Quand on marche sur la tête

Il y a des fois où notre chemin croise celui d’équipe pédagogique à l’écoute, qui prend en compte les besoins de l’élève. Pas toujours du premier coup, pas toujours comme on le souhaiterait. Mais eux aussi ont des doutes et tâtonnent.

Il y a des fois où, sans doute aucun, l’Education Nationale marche sur la tête.
Des fois, où cette tête, on se la creuse, vraiment, pour comprendre leur logique, pour voir à travers leurs yeux l’intérêt de l’enfant.

On peut garder de la bienveillance (d’autant que je ne suis pas concernée personnellement), de l’ouverture d’esprit, on peut retourner les décisions dans tous les sens.. on en voit pas!

Il y a des fois, où l’on se demande quelle est la motivation des décisions prises.

Parce que  même pour une personne, qui ne s’y connaîtrait pas  beaucoup en sciences de l’éducation, ou en psychologie de base, ou en éducation bienveillante, l’évidence saute aux yeux.

Alors ce soir, je voudrais partager avec vous deux histoires. L’une sera lue par la maman, l’autre pourquoi pas. L’une a été entendue aujourd’hui lors d’échanges à la pause du congrès Psyrène (oui, oui , un peu de patience, je viendrai vous en parler), l’autre au cours d’échanges épistolaires (dit-on encore “épistolaires” quand le facteur est électronique?).

 

La première est l’histoire de deux jumelles de 4 ans. Elles ont fait une TPS, puis une PS. Elles déchiffrent, elles sont bien insérées socialement, elles ne posent aucun problème, ni d’apprentissages, ni de comportement.
En ce jour de fin d’école, les parents apprennent, par courrier, que l’une ira en MS et l’autre… sera maintenue en PS!
Pourquoi ? Parce qu’il est très mauvais de laisser des jumeaux dans la même classe!

Ca vous fait bondir ???? Les parents aussi! L’ancien référent EIP du Rhône aussi! Moi aussi!!!

Les parents ont reçu des conseils avisés sur la marche à suivre, sur les personnes à mobiliser, sur l’espoir à garder… J’espère que cela se réglera tant la situation semble ubuesque.

L’autre est l’histoire d’un collégien. Brillant! Ses résultats scolaires sont excellents. Il se passionne pour l’allemand et bien d’autres choses. Mais il s’éteint en 6°. Il n’en peut plus. Il souffre.
Ses parents ont fait le maximum pour que lui soit accordé le saut de classe, le Graal.
Mais le corps enseignant fait traîner, met les parents à l’écart des réunions qui concernent pourtant leur enfant et son avenir. Comme j’ai pu le vivre à différents moments de la scolarité de Zébrette, des fake news (comme on dirait aujourd’hui) sont dispensées. “non on ne peut pas sauter en 4°… il pourra glisser l’an prochain”. “non à cette période de l’année ce n’est pas possible” etc
Et comme il ne peut rien être reproché à ce jeune homme sur ses résultats scolaires, on sort l’argument massue fourre-tout : la maturité.
Vous comprenez, il tient à son espace vital ce gamin. Aussi érige-t-il une barrière de couleurs, de trousses et de crayons pour séparer sa table. Signe évident qu’il n’est pas assez mature pour aller en 4°.
Je n’en parlerai pas plus, gardant nos échanges privés, mais si l’EN marche sur la tête, ce collégien peut être assuré du soutien et de la compréhension sans faille de ses parents… et il a là le plus beau des atouts!

Parfois, l’Education Nationale marche sur la tête. Parfois avec tant d’évidence qu’elle nous laisse désemparés. Autant par la décision que par sa bêtise.

Mais comme l’écrit si joliment la maman

je trouve nos enfants TRES forts, ils doutent beaucoup certes, ils sont parfois rongés d’angoisse et morts de peur et ils peuvent trébucher et tomber aussi, mais ils sont de vrais petits rocs à l’intérieur , il y a comme une petite voix en eux, une étincelle , un “truc” qui les pousse toujours à ne pas abdiquer, à ne pas se conformer, à garder la tête haute malgré les coups, et tant que ce ” truc” sera intact ( et nous , inlassables parents sentinelles,nous veillerons à ce qu’il le reste…;) tout est possible, et surtout le meilleur

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