C’est une année scolaire bien particulière qui se termine.

A tout point de vue.

Une année qui a un goût d’inachevé, un goût de dérobade. Des années que l’Ado s’imaginait son bac, les épreuves qui s’enchaînent, les révisions qui précèdent. Des années qu’elle stressait en se demandant comment il était possible de réviser autant en si peu de temps ! Ça aurait dû être son premier examen, elle qui n’a pas passé le Brevet. Mais les circonstances en ont voulu autrement. Elle n’aura pas « vécu » son bac.

Une année qui a un goût de renoncement. Les épreuves du Championnat de France de CSO ont été annulées. Elle ne défendra pas les couleurs de son Sport-Etudes. Elle ne s’essaiera pas à la Club1. C’est certainement sa dernière année de concours.

Une année qui a le goût des au-revoir. Elle avait réussi à s’intégrer parfaitement dans le petit effectif de sa classe, et au-delà. Enfin ! Ses années Lycée sur ce Campus de Fontlongue ont été des années qui resteront comme les meilleures de sa scolarité. Cette année de terminale magique !

Une année qui a le goût des expériences. Des premières soirées entre ados, des premiers tours de roue en voiture… Ils n’ont pas passé le bac, mais ils l’ont fêté quand même. Entre bacheliers lors d’un bivouac. Entre cavaliers sur cette photo que j’aime beaucoup.

Une année qui a le goût bien sûr du confinement. Honnêtement, cela n’a pas vraiment gêné l’Ado. Mais, c’est certainement le début d’une ère nouvelle. Celle de devoir vivre avec. Avec le virus, avec la peur de le contracter, d’en mourir. Ça parait sûrement alarmiste pour bien d’entre vous, mais on a vécu cela de l’intérieur et pas du tout envie de recommencer.

Alors voilà.. ParcoursSup a donné ses résultats en même temps que le déconfinement (ou presque).

L’Ado avait bien préparé le terrain. Six mois qu’elle voulait nous convaincre que la CUPGE c’était nettement mieux qu’une CPGE. Une lettre qui change tout.

Elle veut toujours faire véto. Il y a plusieurs concours qui permettent d’accéder au Graal.

Le plus connu le concours A. Une prépa (CPGE) sélective et difficile. Une prépa synonyme de stress, éloignement, travail, tension, et arrêt de l’équitation. Une prépa qu’elle ne voulait pas. Une prépa en 2 ans dans le meilleur des cas.

Et puis il y a le concours B. Moins connu. Il se prépare en licence SVT, à la fac. Un cursus spécial et sélectif également (25 places à Marseille, seule fac de PACA à le proposer). Un cursus en 3 ans, avec un concours beaucoup plus basé sur les connaissances générales, l’investissement, les notes du bac et du cursus, les activités extra scolaires. Un cursus qu’elle voulait partager avec son amie du lycée. Un cursus à 1h de la maison (meilleure fac de France pour ce concours B avec Orsay). Un cursus qui n’est pas du bachotage. Un cursus qui lui laisse le temps de l’équitation. Un cursus qui rassure. Pas loin, pas seule…

L’Ado est convaincante. Et puis c’est son choix, sa vie qu’elle prépare.

Mais voilà…. ParcourSup rend son verdict.
Elle est acceptée dans tous ses choix, que ce soit médecine, CUPGE à Marseille, ou prépa (même à Marseille d’ailleurs).

Et elle est acceptée dans la seule prépa parisienne qu’elle ait demandée. Une prestigieuse. Le Lycée Saint-Louis. Une si bien classée pour le concours véto. C’est une amie qui m’avait conseillé de mettre ce choix là. Sinon, ni elle ni moi n’y aurions songé. Elle parce qu’elle ne connaissait pas. Moi parce que je pensais cela inaccessible. Elle est acceptée à Saint-Louis mais également à l’internat. Il n’y a que 24 places pour sa section. Un signe ?

En 24h, l’Ado change d’avis. Du tout au tout. A la poubelle les arguments patiemment avancés pour la CUPGE. A la poubelle les mois de lobbying pour que l’on trouve que son choix est le bon choix. A la poubelle… la proximité des études.

L’ado choisit Paris et sa CPGE.

Quelques semaines plus tard, elle aura la confirmation sans surprise de son Bac S mention Très bien , avec largement plus de 17 de moyenne, objectif qu’elle s’était fixé.

Voilà… je savais que ça allait arriver. Le Bac…. et ce qu’il signifie… son départ de la maison.

Si j’avais adhéré aussi facilement à son projet de CUPGE, c’est je pense, parce qu’il garantissait 3 ans pas loin de nous. Des week-ends à la maison, des déjeuners ensemble de temps à autre en semaine.

On n’est, j’imagine, jamais vraiment préparé au départ de son enfant. On ne l’est pas plus quand c’est son enfant unique ou le dernier qui quitte le nid. Mais quand il a 15 ans, on a un peu l’impression d’avoir été volé. Je souris quand je pense aux arguments des gens bien intentionnés contre les sauts de classe. On leur vole leur enfance. Ah non alors. Si on la vole à quelqu’un c’est aux parents. Pas aux enfants/ados. Elle n’a jamais été aussi épanouie. Elle!

Alors voilà… Dans l’urgence il faut s’y faire. Se reconditionner. S’habituer. Imaginer. Le meilleur et non le pire. Et la laisser partir. En se disant que rien ne change vraiment. Mais en n’étant pas dupe une seconde. Tout va changer dans quelques semaines. Totalement.

Le bac ne vaut plus rien aujourd’hui. Tout le monde le sait. Mais c’est un Sésame. Vers autre chose. Vers l’avenir. Vers ses projets, ses choix, ses envies. Vers ses rêves.

L’Ado a décroché son Sésame. La vie s’ouvre devant elle. L’indépendance.

Va ma belle. Suis ta voie, grandit, devient l’adulte que tu veux être.

Des racines et des ailes.

C’est, j’espère, ce que l’on t’a donné.

1 thought on “Des racines et des ailes

  1. « Mes chers parents, je pars… ». C’est ce qu’elle pourra vous chanter bientôt. Et vous avez raison d’être fiers, vous avez toujours été à ses côtés (et le serez encore), et avez contribué à ce qu’elle est devenue, une belle jeune fille bien dans ses baskets, qui s’élance vers un avenir radieux, qu’elle a dessiné…

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