Un collège en France

S’investir… Ca a toujours été un mot important dans mon vocabulaire. Parfois trop, parfois à l’épuisement ou même l’écoeurement…

Mais à mon âge, il faut se rendre à l’évidence… je ne sais pas faire autrement. Ca fait partie de moi. Ce n’est ni une qualité, ni un défaut… juste un bout de moi.

Alors, quand il a fallu répondre au mail demandant si l’on souhaitait être parent délégué pour la classe de Z.. je n’ai pas hésité. Bien m’en a pris d’ailleurs, puisque j’étais la seule volontaire. Même pas de parent suppléant. Il n’y a pas que la fonction d’enseignant qui n’a plus la côte 🙂

Alors, ce mardi, j’ai quitté le bureau de bonne heure, avalé mon heure de route pour être à l’heure pour le début du conseil de classe.. 16h45. Oui, bon, vous pouvez calculer.. j’ai quasiment pris mon après-midi! Heureusement, c’est la blague en cours “tu prends ton après-midi?” quand tu pars à .. 18h 🙂

Je le sais, puisque c’est le 2° conseil de l’année… le temps est compté. 45 minutes maximum, tout compris, pour une classe de 28 élèves…Alors, on compte le premier quart d’heure de mise en place, d’attente des retardataires…

Ensuite.. ça va très vite. J’ai à peine le temps de noter le commentaire sur ma feuille. Personne ne discute de rien. Le professeur principal a préparé un commentaire synthèse qu’il lit, uniforme d’un enfant à l’autre. De temps à autre une réflexion ou un haussement d’épaule d’un professeur pour montrer toutes les difficultés qu’il rencontre. Parfois une inquiétude évoquée et la seule solution proposée “convoquer les parents, ensemble si possible”. Les remarques se veulent très bienveillantes. Sinon elles sont basées. “Untel ne fait aucun travail (ndlr: untel a 4 de moyenne, dont un magnifique 1 en LV2., son professeur soulignant la difficulté d’avoir aussi peu en première année d’une langue aussi simple que l’italien). Mais elle l’assume très bien en venant à chaque début de cours me donner son carnet de correspondance pour prendre un mot… sachant qu’au bout de x mots c’est une colle. Mais elle s’en fout”.

Pour les enfants qui brillent, le commentaire lu est laconique “excellent trimestre, félicitations”. Au suivant !

Quand arriva le tour de la Zébrette (en fin d’ordre alphabétique), ce fut tout aussi rapide. Heureusement, la prof de latin a pris la parole “Elle m’a tout de même exprimé son ennui généralisé“. Les retours furent unanimes “mais non, elle va très bien. Elle est joyeuse. Elle va aider les autres.. ça l’occupe“. Je suis parent délégué… pas parent de ma fille. Je me suis juste autorisée un “mais elle ne vous le dira jamais spontanément qu’elle s’ennuie, car pour elle c’est prendre le risque de que vous croyiez qu’elle vous met en cause. Et elle ne le veut pas“. La prof de latin a insisté “mais elle comprend tout tellement vite. En langue on peut trouver matière à approfondir.. mais les matières scientifiques c’est vraiment compliqué pour elle tellement elle s’ennuie“. Les élèves délégués, muets du début à la fin du conseil, se sont réveillés “mais on lui dit nous qu’elle a de la chance parce qu’elle a des amis“.  Alors si tout va bien.. Le principal, à qui j’avais confirmé avant le conseil, qu’aucun des aménagements promis il y a plusieurs mois déjà, n’avait été mis en place, a ajouté “Des aménagements ont été demandés. Si vous avez besoin d’information, vous pouvez venir me voir“. Brrrrr.. est-ce mon imagination ou je devais comprendre par là qu’aucune des réunions promises n’avaient jamais eu lieu, ni aucun des échanges entre équipe éducative ? Mais déjà échanger 4 phrases nous faisait dépasser le temps allouable…

Je suis sortie de ce conseil un peu déprimée. Par tous ces élèves en difficultés dont les seuls remarques notées ont été “doit se faire plus confiance”, comme si les seuls soucis possibles n’étaient que le manque de travail ou de confiance en soi.

Une des rares classes sans élève rencontrant des troubles des apprentissages ??? Ou alors, comme statistiquement, une classe avec de tels élèves.. mais non pris en compte, non reconnus ?


Le lendemain matin, alors que nous n’avions quasi pas parlé du conseil avec la Zébrette (pour dire quoi? Que sa prof de math plaisantait quand elle disait qu’elle noterait “en baisse” sur son bulletin, pour être passée de 20 à 19,3 de moyenne), elle me confiait.

“Maman, j’ai peur de rater ma vie.”

Jamais excessive l’adolescente en devenir…

Alors, nous enchaînons sur les vastes notions de ce que veut dire réussir sa vie (une Rollex à 50 ans? Zut, j’ai à coup sûr raté la mienne), des critères propres à chacun, etc. Mais l’important est d’écouter ce qu’ils ont à dire dans ces moments là.  Ils ne lancent pas ce genre de phrase pour “rien”. Et la meilleure méthode est de ne pas trop parler, de ne surtout pas argumenter, pour laisser la place à leurs ressentis, leurs mots, leurs émotions. C’est leur moment.

AInsi, on a pu arriver à la motivation sous-jacente de cette crainte.. “C’est à cause du collège. J’ai tellement l’impression de perdre mon temps. Je risque de ne plus y arriver après. Je n’aurai pas appris assez de choses et je n’aurais pas appris la difficulté. Je ne vais pas arriver à faire le métier que j’ai choisi!”

J’entends déjà les responsables du collège “c’est un peu vous qui lui mettez ces idées en tête“. Même pas envie de répondre à cette accusation qui ne sera jamais formulée (en tout cas au sujet de cette réflexion là.. elle l’a déjà été à chaque rencontre avec la direction), car je ne leur partagerai jamais cette réflexion là. Comme Zébrette, j’ai bien compris leur impuissance. Et faute de la reconnaître, le besoin de rejeter la “faute” (parce que faut bien trouver un coupable ?????) sur l’autre.. L’autre étant bien  trop souvent la mère.

Ah si les parents s’occupaient un peu moins de l’avenir de leur progéniture ! Si ils laissaient plus le domaine de l’éducation (euh.. entendons-nous bien… au sens des apprentissages scolaires) à l’école sans s’en mêler ! Oui, bon, il y a bien tous ces parents absents ou pas assez présents dont on a parlé lors du conseil de classe… c’est aussi de leur faute si les enfants ont de mauvais résultats.

Bref.. si les parents pouvaient être dans la juste mesure.. Présents chez eux pour rattraper les notions non acquises à l’école, surveiller les devoirs et suppléer les enseignants.. mais surtout ne pas passer le seuil du collège, pour ne pas empiéter sur ce qui se passe entre ses murs!


Comment réussir cet exploit ? Comment faire avec son enfant qui déprime d’ennui ? Comment faire passer le message au collège que certains ont de très bons résultats également, sans la même dose d’ennui ?

J’en discutais avec des ami(e)s ou des connaissances. Parmi eux, des professeurs. Parmi eux, des professeurs parents de HP.

Et c’est là que la mère que je suis se remet en question….

A entendre tous ces professeurs dire que je/nous demandons au collège ce pour quoi il n’est pas fait.
Les voir laisser éclater au mieux leur désapprobation, au pire leur colère

  • “Ce n’est pas normal de s’ennuyer huit heures par jour mais si elle s’ennuie à ce point je doute que le collège soit la source du problème.”
  • “Nous avons des élèves en réussite scolaire qui par ailleurs ne vont pas bien mais quel est le rapport avec l’école ? C’est un peu se dédouaner de ses responsabilités que d’exiger sans arrêt des efforts des enseignants.”
  • “Il n’y a pas vraiment de motif pour passer du temps sur les élèves qui vont bien.”
  • “Les parents demandent à l’école des missions qui ne sont pas de son ressort”
  • ….

J’ai bien mes éléments de réponse personnels… mais si ils sont sincères, sont-ils valables?

Pour le un) je dirais qu’en dehors du collège, elle a une vie trop remplie et ne trouve aucun moment pour s’ennuyer de trop. Sa passion équestre est chronophage. La musique aussi. Elle a des ami(e)s, proches ou lointaines. Fait des soirées pyjamas, des anniversaires. Nous sortons aussi en famille…. Mais bon, je dois entendre que le collège n’est pas la source du problème. Tout comme mon amie L. doit comprendre que l’école n’est pas la source du problème de sa dernière A. qui du haut de ses 3 ans a décidé que ça ne valait plus le coup de montrer quoique ce soit à l’école, mais qui réclame déjà l’école à la maison, et sait déjà déchiffrer les mots….

Pour le deux) je le sais bien. Mais en quoi devrais-je me sentir concernée? Zébrette n’arrête pas de remercier la Vie et ses parents… en dehors du collège. Elle exulte de passer son Galop 5 à Pâques, de faire un stage d’équitation, d’aller à la journée country-cross, et .. cerise sur le gâteau, d’avoir en poche son inscription pour un séjour en immersion centre équestre.. en Irlande… Elle n’arrive pas à caser toutes les activités qui lui plaisent dans les 24 heures d’une journée. Où est-ce que moi/ nous nous dédouanons de nos responsabilités? J’ai justement l’impression que nous les prenons très à coeur en refusant qu’elles ne s’arrêtent au portail du collège…Quant aux efforts que j’ai osé demander cette année, ils se limitent à ce que les exos de maths (à terminer à la maison) soient donnés en début de cours plutôt qu’à la fin.. ce qui lui permettrait de dégager du temps sur sa soirée….Je n’ai pas l’impression que ce soit un si gros effort (même si cela n’a pas été accepté pour des tas de raisons que j’ai entendues, même si je n’ai pas adhéré).

Pour le trois) c’est la phrase de trop. Celle qui fait déborder mon vase. Celle que je ne peux plus entendre, comme une overdose histaminique. C’est la phrase qu’a entendue aussi la maman d’Émilie (Émilie, 14 ans, harcelée, humiliée, suicidée). Alors bien sûr, Zébrette n’est ni harcelée, ni humiliée au collège. Mais parce que je pense à tous les bons élèves qui excellent en ‘caméléonisme’, cette phrase active mes bulbes pileux (oui bon… me hérisse le poil!). Non pas que je récuse le fond. Mais c’est qu’elle associe “aller bien” et “avoir de bonnes notes”. J’ai déjà lu cela sur un blog traitant de la douance et citant (de larges extraits sans aucune autorisation de ma part, comme cela est spécifié dans le pied de mes pages…;) l’article “d’un extrême à l’autre” et disant à propos de la Zébrette “qu’elle n’allait pas du tout si mal” au vu de ses notes excellentes. J’adore comme les gens qui ne la connaissent pas peuvent décider si elle va bien ou mal 🙂

Pour le quatre), j’ai beaucoup cherché sur les sites de l’EN, quelles étaient les missions du collège. Et je n’ai pas trouvé grand chose. Le plus précis étant “l’acquisition du socle commun de compétences“. Oui, bon dans ce cas.. forcément… Zébrette et quelques uns de ses camarades ont acquis ce socle commun de compétences bien avant la fin du collège. Alors ils ne font plus partie de ses missions. Ceci explique certainement cela!

Ces ami(e)s, ces profs, ces personnes concernées par la douance, qui ont pour leurs propres enfants baissé les bras vis à vis de l’EN, n’attendant rien d’elle, mais pour autant remontés contre les parents comme moi, qui n’acceptent pas l’inéluctable…. ça fout un coup au moral. Pas de l’amitié, mais de l’utopie de la quête…

 

S’investir… Ca a toujours été un mot important dans mon vocabulaire. Parfois trop, parfois à l’épuisement ou même l’écoeurement…

Je crois qu’on y est….

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10Commentaires

  • Elo dit :

    Bonsoir
    Je suis HP, maman d’un petit collégien HP, et principale d’un collège, et je partage à 100% votre analyse et votre déception face à l’EN. L’etat du collège français est tout bonnement lamentable… et entre 2 crises de colère pleine de détermination à changer le monde, je me résigne car je connais trop bien la réalité : si je monte au créneau, même si les textes officiels me donnent raison et malgré toute la diplomatie dont je saurais faire preuve, ce serait mon fils qui payerait le prix (fort) de mon impudence…. oser demander à chacun de faire son travail…
    Alors je me tais, je soutiens mon fils tout en lui remontant les bretelles quand il le mérite, et j’attends patiemment que ces 4 années de grand n’importe quoi (celles du début de l’adolescence, celles où ils sont le plus vulnérables -dommage pour eux-) passent…en espérant qu’elles ne créent pas trop de dommages collatéraux, ou rien d’irréparable…
    Pauvre France…

  • Ysaline dit :

    Bonjour,

    En vous lisant, j’ai l’impression que c’est moi qui parle.
    Idem avec ma fille (qui a sauté la MS) et qui s’ennuie en sixième.
    Entrée en CP (avec un an d’avance) en sachant quasiment lire, elle a eu la chance d’être dans des classes à double niveau (jusqu’au CM 1) et d’avoir des enseignantes intelligentes qui lui donnaient le travail de la classe au-dessus quand elle avait terminé le sien. Sauf que l’an dernier, en CM2, pas de classe au-dessus donc ennui…
    Pas étonnant que l’ennui soit grandissant pour cette première année de collège, puisque le nouveau programme de 6e est quasiment identique à l’ancien CM2…
    De plus, avec la fin du redoublement, les élèves en difficulté sont de plus en plus nombreux et freinent toute la classe…
    Comme votre fille, elle se demande pourquoi elle va au collège, dit que ça ne sert à rien et apprend plein de choses en lisant. Sauf que je n’envoie pas ma fille au collège pour qu’elle lise les livres de la bibliothèque (qu’elle emmène au collège).
    Comme vous, très peu de profs lui donnent du travail supplémentaire malgré ce que certains m’ont promis lors des réunions parents-profs.
    Doit-on lui faire sauter une deuxième classe ? Avis partagés de certains profs… Plutôt pour pour la plupart… Mais, la directrice ne l’a jamais fait…, alors reste très prudente…

    Merci de votre partage et bon courage pour votre fille.

    • yael dit :

      Bonjour, déjà c’est délicat de lier la fin des redoublements à un ralentissement de la classe. Statistiquement le redoublement, n’amène pas de meilleurs résultats (l’élève passe en plus un an de plus au collège… peu de chance que ça accélère le rythme général !) et est calamiteux en termes d’estime de soi.

      Par ailleurs, au risque de fâcher certain.e.s, le collège sert aussi à développer d’autres choses que les connaissances “pures”, la capacité à travailler en groupes pour élaborer un projet commun par exemple, de tolérer d’autres rythmes et façons de faire. Certains enfants zébrés ont une bonne marge de progression dans ce domaine…

      Enfin nos zèbres peuvent être à tendance tout-ou-rien : un enfant qui dit que “l’école ça ne sert à rien” n’est pas forcément à entendre de façon absolument littérale, pas toujours en tout cas. Dans ce cas précis une jeune fille qui dit s’ennuyer beaucoup-beaucoup a peut-être effectivement besoin d’être occupée en sautant une classe.

      • Ysaline dit :

        Bonjour,

        Le redoublement n’est pas toujours LA solution miracle, j’en suis consciente.
        Il n’empêche que certains élèves qui passent au niveau supérieur sans avoir acquis ce qui est demandé, ralentissent la classe dans le sens où les enseignants sont obligés de revenir sur des notions qui devraient être acquises – depuis longtemps – mais qui ne le sont pas. Donc, dans ce cas, le programme prévu stagne.
        Exemple : en maths en 6e, ils ont revu toutes les façons d’obtenir 10, en ajoutant deux nombres entiers : 1 + 9 = 10, 2 + 8 = 10, etc… Ceci est du niveau CP !!!! Pensez-vous qu’il est normal que des enfants qui ne connaissant pas cela se trouvent en 6e ?
        Je connais deux adultes (qui ont la quarantaine) qui ont redoublé leur CP, car à l’époque, un enfant qui ne maîtrisait pas correctement la lecture ne passait pas en CE1 (à cette époque, les parents ne faisaient pas obstacle aux décisions des enseignants !) et qui ont terminé leur cursus scolaire avec bac + 5 !
        Il est aussi plus facile de “rattraper” un an de lacunes que 5 années…
        En les faisant passer, ils cumulent les lacunes et se retrouvent noyés, d’où le nombre croissant d’enfants en difficulté au collège, aussi bien en maths qu’en français. L’absence de maîtrise correcte de la lecture étant un handicap dans toutes les matières.

        Oui, redoubler peut porter atteinte à l’enfant si les causes du redoublement ne sont pas expliquées ou mal expliquées. Mais, je ne pense pas qu’un collégien, noyé sous les lacunes qu’il traîne depuis l’élémentaire, est plus heureux… Imaginez la honte de ne pas savoir additionner deux nombres entiers…

        J’ai connu aussi deux enseignants qui avaient une classe unique (chacun dans un village différent). Systématiquement, la lecture était abordée en grande section. Ensuite, les enfants, qui savaient lire, sautaient une classe et passaient en CE1. Les autres allaient en CP pour poursuivre l’apprentissage de la lecture. Et, en CE1, tous les élèves pouvaient suivre le programme correctement. De plus, à cette époque (années 70-80-90), les enfants rentraient à l’école, à 4 ans, en moyenne section. Cette pratique évitait aux élèves de subir le redoublement et permettait à tous de quitter le primaire avec un niveau correct.

        Avant de proposer le redoublement, du soutien peut être proposé…
        Et puis, tous les enfants ne sont pas aidés de la même façon. En fonction du niveau d’études de leurs parents, de leur disponibilité, de leur salaire, ils peuvent trouver les moyens de progresser…

        Oui, le travail en groupe permet aux enfants (zébrés ou pas !) de voir que d’autres fonctionnent autrement qu’eux, comprennent moins vite. Cela leur demande de prendre beaucoup sur eux… de s’armer de – beaucoup de – patience !

        Tout cela n’est pas simple !

        Cordialement.

        • yael dit :

          Bonjour,

          La question du redoublement est intéressante parce que la réponse “statistiquement juste”, sur le grand nombre est contre-intuitive : ce système ne permet de facto pas de combler les lacunes et un élève en difficulté que l’on fait redoubler a acquis, en fin de parcours, moins de compétences (connaissances… rayer ou ajouter les mentions au choix) que son copain avec le même profil que l’on n’a pas fait doubler.
          Après toute règle a ses contre-exemple et je fais le pari (là pour le coup, c’est de l’intuition, pas de l’étude de cohortes !) que les connaissances “lambda” des familles zébrées font efficacement mentir les statistiques…

          Ensuite le système scolaire actuel est difficilement comparable à celui d’il y a 40 ans… heureusement pour ma famille et sans doute bien d’autres. Nous avons en effet 4 garçons, dont 3 zébrés et 2 en situation de handicap, les 4 sont multidys. Sans la loi de 2005 sur le handicap, mon 4ème, mon plus jeune, serait déjà évacué du système scolaire ou en passe de l’être (il a 6 ans…;) et mon aîné de 13 ans serait bien mal en point (possiblement déscolarisé). Mon 2ème serait assurément déscolarisé sans les textes de l’Education nationale sur le haut-potentiel et le 3ème irait bien mal sans ces mêmes textes. A choisir, je préfère le système d’aujourd’hui qui laisse la place à bien plus de diversité… et je vois-sais-vis (quotidiennement !) que ce n’est absolument ni parfait… ni simple !

  • Frédérique CAMPFORT dit :

    Je suis désolée aussi de lire le commentaire concernant la petite dernière de L. . Décidément, cette année, elle n’aura pas été gâtée…

  • Frédérique CAMPFORT dit :

    Je ne ne sais pas quoi te dire, ça me rend triste ce gâchis…
    Ça m’attriste aussi quand je vais (ce matin) à une présentation de la section bachibac dans un super lycée, que les profs paraissent très sympas, investis, dynamiques et animés des meilleures intentions, que les élèves présentant la section sont enthousiastes concernant leur travail, leurs professeurs, l’échange d’un mois avec l’Espagne… Et que ta fille, qui adore l’espagnol et a 20 dans cette matière, te dit qu’elle ne sait pas si elle est suffisamment motivée pour s’inscrire, pour ne pas avouer qu’elle a surtout peur de ne pas réussir, ou peur d’échouer en n’étant pas retenue… Quand sa copine, qui est en phobie scolaire, veut aller voir leur prof pour lui demander de les inscrire à un mini-stage d’immersion dans ce lycée dès cette fin d’année, et que ta fille a trop peur d’être noyée pour décider… C’est vrai, pour une fois qu’elle vivrait une expérience intéressante, elle fait mieux de rester dans sa petite routine, où elle ne risque pas d’être mise en difficulté…

    • La Fille dit :

      C’est bien compliqué tout cela. Ca correspond également à une période de fragilité pour elles. Elles sont bien jeunes, en pleine transformation…
      Bien sûr qu’elles y arriveront
      Bien sûr que S. réussirait un tel lycée.

      Mais il se passe tant de choses dans leur tête, leur corps, leurs émotions….

      J’espère qu’elle pourra se décider et profiter de cette chance!

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