Les chemins de la réussite

J’ai reçu ce livre des Editions Tom Pousse et si il avait été écrit il y a quelques années, je l’aurais offert en masse aux écoles que la Zébrette a fréquentées.

Enfants et adolescents précoces : les chemins de la réussite à l’école

Il est écrit par Pascal Mercier avec la collaboration de Laurent Turc.

Pascal Mercier : Ancien Conseiller du Recteur de l’académie de Grenoble, il connaît de manière approfondie les réalités du système éducatif français, ayant exercé les fonctions d’instituteur, de conseiller pédagogique, d’Inspecteur de l’Éducation nationale, de Directeur départemental de la Jeunesse et des Sports.

Laurent Turc : Professeur des écoles de 1994 à 2005 dans des classes à double et triple niveau dans lesquelles il a notamment pratiqué la pédagogie Freinet et la pédagogie institutionnelle. Depuis 2006, il enseigne au collège Jules Ferry de Chambéry où il coordonne depuis 2009 le dispositif d’accueil des élèves intellectuellement précoces. Il est aussi professeur formateur académique.

La description de l’éditeur : (cliquez sur l’image et vous pourrez accéder au site, afin de feuilleter le livre)

Dans une école qui privilégie l’activité intellectuelle comment expliquer que des enfants à haut, voire très haut potentiel intellectuel – les élèves précoces – puissent n’y pas réussir ?

Dans une école qui privilégie l’activité intellectuelle, qui sacralise comme parcours d’excellence le baccalauréat général et les classes préparatoires aux grandes écoles, comment expliquer que des enfants à haut, voire très haut potentiel intellectuel – les élèves précoces – puissent n’y pas réussir ?
Surprenant paradoxe que de constater que seuls 50 % environ de ces élèves feront un parcours brillant, sans encombre, alors que tant d’autres connaîtront l’échec, le refus anxieux de l’école, divers troubles psychologiques, souvent importants. D’autres, enfin, pour « être comme les autres » se réfugieront dans la sous-réalisation, dans l’effacement.
Pour tous ces enfants, ces adolescents qui peinent à s’adapter à un système éducatif rigide, hypernormé, ce sont des parcours scolaires chaotiques, parfois des destins scolaires ou personnels brisés, des familles dans l’angoisse.
Cet ouvrage naît de la rencontre d’acteurs aux rôles différents au sein de notre école. Il a l’ambition d’être un outil pour l’action éducative, à destination des cadres éducatifs, des enseignants et des parents.
Mais pour agir, il faut revisiter nos représentations concernant ces élèves différents, comprendre leurs besoins et s’engager, avec eux et leurs familles dans un partenariat équilibré, mais mutuellement exigeant.
C’est alors que peuvent réellement s’engager des processus éducatifs, des stratégies pédagogiques fécondes qui ne relèvent pas d’une pédagogie « spéciale », réservée à certains, mais qui sera profitable à tous. Cet ouvrage s’inscrit dans la perspective d’une école inclusive à venir, « une école pour tous et pour chacun, qui s’adapte à la personne et non l’inverse. » (Charte de Luxembourg Communauté Européenne 1996).

Ce livre se compose de 6 chapitres comme autant de verbes : Ecouter – Comprendre – Connaître – Reconnaître – Dialoguer – Agir

Ecouter … ou plutôt lire les témoignages de parents d’enfants HP sur le parcours scolaire de leur(s) enfant(s)… Bien sûr, l’une ou l’autre ou plusieurs résonneront en vous…. Bien sûr, ils sont tous différents. Mais la conclusion est là : Tous les éléments organisationnels et pédagogiques existent et sont aisément mobilisables par les acteurs. Les principes sont inscrits dans les textes réglementaires et sont à la portée de tous.

Comprendre ( la singularité de l’école française vis à vis de la diversité et du hpi) : un petit rappel sur ce qu’est le HPI. Je retiendrai ce passage:

Dans le système scolaire français la question de la précocité, du haut potentiel, pose difficulté car elle vient raviver le débat sur les dons et entre en forte contradiction avec le système de valeurs sur lequel se sont adossés de générations d’enseignants. Dans d’autres domaines, cette question ne se pose pas. Qui s’offusque des plans de détection des fédérations sportives dès le plus jeune âge? Qui s’offusque de la sélection opérée pour les jeunes enfants à l’entrée au ballet de l’Opéra de Paris?

La partie sur les comparaisons avec d’autres pays de l’OCDE m’a intéressée et m’a appris des choses (quant au classement Pisa qui n’est pas bon.. mais pas pour tout le monde). En France, la différence est perçue comme une difficulté. Pour de nombreux enseignants, la présence en classe d’élèves différents est encore vécue comme une charge… rarement comme une richesse… Ce n’est pas moi qui le dit , c’est l’auteur 🙂 L’historique de l’enseignement en France ainsi que la comparaison avec les autres systèmes est un éclairage intéressant.

Connaitre : Quelques notions sur le Wisc le QI et les différents profils de HPI, les dyssynchronies, les troubles des apprentissages et l’effet Pygmalion négatif. Ce n’est pas un discours, juste des rappels.  Ce chapitre parle des difficultés que peuvent rencontrer ces élèves. J’ai apprécié que l’auteur considère la sous-réalisation comme un vrai gâchis. Même si ces enfants ne sont pas en échec, cela reste un vrai problème.. ou devrait le rester. J’aime aussi la phrase “c’est donc une doubla adaptation qui doit s’opérer : de l’institution vers l’enfant, et de l’enfant vers le monde scolaire tel qu’il est”. Tout ne peut ni ne doit venir de l’école. Car oui, je le pense, l’enfant doit aussi pouvoir s’adapter….

Reconnaitre : La fausse excuse de l’égalité républicaine… En voilà un titre prometteur. Vous trouverez tous les articles, textes de loi, dispositifs possibles, aménagements envisageables..

Dialoguer : Le dialogue que tant de parents réclament, que tant d’enseignants souhaitent. Philippe Mérieu : ‘Il n’existe pas d’autre pays que la France qui ait construit un système scolaire à ce point contre le système familial“. Et de rappeler que le principe de co-éducation si il est dans la loi, n’est pas encore partagé ni accepté par tous.  Le rappel que les élèves HPI forment un groupe hétérogène ou que les résultats du Wisc sont confidentiels et ne doivent être communiqués qu’au médecin ou psychologue scolaire sont frappés au coin du bon sens. Le chapitre explique comment construire un partenariat formalisé pour la réussite d’un EIP. Certes, je ne suis pas d’accord avec tout, mais connaître les protocoles et les mécanismes de l’EN n’est pas du superflu. Je pense à ces parents qui ne sont pas invités aux équipes éducatives….

Agir :  sans nul doute le chapitre qui m’a le plus appris. Celui qui m’a donné le plus de regret aussi. Exposé tel que, cela semble si simple. Pour les HP mais pour les autres aussi. Peut-être que les enseignants sont formés à cela … ou pas… Je ne saurais dire. Mais pourtant, tellement d’outils, pratiques, applicables. Tellement de pistes (qui auraient pu éviter à Zébrette les multiples accélérations de cycle, qui si elles sont bénéfiques pour le moment, la feront partir de la maison bien trop tôt). Une petite quarantaine de pages, avec des exemples concrets d’application, de l’équipe éducative à l’éducation à la différence, de la médiation au projet personnel, du compactage à la classe inversée, en passant par la complexification ou le projet pluridisciplinaire, les contrats d’évaluations et la métacognition (apprendre à apprendre) en exercice de 5 minutes…. Je crois que si Zébrette avait encore été au primaire ou au collège, j’aurais abordé les réunions avec les profs différemment. Je ne doute pas qu’ils soient volontaires pour différencier. Je doute juste qu’ils sachent (pour certains) comment faire. Et Laurent Turc partage des fiches, des expériences, des projets, des idées… A lire absolument…..

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2Commentaires

  • Merci pour cette présentation de l’ouvrage. J’ai voulu qu’il soit partageable tant par les enseignants que par les parents. Le dernier chapitre est effectivement plus pédagogique. C’est le contenu et la démarche que nous utilisons en formation avec Laurent Turc.
    Pascal Mercier

  • Cilou dit :

    C’est pas ce livre qui fera aimer l’ecole À mon zèbre malheureusement même si j’en ne doute pas de son intérêt en règle général ! Ceci dit j’ai vu le débat après le magazine infrarouge et je n’ai pas été étonnée plus que ça par l’éternelle langue de bois de l’EN, Jeanne Siaud Fachin a été bien urbaine de n’en pas rebondir …

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