D’un extrême à l’autre

C’était au tout début des années 80…. J’intégrais le lycée de la grande ville d’à côté. Bon.. à 30 km tout de même la grande ville.

C’était mon premier cours d’histoire-géographie, et j’étais impressionné autant par l’imposance de la bâtisse que par celle du professeur.
Ses premiers mots étaient taillés pour marquer son pouvoir, sa prestance… son autorité..
“Y en a-t-il ici qui viennent du collège d’Othis?”
Avec deux ou trois camarades j’ai levé le doigt.
“Bon, remarquez… j’en ai vu qui venaient de ce collège et qui ne redoublaient pas!”

Ils m’ont presque fait sourire. J’avais 13 ans, mais je les trouvais tellement déplacés..

Mais ce sont ses paroles de fin de cours qui m’ont encore plus marquées. Un cours de géographie à étudier des graphiques et des données chiffrées sur je ne sais plus quel sujet.

“Voyez-vous, les chiffres.. on peut leur faire dire ce que l’on veut.”

Combien de fois ai-je pu vérifier cela?! Et nous sommes en période électorale. Nul doute que je ne suis pas la seule à faire ce constat.

En terminale, j’aimais bien les statistiques. Enfin, leur côté mathématique plutôt. Parce que les études statistiques et moi, nous n’avons jamais été copines. J’ai toujorus pensé que

Les stats c’est bien pour les mathématiciens, mais pour la personne, l’être vivant, celui à qui elles s’appliquent, elles ne veulent rien dire. Pour la personne c’est 0 ou 1. Tu n’est pas mort à 90%. Tu n’es pas guéri du cancer à 25%. Tu l’es … ou pas. Et dans mon cas particulier, je n’avais pas 5% de chance d’être mère. Je le serais.. ou pas. 100% ou 0%.

Au delà de cette binarité, j’avais consulté de nombreuses études scientifques durant ma grossesse. Américaines. normalement là ça en jette et je fais super sérieux. Toutes sur le même sujet : “l’influence de l’aspirine durant la grossesse“. En effet, toute future maman sait qu’il ne faut pas en utiliser, c’est dangereux pour le futur bébé. Sauf que moi, je devais en prendre tous les jours, sinon c’était dangereux pour le futur bébé (en fait pour le foetus qui n’aurait alors aucune chance de devenir un bébé). Bref, j’avais besoin de lire des études sur les effets à long terme de cette médication, et des anti-coagulants associés.

Ma conclusion fut faite après en avoir épluché une demi-dizaine. La moitié convergeait vers : “les enfants nés alors que leur mère prenait une dose quotidienne de 100mg d’aspirine ont un QI très sensiblement inférieur à la moyenne” (encourageant) alors que l’autre moité convergeait vers “les enfants nés alors que leur mère prenait une dose quotidienne de 100mg d’aspirine ont un QI très sensiblement supérieur à la moyenne“. J’ai décidé d’attendre mon bébé dans la confiance et de refermer le Net.. au moins sur ce sujet. (bon, du coup, vous savez vers quelles études, la Zébrette a penché.. 🙂 )

Il se trouve que depuis quelques temps, le monde du HP est agité par des querelles que je pensais être des querelles de clocher, des querelles d’égos inutiles.

Le thème en est “la pathologisation du HP” avec comme crédo “les enfants HP n’ont pas de problèmes particuliers, et si ils ont des soucis, ceux-ci ne sont pas liés au HP“, autrement dit, les HP vont bien, n’ont pas besoin de traitements particuliers et encore moins de se retrouver catalogués avec les personnes handicapées ou les enfants à besoins particuliers sur le site de l’Education Nationale.

A force de lire qu’il est scientifiquement prouvé que le HP va bien, n’a pas de problème, n’est pas anxieux, réussit mieux à l’école, se met moins en danger… on en vient à occulter complètement le terrain, la vraie vie, celle où les chiffres sont remplacés par des personnes de chair, d’os et de sentiments.

Les gens qui prônent cela partent en guerre contre le chiffre largement diffusé de “30% d’échec scolaire“.

Alors, je les rejoins dans leur analyse. Je ne sais pas d’où sort ce chiffre et encore moins ce qu’il recouvre. Ah.. mon cher professeur d’Histoire-Géographie de Seconde C du Lycée Henri Moissan….

J’ai entendu d’un recteur d’académie que l’échec scolaire était “sortir du système scolaire sans aucun diplôme“. Pour d’autres, dont ceux qui mentionnent à tour de bras leurs propres études, il s’agit d’autres critères (ceux qui ont ou pas redoublé ou encore d’autres critères comme l’obtention du bac, de mémoire). Je n’ai de problème avec aucun de ces critères. Il suffit juste que tous s’entendent sur le même pour tenter de parler des mêmes choses.

Alors non à l’extrême.. 66% d’échec scolaire (et là, je n’ai plus besoin de connaitre la définition de l’échec tant le chiffre est farfelu)…

De l‘autre côté des extrêmes, il y a “pas d’échec scolaire particulier chez les HP“. Hummm… Peut-être, ou pas (mais pourquoi Israël qui fait des tests de QI systématiques ne partage-t-elle pas ses résultats!!!) mais à brûle-pourpoint, il me semble qu’il ne devrait PAS y avoir d’échec du tout. Le HP est basé sur un QI lui-même basé sur des aptitudes très logico-mathématiques ou de compréhension qui doivent donc être un bon indice de réussite scolaire.

Mais au delà des chiffres, qui peuvent être accrocheurs (au sujet des enfants décrocheurs? Ok.. je sors),  la réalité clinique du terrain, des associations et des professionnels, c’est qu’ils sont nombreux les HP qui ne vont pas si bien que cela.

Je pense et maintiens qu’ils sont très nombreux à n’avoir aucun problème d’aucune sorte. En tout cas, pas plus que tout un chacun. Certains d’entre eux traverseront des phases peut-être un peu compliquées, et s’en sortiront. Un peu comme cela peut arriver à tout un chacun..

Mais, sur tous les groupes que j’anime ou auxquels je participe, je lis l’angoisse, le stress, les difficultés de tant de famille de HP. Sur le forum d’ados (http://forumz.le-cheval-a-rayures.fr) que je modère, ils vont bien en général, mais ils sont une grande majorité à exprimer des problèmes communs.
Alors je sais, les échantillons sont biaisés. Sauf que les gens ne sont pas des stats. Que je n’ai personnellement aucune activité de près ou de loin lucrativement liée au HP (puisque il est dit que les problèmes des HP étaient une vague inventée pour engraisser les professionnels opportunistes) et que du coup je n’ai aucun intérêt à promouvoir le HP qui va mal. Je ne le promeus pas. Mais je ne l’ignore pas, et surtout je ne le relègue pas à la marge en dédouanant le HP des autres comorbidités. Honnêtement, un ado HP qui va mal, qui est rejeté, harcelé ou qui a des troubles des apprentissages… comment pourrais-je faire le découper en ado-HP, ado-Dys, ado-Aspie, ado-TDA…. Ils sont suffisamment nombreux à exprimer les mêmes problèmes récurrents pour m’affranchir (en tant que personne, non en tant que scientifique) de savoir si ils sont liés au HP exclusivement ou au HP avec comorbidités.

Peu m’importe que ces personnes, ces gens, ne représentent que 1%, 10 %, 50% ou 0,1% des HP (et 80% des adhérents aux associations ou 90% des consultations psys). Ils ont besoin d’aide. Leurs enfants ont besoin d’aide. Et les associations en particulier ont fait un travail formidable, des années durant, auprès de l’Education Nationale en particulier, pour faire connaitre ces enfants et leurs particularités (parce que tous les enseignants ne sont pas des Madame Pellegrine).

Ca m’est bien égal que l’on insiste sur les HP qui vont bien… tant que cela ne nuit pas aux autres!

Et il semble que l’Education Nationale vienne de faire un grand pas en arrière.

Elle présentait sur sa page dédiée aux Enfants Intellectuellement Précoces le texte suivant:

Scolarisation des élèves intellectuellement précoces (EIP)

Les enfants ou élèves intellectuellement précoces (EIP), surdoués ou à haut potentiel, représentent de 2 à 5 % de la population scolaire : ils sont donc potentiellement présents dans toutes les écoles et établissements scolaires.

Plus du tiers de ces élèves présentent de réelles et multiples difficultés face aux apprentissages et trouvent plus ou moins facilement leur place dans le système scolaire. Malgré leurs potentialités ces élèves peuvent paradoxalement se trouver en situation d’échec scolaire de par leur comportement, leurs relations aux adultes et à leurs pairs, leur posture devant la tâche scolaire. Ce sont ces élèves qui nécessitent des réponses adaptées à leurs besoins.

Mais la page a changé


L’école doit répondre aux besoins particuliers des enfants intellectuellement précoces et à l’attente de leurs familles. 1,25% des élèves seraient concernés. Leurs profils sont divers. Savoir les détecter est important pour mieux les prendre en charge. La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école rappelle cette nécessité.
[…]
Adapter le parcours des élèves intellectuellement précoces
Milieu scolaire ordinaire

De nombreux élèves intellectuellement précoces poursuivent une scolarité sans heurt, voire brillante. Ils ne sont pas toujours détectés. Aucune mesure n’est nécessaire car ces élèves réussissent.

Brrr. Rien que la première ligne

1,25% des élèves seraient concernés. Je ne sais pas ce qui m’attriste le plus. Le chiffre de 1,25% sorti d’on ne sait pas où ou bien le conditionnel qui est employé.

Doit-on rappeler que le surdouement est un QI >= 130…. ce qui correspond, par construction, à 2,2% de la population. Et encore, on ne prend pas en compte tous les HP qui sont en dessous de 130 pour cause de comorbidités ne leur permettant pas d’exprimer tout leur potentiel……

L’Education Nationale, d’un clic de clavier, s’est débarrassé de la moitié des enfants HP!

Je passerai aussi sur la formulation “pour répondre à l’attente de leurs familles” que je trouve pour le moins maladroite. Comme l’impression de lire “c’est parce qu’ils nous cassent les pieds à vouloir qu’on s’occupe de leurs mômes“. Mais je reconnais n’être pas dans les meilleures dispositions bienveillantes possibles, les microbes ayant attaqués toutes les sphères ORL de la famille  ont puisé dans le stock de ma bienveillance!

On lira quelques lignes plus loin

Et là, ce n’est pas pour toutes les familles que je côtoie, que la boufaïsse me monte ! Mais pour notre histoire très personnelle.
Aucune mesure nécessaire car ces élèves réussissent!!!!

Mais de qui se moque-t-on?

C’est certain, un élève qui présente un radar comme celui-làest un élève en réussite.

Pourtant.. que dire de son mal-être, de son ennui, de son désintérêt des apprentissages qui peuvent parfois mener à la phobie scolaire?

 

Alors quand certains instituteurs accusent les parents de pousser leurs enfants, de leur faire ingurgiter le programme avant qu’il ne soit abordé à l’école, quand un enfant trop scolaire a un problème psychologique, quand un enfant pas assez scolaire est orienté sur une voie de garage imposée, quand les profs vous regardent avec des yeux ronds alors que vous évoquez les problèmes de l’école qui sont contenus en journée pour exploser à la maison, quand vous voyez tous ces enfants incompris de leurs pairs, en total décalage, avec eux-même bien souvent, pour qui une journée d’école est une journée de calvaire, qui surnomment leur bus  scolaire “bus to hell”, ces enfants qui devraient être pétillants et qui se retrouvent désenchantés (j’emprunte le mot à Olivier Revol et Arielle Adda), quand la prise en compte de leurs besoins particuliers (et je ne parle pas de handicap, juste de besoins particuliers) avance si peu et recule si vite…alors.. je dis à tous les bénévoles qui donnent de leur temps en échange de.. rien du tout (en fait si.. le sourire d’un ado, le merci d’une famille, c’est juste TOUT) ne baissez pas les bras.

Il y a là, un vrai pas en arrière de la part de l’EN, mais il y en aura d’autres en avant!

Non parce que le HP est une maladie. Ca ne l’est pas, ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Mais parce que beaucoup, avant d’y voir une chance, ont besoin d’un certain accompagnement. Et que c’est bien là le rôle de l’école. Accompagner…

 

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17Commentaires

  • […] J’ai écrit, en janvier dernier, un article parmi d’autres, qui met en lumière cette négation des spécificités des HP, déjà commencé dans les rangs de l’Education Nationale:  D’un extrême à l’autre. […]

  • Mêmepasmal! dit :

    MERCI BEAUCOUP !!!!! Maman d’un ado HP/TDAH ,la double peine comme aime bien dire Olivier REVOL , que la force soit avec TOUS LES HP extrême ou non.

  • Roberta dit :

    D’un extrême à l’autre…. tout est dit, rien que dans le titre ! Merci Nathalie, Alexandra, Sylvie, toutes les bénévoles de toutes les associations, et tous les professionnel-le-s qui soutiennent et aident nos enfants quotidiennement ! Plus que jamais, amies bénévoles, parents d’enfants HP (que vos enfants aillent bien ou pas), professionnels de la santé et de l’éducation, NE LÂCHEZ RIEN !

  • Hum ! Quel retournement ! Mon fils a galèré de la 4ème à la seconde avec de nombreuses hospitalisations Après la seconde en soins études, ce fut le trou noir pendant 3 ans. Les angoisses l’ont cloué à la maison sans ami sans vie sociale : l’enfer sur terre. Au collège il passait la moitié de son temps à l’infirmerie Un psy m’avait conseillé de le mettre en pension car il mettait les angoisses de mon fils sur le compte d’une relation l’été fils trop forte Quelle erreur : il s’est sauvé de la pension à plusieurs reprises. Cela lui a valu un conseil de discipline auquel j’ai assisté c’était son année de troisième Le tour de tables des enseignants a été édifiant : fluent in English, il était le seul élève de troisième à avoir été sélectionné pour ce concours tous les autres élèves étaient en seconde première ou terminale. Le professeur de français ; le seul élève de troisième à ne faire aucune faute d’orthographe, le plus poli, le plus gentil ! Le professeur de mathématiques : cet élève est intelligent mais ne développe jamais ses raisonnements, il ne pense pas comme les autres et ses résultats sont toujours justes … Au bout d’une heure le directeur du collège : mais il ne serait pas surdoué cet enfant ? La responsable des troisièmes ; ha non il est très intelligent mais pas surdoué ! Résultat : exclu 8 jours du collège ! Une hospitalisation s’en est suivie et lorsque j’ai exposé mes doutes quant à une précocité intellectuelle, la psy s’est exclamée : ça c’est bien un regard de mère. Nous ne demanderons pas de test je suis persuadée qu’il a un qi dans la moyenne supérieure c’est tout ! Mon fils doit son passage en seconde au Rectorat de Lille que j’ai sollicité lors de l’avis de redoublement avec le test de QI tout fraîchement réalisé, mon fils avait 15 ans. Au regard de ses résultats scolaires et de son test, le récitât a estimé que ce serait une hérésie de le faire redoubler ! Et d’affecter mon fils sous huitaine dans le lycée de notre secteur. Nous nous y sommes heurtés à un principal totalement sourd au mal être de mon fils et à son incapacité à aller en cours : un bon coup dévoués ou je pense Ça lui ferait du bien ! Quel tact ! Ce qui a sauvé mon fils trois ans plus tard : l’université ! Il y a effectué un DAEU tout en étant hospitalisé dans une clinique pour adultes. L’université l’a sauvé, LILLE 3 dispose d’un service médical hors pair Mon fils a fait l’objet de beaucoup d’attention : aménagement des examens, autorisations de sortir de cours à tout moment, rattrapage en cas d’angoisses erc… il ne s’est servi de ces aménagements qu’une seule fois. Le responsable du DAEU, un homme qui n’a vu que des parcours chaotiques est l’enseignant (français) qui fait véritablement ce métier par vocation. Plus le cas est difficile plus il va s’attacher à ce que la personne s’en sorte. Mon fils est sorti major de promotion avec une moyenne de 17,625 ! Merci Lille III merci la clinique Depuis septembre dernier, il en en L1 d’anglais à Lille III , il a choisi le chinois en deuxième langue, il a obtenu les mêmes aménagements une référence Handicap (enseignante de phonetique) le suit de près. Le responsable pédagogique des L1 le suit de près également. Tous ces enseignants de l’université ont un amour de leur métier, de l’empathie envers les étudiants et pourtant LILLE III c’est une université énorme ! Cette ouverture d’esprit, pour-soi n’existe elle pas au collège, au lycée ? Parce que les enseignants de faculté ont une expérience plus vaste, beaucoup ont étudié et rnseigné à l’étranger dans des pays où l’individu tout individu à droit à sa place. Ils ont donné une place à mon fils ! C’est un jeune homme brillant, attachant, physiquement on le remarque aussi : 1 m 87, de très longs cheveux clairs, une allure que l’on remarque de loin il est connu à LILLE III et la référence me met toujours en copie des mails qui concernent les examens car elle sait que ces jours lá, je le conduis pour éviter le stress de métro bondé

  • virginie dit :

    Merci! C’est tellement ça! J’ai une fille qui n’aime pas l’école depuis la petite section. Elle est en CE2. Quand on a décelé sa précocité (il y a à peine 1 an) l’instit nous a répondu : “Oui c’est une petite intelligente mais elle n’est pas précoce! ( d’après elle, le psy scolaire a dit que c’est à partir de 140) Et puis à l’école ça se passe bien donc non, je n’ai pas à m’adapter pour elle!” Bref…. Changement d’école prévu pour l’année prochaine en espérant que ce sera mieux….

  • chrislag dit :

    Cet écrit de l’EN, ce n’est que la description de la triste réalité que j’observe chaque jour pour mon fils de 6 ans et demi et qui me prend aux tripes chaque soir quand je l’entends dire (en sabotant ses devoirs qu’il ne veut pas faire) qu’il n’attend qu’une chose, c’est de ne plus être obligé d’aller à l’école… Et l’EN ne lui propose rien… Elle est où l’égalité des chances ?

  • Céline dit :

    Merci pour ce billet qui exprime totalement mon ressenti

  • Fabien dit :

    Zebrounet en CP relégué au fond de la classe pour lire tout seul pendant les cours de lecture afin d’avoir la paix (pour l’instit). A 21 ans, il est à Sciences Po. On bien géré, on a eu de la chance après qu’il ait passé son test. Il a refusé le redoublement et s’est intégré en comprenant que son ennui était “normal”.

    Son frère de 12 ans se cache au milieu des autres volontairement. Il copine avec ceux qu’il faut pour avoir la paix. Pour le moment tout va à peu près côté notes et comportement bien mais je sais que la situation peut se retourner très vite si son besoin d’acceptation s’avère urgente.

    Ma scolarité, je l’ai totalement ratée, ce sont les tests qui m’ont permis de ne pas redoubler : “potentiel inexploité”…

    C’est plus tard que je me suis rendu compte que quelque chose clochait en réussissant largement mon BTS informatique en 1 an et en décrochant mon 1er vrai job. Encore pire quand j’ai obtenu mon diplôme de chef de projet informatique avec la meilleure mention. Un stagiaire qui fait travailler 50 personnes sur un projet qui verra le jour, c’est suffisamment rare pour que le directeur général se déplace de Paris pour assister à la soutenance. A 35 ans… je ne l’avais pas fait exprès ;)

    Je n’était plus l’élève qui cumulait les fameuses “lacunes” mais le meneur, la locomotive qui fait avancer une équipe. Ca m’a semblé aussi bizarre que de décrocher un job avec le bras droit dans le plâtre car j’étais le seul candidat.

    Alors, quand on a su pour mon grand, on a fait un peu l’école à la maison pour qu’il approfondisse le programme et ça m’a ramené à ma scolarité minable à partir de la 5ème, mon ennui perpétuel, mes décrochages ou mon absentéisme régulier au lycée. J’avais mieux à faire ailleurs. Aller passer l’AM avec ma copine ou mettre tout le lycée en grève :)

    Aujourd’hui je lis le livre de Monique de Kermadec : “L’adulte surdoué à la recherche du bonheur” avec son bandeau rouge (Rompre avec la souffrance). Je peux le dire, je ne suis pas heureux, le monde est noir ou blanc, il n’y a pas de place pour le gris.

    Alors oui, je retrouve au moins mon 1er fils dans cet article. S’il a réussi, c’est que c’était son choix et que de savoir, ça aide. Dans un autre registre, je m’y retrouve mais je ne vois plus l’intérêt de passer un test. Trouver le “bon psychologue” est un écueil sans parler du coût en Rhône-Alpes. Est-ce encore utile ? Est-ce que je vivrais mieux après ?

    Pas simple tout ça :(

    Fab

  • Bergamote dit :

    Oh là, c’est intense! Tellement vrai! Joli cri du coeur! Bravo. Complètement d’accord.

  • marchisio dit :

    comme si l’éducation national savait repérer les enfants HP..et encore aujourd’hui on en parle plus car internet et les forums délies les langues, mais avant… j’ai quelques souvenirs douloureux qui refonds surface.. merci pour cet article

  • Pinel patricia dit :

    On n’est pas rendus hein ? Un pas en avant deux en arrière ! En tous cas, c’est un bel article ! Merci

  • Valérie dit :

    Heureusement qu’il y a ce travail de veille…. ce changement de cap me serait complètement passé au dessus sans cela. Bravo à toi. Encore que…. l’ouverture d’esprit des établissements à ces dispositifs sont encore une autre étape à franchir. Alors si le dispositif lui-même recule, on n’est pas sorti !
    Valérie

  • thirty dit :

    Merci pour cet article.Quelle est la source pour ce chiffre???Sur quelle recherche s’appuie l’EN d’après vous?

  • Entièrement d’accord avec toi !!! :(

    Bisous,
    Alexandra

  • Pernet Marie dit :

    Et bien bravo,Cela méritait d être dit clairement…..et chez nous aussi ces idées circulent,violence faite aux enfants

  • Nathalie dit :

    Les bras m’en tombent… Effrayant retour en arrière. Ou comment se dédouaner à peu de frais !

  • Claire NUNN dit :

    Merci Nathalie 🙂

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