Bac à 14 ans, et après?

Le bac
Le bac

En ces périodes d’examen, nous ressortons nos marronniers de jeunes précoces qui ont leur bac à des âges où d’autres passent le brevet.

Mais une fois le Graal décroché, que deviennent ces jeunes de 13 , 14 ou 15 ans?

En 2010, est paru sur le site de l’Etudiant un dossier intéressant et documenté sur le sujet, écrit par Sophie Le Tarlié. Tiens d’ailleurs la Fille a appris que VGE (si si Valery Giscard D’Estaing) a eu son bac à 15 ans. Mais ce n’est pas la seule information intéressante de l’article, n’ayez crainte!

Pour le lire sur le site ou si il n’y est plus pour lire une copie

 

Le Sommaire

« Les trois quarts des élèves précoces s’inscrivent en prépa et font ensuite des grandes écoles. Les autres vont en fac, où ils ne réussissent pas toujours, mais pas forcément moins bien qu’un bachelier d’un âge normal »

Une chance, pour Cécile ou Mohammed, d’autres en profitent pour chercher leur voie, volontairement ou forcés par les évènements.

Tiens donc Cécile fait des études de vétérinaire et se spécialise dans les mammifères marins. Voilà un profil qui parle à la Zébrette ça  :siul

Et s’ils avaient un peu attendu avant d’avoir leur bac ? Sophie Cote, présidente de l’AFEP (Association française des enfants précoces) dénonce de son côté les établissements comme Michelet qui se font une spécialité d’amener des enfants si jeunes au bac. Selon elle, plutôt que de décrocher son bac à 13 ans sans mention, attendre quelques années pour avoir un meilleur dossier scolaire, permettrait à ces élèves d’effectuer un parcours plus brillant dans le supérieur.

La Fille se dit qu’elle est bien d’accord avec ça. Mais qu’on choisit souvent ce qui semble la solution la moins pire à l’instant T, qu’on essaie de régler les problèmes les uns après les autres. Et se retrouver au bac à 14 ans, c’est un problème qui arrive à la fin du cursus. Il a déjà fallu en régler tant avant. Souvent l’ennui, mais est-ce si grave l’ennui en soi? La dépression, la phobie. Là on commence à vraiment s’inquiéter. Et si on prend la décision du saut, à fortiori si ce n’est pas le premier, on s’en pose des questions, on les remue dans tous les sens les réponses possibles. Maintenant, La Fille suppute. Parce qu’elle refusera plus de 2 sauts de classe pour La Zébrette. D’abord, La Fille veut profiter de sa Zébrette un max de temps. Et que La Zébrette n’en est pas là !!! Et puis La Fille se rassure aussi. La Zébrette n’a pas deux années d’avance même si elle a deux sauts de classe. Le premier est un saut de puce, qui à quelques semaines près n’aurait pas eu besoin d’être.

Peu d’accès aux meilleures écoles. Les bacheliers précoces peinent en effet à s’inscrire dans les très bons établissements. […]. Au niveau du supérieur, sauf à avoir un dossier exceptionnel, les meilleures classes préparatoires acceptent rarement ces élèves. « Je suis en contact avec un jeune qui vient de passer son bac à 14 ans au lycée français de Buenos Aires, raconte Sophie Cote, et les prépas les plus prestigieuses ne le prennent pas. Elles préfèrent des élèves un peu plus âgés, dotés d’un meilleur dossier »[…] »Souvent, ils sont très forts en maths, mais ils négligent la culture, les langues, ce qui les pénalise lors des concours », explique t-elle.

Ah mais grrr alors! Maintenant la Fille imagine bien la situation. Un chef d’établissement réputé, qui n’a aucun mal à remplir ses bancs et ses pupitres, pourquoi irait-il « s’embêter » avec un élève hors-norme. Surtout si on précise que ces élèves ne sont pas forcément les meilleurs de leur classe, qu’ils peuvent avoir des problèmes d’intégration, etc. La Fille a appris depuis longtemps que la société n’était pas philanthrope. Et que chacun allait au plus facile. En tout cas, ces grandes écoles ne sont pas là pour faire dans le sensationnel, n’ont pas besoin de publicité, alors n’ont pas vraiment d’intérêt à prendre un bachelier de 14 ans. :cd

 

Et après ? De l’avis des spécialistes, les plus jeunes bacheliers sont rarement des ambitieux dans la vie active. Ils préfèrent le plus souvent rester dans l’ombre. « Comme on les a mis en avant en raison de leur précocité, ils veulent ensuite se fondre dans la masse, qu’on ne les remarque pas, explique Sophie Cote, présidente de l’AFEP (Association française des enfants précoces). Ils veulent être comme les autres et ne vont pas chercher à se démarquer. » Même constat pour Jean-Charles Terrassier, psychologue spécialiste des surdoués : « Ils ne font pas forcément des carrières fabuleuses ou exceptionnelles, car, pour cela, le quotient intellectuel compte moins que la personnalité. » Et Sophie Cote de constater également qu’ »ils sont parfois trop sensibles pour avoir envie de se confronter aux autres ».

Ah ben voilà de quoi décomplexer nombre de HP adultes! Parce que les principes peuvent s’appliquer que l’on ait eu son bac à 14 ans ou pas. Combien d’adultes HP ont l’impression d’avoir gâché leur vie, de ne pas avoir exploité leurs potentiels. Ce n’est pas toujours par manque de détection de leur statut d’EIP, mais aussi, en partie, à cause, de ce statut!

Ladislas Kiss, psychiatre, a son analyse : « Les enfants intellectuellement précoces qui arrivent à être de bons experts aiment être rassurés par leur expertise. Le fait de s’aventurer vers des terrains nouveaux les inquiète. Passant beaucoup de temps à gérer leurs angoisses, les conflits interpersonnels ; le jugement des autres et le fait de ne pas tout maîtriser les poussent à se cantonner à des exercices professionnels relativement balisés. » Mais à ce constat général restent des exceptions […]

La Fille vous conseille vivement la lecture du dossier en ligne. Parce qu’il y a de jolies exceptions qui donnent l’espoir. Oui bien sûr, il y a des EIP qui donnent des adultes heureux et équilibrés, bien dans leur tête et dans leurs baskets!!!

 

2 Comments

  • Je confirme ! Mes trois garçons ont eu leur bac à 14 ans, 14 ans et demi et 15 ans. L’un a « sauté » 3 classes, les deux plus jeunes 2 classes. Si pour l’ainé nous nous étions renseignés pour le choix de la prépa (nous avions peur de le lâcher dans la nature alors qu’il n’était pas vraiment armé) la question a été résolue d’elle-même car il n’a pas été retenu dans les « grandes prépas parisiennes » et d’ailleurs plusieurs directeurs d’etudes m’avaient confié qu’ils n’appréciaient pas trop ces « jeunes » qui leur posaient des pb. Donc pour les trois, une petite prépa de province avec integration de Centrale Marseille pour l’un, l’ENS en candidat libre pour un autre et integration en Master d’astrophysique pour le dernier.

    • Contente de lire qu’ils ont trouvé leur voie. Et pis Marseille, c’est une chouette région :cendol
      En tout cas, j’imagine bien ce que ces parcours peuvent avoir de difficile..

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :