Sur le chemin du TSA : des conversations difficiles

Tout ce que j’écris dans ces billets « Sur le chemin du TSA » ne relève pas forcément du TSA…. Parce qu’au fond de moi, je ne sais pas ce qui est typique ou atypique, spécifique ou pas.

Alors, je vous pose tout là, un peu en vrac, afin que vous puissiez trier, voir si cela fait écho en vous ou pas, et vous faire votre propre idée. THQI, TSA, ou juste Ado….

Les conversations difficiles sont surtout flagrantes au téléphone.  Elles sont si laconiques au naturel, que son père, maintes fois hospitalisé, préférait ne pas l’appeler. Sa “froideur” au téléphone le rendant plus triste que s’il ne l’avait pas du tout.  Avec moi, c’est “je te dirai quand tu seras là”, même si je dois rentrer plusieurs jours plus tard.

Elle ne sait pas ce qu’il faut dire, ce qui doit se dire.

Par exemple, elle rend service à une camarade de classe qui a des difficultés avec un exercice de maths. Elle lui explique patiemment au téléphone, c’est factuel. La jeune fille comprend l’exercice et remercie l’Ado qui mettant le micro off me dit. « les relations sociales je n’y arrive toujours pas. Je ne savais pas quoi lui dire parce qu’elle était contente. Alors j’ai dit ‘top’. C’est bon ? « .

Une autre fois, elle reçoit un texto de sa monitrice d’équitation qui lui demande l’état de ses blessures après une chute. Elle répond encore factuellement. La monitrice répond « soigne toi bien ». Et là elle me demande un peu inquiète « Maman, qu’est-ce que je dois faire ? Répondre ? ou pas ? et quoi répondre ? ». Et pourquoi pas envoyer simplement « Merci et bon week-end à toi ».

Mais il n’y a pas que le téléphone qui pose problème. Les conversations alentour également.  Quand elle me raconte une anecdote dans laquelle sont impliquées des conversations d’autres (profs, camarades, journal TV, etc…;), c’est systématiquement ponctué de ‘bon, j’ ai pas compris ce qu’il disait. Elle a ce type d’exclamation même sur des sujets très simples, qui la concernent ou pour des informations qu’elle attend vraiment (ce qui exclut l’inattention)…

Cela peut avoir du bon, pour le parent que je suis 🙂 . Quand on lui demande d’arrêter les jeux vidéos en ligne (à l’époque où elle y jouait), elle obtempère très rapidement. Si rapidement, qu’elle peut omettre de dire à ses camarades qu’elle arrête, ou la raison de son arrêt. Combien de fois, quand j’ouvre la porte pour lui dire « c’est le moment d’arrêter » je l’entends leur réponde. « Salut » et elle coupe dans la seconde. Même pas « mes parents m’appellent » ou « il est temps que j’arrête » ou « je n’ai plus le droit de jouer« … ce qui ne manque pas de les laisser interrogatifs…et dans l’incompréhension (provoquant parfois chez eux des réactions d’exclusion en retour).

Un autre comportement qui peut être mis sur le compte du THQI, depuis qu’elle est enfant, c’est la déconnexion. Quand on discute avec elle, elle peut “déconnecter” quelques secondes, être totalement ailleurs, sans prévenir, le regard vide. Puis elle revient. Je l’aide par un claquement de doigt. Heureusement, quand elle était sujette aux spasmes du sanglot, nous avions fait des EEG pour éliminer l’hypothèse d’une épilepsie. Car ça ressemblait vraiment à quelqu’un qui avait coupé le courant dans le circuit neuronal.

Bon, je ne parlerai pas ici des conversations souterraines. Celles qui commencent normalement avec nous, semblent se poursuivre le temps d’un éclair dans sa tête, loin de nos oreilles, pour resurgir, telle une rivière, à l’oral mais loin du point où elle s’était arrêtée, nous laissant perplexes et essayant de refaire son chemin intérieur, pour remettre les pièces du puzzle en place 🙂

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