûtait rien (enfin au regard du résultat attendu) de consulter. Le Gars était contre, ne voyait pas l’utilité, mais se disait que sur certains sujets, il ne fallait pas contrarier La Fille, ce serait peine perdue.

Après que les mots “Haut Potentiel” aient été posés, et que le problème immédiat ait été réglé (par un changement d’école), La Fille ne voyait plus trop l’intérêt du suivi psy. D’abord, ça coûte un bras. Ensuite, c’est super compliqué à organiser sur le plan pratique. Et enfin (surtout) la Zébrette semblait aller mieux.

Jusqu’à ce jour de Juin, où la phrase est sortie :

“De toute manière, une angoisse de plus ou de moins, ce n’est rien. Des angoisses, j’en ai tous les jours, tout le temps!”

D’un petit bout de 7 ans, ça fait un peu mal à entendre. Et puis les fantômes sont revenus. Il n’en fallait pas plus à La Fille pour écrire un long mail à la psy!

Le Gars, il ne disait rien, mais ses yeux avaient leur couleur des mauvais jours, des jours qui désapprouvent.
La Zébrette, elle aimait bien la psy, mais elle avait peur d’aller lui parler. Peur au point de ne pas dormir la veille.

Dans le cabinet, la Zébrette était métamorphosée. Assise sur les genoux de La Fille, refusant de laisser sa mère partir, lèvres pincées, répondant par monosyllabes (pour une telle bavarde, c’est étonnant). La Fille commence à décrire ce que la Zébrette lui racontait durant leurs conversations d’avant-dodo. Encouragée, la Zébrette acquiesçait par deux mots maximum et repinçait fortement ses lèvres. Puis, sur une phrase, la Zébrette s’est libérée et a commencé à parler.

Le temps pour La Fille de la laisser seule avec la psy.

Que se sont-elle dit ?

On ne le saura pas. La Zébrette refuse d’en parler. C’est nouveau car elle raconte tout habituellement. Mais c’est sûrement qu’elles se disent des choses importantes. Tant mieux.

La psy a dit que la Zébrette analysait tout parfaitement bien, trop bien. Et que cette “lucidité” augmentait encore ses angoisses.

“Je ne veux pas que la psy m’enlève mes angoisses, ça ce n’est pas possible. Juste qu’elle m’aide à les contrôler”

Bon, le travail a commencé. La Fille se demande si il va aboutir. Mais la Zébrette a très envie de retourner parler avec la psy. Et la psy assure que déjà elles ont avancé sur certains points. La Fille n’aime pas tous ces mystères, mais se dit que c’est comme ça que travaillent les psy…

Et alors, la Zébrette a-t-elle été apaisée à son retour. Euh…
Elle était en larmes sur son lit..

“Parce que Papa il insiste pour savoir ce que j’ai dit. Mais je ne veux pas en parler”

C’est pas encore gagner pour ne pas se laisser envahir par ses émotions..

Bon La Fille ne critiquera pas. Quand elle expliquait au Gars ce qu’était la douance elle a eu droit au rire moqueur du Gars:

Mais pourquoi tu pleures en me disant ça, il n’y a rien de triste!

Le Gars et l’hypersensibilité, c’est comme Le Gars et le psy… une rencontre impossible!

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