Michel Serres
Michel Serres

Le Point publie un joli article sur le dernier livre de Michel Serres, Petite Poucette (éditions Le Pommier).

L’interview du philosophe

Michel Serres : bienvenue à l’homme nouveau (Le Point.fr – Publié le 14/06/2012)

En quelques décennies, tout a changé : la naissance, la mort, le temps, l’espace. Le philosophe rappelle dans « Petite Poucette » (Le Pommier) que l’humanité a toujours gagné plus qu’elle n’a perdu.

La Fille trouve que tout l’article est intéressant et ira sûrement dépenser des sous sur Amazon pour ajouter un livre sur sa pile qui tangue dangereusement. Et comme elle aime partager, un petit extrait pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur le lien de l’article complet.

L’optimisme n’exclut pas la lucidité. Or on dirait que vous vous interdisez tout jugement négatif sur l’époque. Ne voyez-vous que des avantages à la disparition des hiérarchies élève/professeur, lecteur/auteur, patient/médecin ?

Je ne vais pas me lamenter parce que les relations entre élèves et professeurs ne sont pas les mêmes qu’il y a quarante ans ! Quand je pénètre dans un amphi pour faire cours, la plupart des étudiants ont au minimum consulté Wikipédia sur les questions que je traite.

Connaît-on un domaine parce qu’on a lu une fiche Wikipédia ?

Savez-vous qu’il y a un peu moins d’erreurs dans Wikipédia que dans l’Encyclopædia Universalis ? En tout cas, avant que je prenne la parole, l’étudiant a déjà acquis un certain nombre d’informations, aussi ne peut-il pas y avoir présomption d’incompétence. De même, n’importe quel médecin vous explique les différentes possibilités de traitement, voire sollicite votre avis ; il y a trente ans, quand je demandais à mon médecin de m’expliquer ses choix thérapeutiques, la réponse était : « C’est moi le médecin, laissez-moi faire mon travail ! »

Certes, mais ne cédez-vous pas à l’illusion du monde en réseau dans lequel chacun croit pouvoir être romancier, professeur… ou journaliste ?

C’est une question décisive. Il suffit de s’intéresser à la production littéraire ou musicale contemporaine pour savoir que tout le monde n’est pas Montaigne ou Mozart. Mais, en même temps, votre remarque me fait penser aux réactions suscitées par l’instauration du suffrage universel : comme vous, beaucoup de gens s’indignaient que l’on puisse donner une voix équivalente à un grand professeur et à sa concierge. Or c’est le fondement de la démocratie.

Arghhh, vous venez de comprendre l’intérêt de La Fille pour cet homme qui pense que l’avis du grand professeur vaut celui de la concierge, et que donc les billets de La Fille peuvent valoir ceux d’un vrai journaliste.

Bon d’accord, ce n’est pas exactement ce qu’il a dit, voire même il a dit le contraire. Mais c’est comme tout.. vous lisez et retenez ce qui vous plait/parle le plus. Et là, la Fille, de bien mauvaise foi ce matin, a retenu que la démocratie c’est de faire des blogs même si elle n’a aucune compétence pour cela… rhoooooo….

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