Approche neurologique…

Olivier REVOL
Olivier REVOL

Le document explique l’approche neurologique des troubles des apprentissages.

Il est disponible sur l’excellentissime site de l’Asep (Association Suisse des Enfants Précoces) ou au format pdf


Gérard Bleandanu est pédopsychiatre auteur de « Les enfants intellectuellement précoces » ou « A quoi rêvent les enfants ».
Olivier Revol est pédopsychiatre, auteur de nombreuses publications scientifiques sur le haut potentiel, l’hyperactivité et les difficultés scolaires. Directeur du Centre des Troubles d’Apprentissage de l’Hôpital Neurologique de Lyon. Expert Scientifique PSYRENE, chargé des groupes « Enfants Précoces » et de la formation. En savoir plus.


Extrait:

Des stratégies d’apprentissage particulières
Les causes liées au profil cognitif particulier sont maintenant bien connues. De solides travaux confirment les spécificités neuro-développementales des enfants HP: augmentation du sommeil paradoxal [Grubar et al. 1997), suractivation du cortex pré-frontal lors des tâches saturées en facteur g, meilleure transmission inter-hémisphérique (In Lubart, 2006).
D’une façon générale, les enfants HP préfèrent un traitement global et simultané de l’information. Il en résulte une très grande rapidité de la pensée qui ne manque pas de surprendre un entourage non averti. L’enfant à Haut Potentiel fait intervenir des réseaux neuronaux plus étendus et active des zones corticales supplémentaires (pensée en «arborescence»). Il a volontiers recours à la mémoire épisodique, ce qui
le conduit à faire des analogies avec d’autres situations déjà connues. Tout ceci finit par donner à ses réponses un aspect intuitif qui fascine, mais aussi désarçonne son interlocuteur.
Cela ouvre la voie vers des difficultés scolaires bien connues: ennui, absence de méthode d’apprentissage, évitement de l’effort et rejet des tâches routinière et opposition.
– L’enfant intellectuellement précoce peut ressentir de l’ennui dès la maternelle lorsque l’enseignement lui paraît inadapté. Il décroche vite puisqu’ il comprend souvent avant les autres. Cela peut susciter un manque d’intérêt ou même conduire à une sorte de phobie scolaire.

  • Ce désintérêt peut finir par induire des troubles de l’attention, de l’instabilité psychomotrice et des troubles anxieux. Le propre de ces manifestations est de disparaître dès que l’enfant rentre chez lui, ou lorsque l’enseignement satisfait son profil cognitif particulier.
  • L’absence de méthode est la conséquence d’une capacité à comprendre très vite, à fournir des réponses exactes sans fournir un travail de réflexion. Le surdoué peut faire l’économie de l’apprentissage d’une méthode parce qu’il n’a pas besoin de faire une analyse séquentielle pour trouver la réponse. Ce fonctionnement reste acceptable tant qu’il reste dans le primaire. Mais dés le secondaire il peut être pénalisé lorsqu’on lui demande d’expliquer comment il procède. La difficulté ou le refus à expliquer agace et provoque une dépréciation du travail scolaire de la part des enseignants. Il risque de se produire une épreuve de force qui aggrave encore la situation et peut conduire à l’échec scolaire. L’élève du secondaire peut finir par manquer de temps d’autant qu’une lenteur de l’écriture persiste. Il s’enclenche un cercle vicieux si l’enfant perd toute motivation à étudier.
  • L’opposition apparaît volontiers dès qu’il est question de tâches répétitives comme recopier, apprendre par coeur. Le point d’achoppement surgit lorsqu’il est question d’apprendre des règles ou, de façon plus générale, lorsqu’une tâche donne l’impression de perdre son temps par l’absence de créativité. En outre, la fréquence de difficultés graphomotrices conduit à éviter l’écrit et à une mauvaise orthographe qui pénalise dans toutes les matières.

En résumé, on peut opposer de façon schématique un enfant au développement
intellectuel moyen que nous qualifions d’« enfant scolaire » et un enfant à Haut
Potentiel (tableau I).
Certains enfants à Haut Potentiel arrivent cependant à composer avec ces
particularités cognitives, en particulier lorsqu’ils trouvent dans leur enseignant la
bienveillance et l’empathie indispensables à leur motivation. A l’inverse, le sentiment
d’incompréhension risque de brouiller plus encore le rapport aux apprentissages.

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