Éduquez vos enfants, bordel!

C’est un peu (beaucoup?) ce que nous suggère Caroline Goldman, psychologue pour enfants et adolescents, est docteur en psychopathologie clinique de l’Université Paris 5 Descartes, enseignante à l’université et formatrice.

Elle est interviewée dans cet article : cliquez <>

Un article tout en nuance, comme j’aime… (c’est du second degré .. pour une lectrice qui se reconnaîtra)

Certains psychologues auto-proclamés « spécialistes » du HQI règnent médiatiquement depuis des années en France sur ce vaste marché à fantasmes sans aucun soubassement scientifique mais avec le soutien d’associations militantes très actives de parents préférant considérer leur enfant comme supérieurement intelligent, plutôt que simplement douloureux et symptomatique.

Ces professionnels ont certainement souhaité se faire aimer du grand-public en étant porteurs de « bonnes nouvelles », simples à comprendre et très narcissisantes.

Dialogue avec Caroline Goldman
3 MARS 2019, 18:27

Pour ceux qui ont besoin de sous-titre, il est bien question de Jeanne Siaud-Facchin. Monique de Kermadec ou Olivier Revol seront aussi pris à partie dans leur volonté de voir dans les enfants HP un « groupe » spécifique. avec un développement particulier.

Le rapport Delaubier (2015) en prend aussi pour son grade, mais cela est cohérent avec :

Or, ces dernières avancées en neurosciences entrent en écho étroit avec les recherches sérieuses en clinique (Brasseur et Cuche, 2017) mais aussi avec le positionnement de la psychanalyse pour qui la sur-efficience intellectuelle, bien que largement étudiée, a toujours été un non-sujet pour orienter les prises en charge des patients.

Dialogue avec Caroline Goldman
3 MARS 2019, 18:27

Si je suis la première à défendre l’idée que la sur-efficience intellectuelle n’est pas la réponse à tout, je pense cependant qu’elle est un éclairage essentiel dans bien des situations. Et j’ai du mal à recevoir les adjectifs qui guident mon jugement tels que « recherches sérieuses ». J’imagine que si la psychologue cite la référence, c’est qu’elle la trouve sérieuse. Je n’ai pas besoin qu’elle me le souligne.

Même si en citant des études qui soulignent ses idées et passant sous silence celles qui vont à l’encontre, on perd l’intérêt de l’argumentation.

Elles affirment également l’absence de singularité parmi les caractéristiques de leur cerveau, absolument équivalentes aux autres (Ramus, 2018 )

Dialogue avec Caroline Goldman
3 MARS 2019, 18:27

Les études de Fanny Nusbaum, Dominic Sappey-Marinier et Olivier Revol sur le même sujet et tout aussi récentes ne sont pas citées. Elles proposent pourtant des conclusions bien différentes.

Dans ma pratique libérale auprès de ces enfants, je rencontre en très grande majorité des problématiques limites avec troubles du comportement, […]. Chez ces enfants mal limités et à HQI, la soif d’apprendre et de maîtriser l’information apparaît fréquemment comme un moyen inconscient de nourrir une illusion de force et d’ascendant sur les interlocuteurs adultes […]mais aussi constituer le seul moyen de canaliser […] leur excitabilité […]. Je pense donc que nos pseudo spécialistes ont attribué cette symptomatologie à leur HQI alors qu’elle découlait d’une problématique limite .[…]

Dialogue avec Caroline Goldman
3 MARS 2019, 18:27

Je respecte, même si je ne les partage pas du tout, les avis d’autrui. Mais j’ai du mal avec le dénigrement gratuit. « Pseudo-spécialistes »… Si les critères pour être considéré comme « spécialistes » peuvent être vagues, ceux pour être considéré comme « pseudo-spécialiste » le sont plus encore. Je n’ai pas de mal à imaginer les personnes visées. Leurs noms défilent devant mes yeux. Pourtant, si leurs thèses ou écrits ne corroborent pas les avis de Caroline Goldman, elles sont largement considérées comme spécialistes du sujet. Et on peut tout à fait être deux spécialistes aux avis divergents.

Mais si on s’attarde plus sur le fond de l’article, considérer les HQI qui consultent comme des enfants mal limités me semble très réducteur. Et les psychologues n’échappent pas aux critiques, eux qui « s’interdisent de guider les parents pour rétablir les limites éducatives défaillantes sur la scène familiale ».

Bref personne ne sait y faire et un peu d’éducation réglerait bien tout cela. Attention… je ne dis pas qu’un HPI n’a pas besoin de limite, d’une fermeté bienveillante comme dirait Olivier Revol, mais rapporter tous les sujets et questionnements de consultation à un problème de limite éducative est un raccourci dérangeant.

Nous nous trouvons alors face à une impasse : que faire si les psychologues ne souhaitent pas plus que les parents incarner cette fonction limitante (donc frustrante) que l’enfant appelle par sa symptomatologie ?

Dialogue avec Caroline Goldman
3 MARS 2019, 18:27

Ces mêmes psychologues pourront revoir leurs pratiques puisqu’ils apprendront l’inutilité des bilans voire leur caractère non déontologique!

Aux parents des enfants dont les symptômes ont déjà été imputés à ce chiffre de QI, de ne pas tomber dans les solutions stéréotypées de sauts de classe, de sur-stimulations ou d’hyper-tolérance à leurs excès : s’entendre répondre qu’on veut du silence ou du calme (que ce soit en classe ou à la maison) n’a jamais propulsé aucun enfant, même très intelligent, dans un malheur insurmontable.

Dialogue avec Caroline Goldman
3 MARS 2019, 18:27

J’aimerais bien connaitre les solutions proposées par Caroline Goldman. Parce que j’ai bien compris ce qu’elle dénigrait, mais pas ce qu’elle proposait.

Si la mise en passivité lui est intolérable, c’est qu’il y a un problème d’un autre ordre (dépression ou problématique limite) qui nécessite, lui, d’être traité, et ce tout à fait indépendamment de son QI (Goldman, 2012).

Dialogue avec Caroline Goldman
3 MARS 2019, 18:27

Oui la mise en passivité peut être intolérable, lorsque l’on est enfant, ado ou adulte. C’est même un levier bien connu lorsque l’on souhaite la démission d’un collaborateur. Et cela n’a que peu de rapport avec une problématique limite ou une dépression. Sauf à dire qu’elle est la cause de la dépression. Alors on peut traiter cette cause, qui n’est pas forcément un « problème » et qui peut tout à fait être lié à une sur-efficience intellectuelle.

Les HQI qui consultent ne sont pas tous des rebelles enfants-roi et les parents ne sont pas tous en recherche de réparation narcissique….

Autant je ne comprends pas les personnes qui attribuent toutes les caractéristiques et les problèmes rencontrés par leurs enfants au HQI, autant je ne comprends pas non plus celles qui rejettent systématiquement tout lien, ne reconnaissant aucune spécificité.

La Vérité est toujours multiple, mais certainement quelque part entre ces extrêmes.

2 Comments

  • Je mets ma main au feu que cette dame n’est pas HQI
    « …nourrir une illusion de force et d’ascendant sur les interlocuteurs adultes… » c’est juste choquant !

  • En fait, cette dame n’a jamais dû lire un livre d’Olivier Revol ni de Jeanne Siaud-Facchin ou Monique de Kermadec, ni dû suivre une conférence organisée par l’AFEP car moi qui en ai suivis ou lus beaucoup, je n’ai jamais vu ces spécialistes faire un éloge simpliste du Haut Potentiel, ni nier les difficultés possibles ou dire que ces enfants n’ont pas besoin d’éducation ! bien au contraire, ils donnent des outils pour les comprendre et les aider à trouver leur chemin, les éduquer avec un respect certain de leur personnalité… ce qui devrait être ainsi pour tout enfant, d’ailleurs, non ?

    Quelle honte de s’attaquer ainsi à des professionnels qui ont guidé et aidé tant de familles.

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