machste.wordpress.com
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La Fille a trouvé un article très intéressant, écrit par un jeune EIP « Lacneyton », qui décrit le fonctionnement du cerveau EIP vs cerveau « normal ».. A lire et relire, pour sa justesse d’interprétation que pour le ressenti de l’adolescent…

« Lacneyton » se décrivait en 2009 comme « un simple lycéen de 16 ans (bientôt 17) qui rentre en Terminale S Svt spé Math. »

Je suis une personne assez différentes des autres lycéens (mais ils sont sympa quand même, les autres =). Oui, donc revenons à nos moutons, si je me pense assez différents c’est à cause d’un truc très con que les psychologues (c’est eux qui le disent, aucun sentiment de supériorité de ma part envers les autres) appellent EIP (enfant intellectuellement précoce).

Avant que vous vous imaginiez des choses sur moi (« encore un gars qui se croit supérieur » etc.), je tiens à nuancer ce terme. Cela veut seulement dire que je comprends plus vite, que je peux apprendre plus vite et que j’ai une vision du monde très différentes.

Mais c’est tout sauf cool, car je ne peux concevoir le monde sans chercher la cause de tout, les conséquences de chaque acte et d’une manière assez générale tout ce qui ne rentre pas dans une vision cartésienne du monde m’échappe totalement… Vous l’aurez compris, les relations sociales sont mon point faible… J’ai beau essayer de comprendre, mais il y a plein de trucs qui m’échappent.

Et un blog à visiter..

L’article complet est là


[…]

Aujourd’hui je vais essayer de vous expliquer le fonctionnement d’un cerveau EIP grâce à des petits dessins. Pour cela, je vais devoir vous parler de mon exemple personnel, qui même sans généraliser pourra vous donner une base pour comprendre les autres.

Je vais innover cette fois-ci en utilisant des petits dessins à la place de long discours chiants à mourir.

I Principe général

Le cerveau d’un EIP fonctionne différemment. J’aime beaucoup utiliser l’analogie de l’algorithme. (Algorithme : Assemblage d’instructions à suivre pour obtenir l’exécution d’une tâche donnée.)

On fonctionne généralement sous le mode « Association d’idée ».

Schéma 1
Schéma 1

Comme vous pouvez le voir sur le schéma 1, un simple mot et automatiquement on va penser à des choses en rapport. On crée donc une sorte de « Hérisson de mots ». Et là on touche un problème, sur chaque mot du « Hérisson de mots », on va faire exactement la même chose. Imaginez vous sur le schéma 1, faire la même chose pour tous les mots, puis pour tous les mots qui en découlent… Ce qui nous amène à la première particulier : un EIP qui n’a rien pour s’occuper l’esprit, va penser, trop penser, ce qui crée généralement une angoisse voir même une douleur physique.

Mais, cela ne suffit pas, en plus d’y penser on le visualise. C’est-à-dire que l’enchaînement Mort-Parents-Tristesse va se dérouler dans notre imagination. Et là, on arrive à 3 caractéristiques de l’EIP : Imagination importante + Empathie + Hypersensibilité. Cela provoque donc une peur irrationnelle qui peut nous stopper net dans l’activité qu’on fait. Certains ont trouvés une méthode pour éviter ceci, par exemple j’écoute de la musique en me concentrant sur les paroles ou le rythme et quand je ne peux pas, je calcule la suite de Fibonnaci encore et encore.

Pour conclure sur ce point, un EIP sera confronté jusqu’à la fin de sa vie à une pensée débordante et qui peut devenir douloureuse. Mais il n’y a pas que ça qui l’empêche de vivre pleinement sa vie d’enfants…

II Algorithme non optimisé

Quoi qu’on en dise, les non EIPs ont généralement un algorithme plus ou moins optimisé.

Etude de cas : Le prof a donné un cours sur l’histoire du 20ème siècle, contrôle : Compo sur la vie des civiles pendant la première guerre mondiale.

Enfants non EIP : vous allez chercher les informations dans votre mémoire, vous les triez, (celle qui sont dans le sujet et celles qui ne le sont pas), vous hiérarchisez et vous écrivez.

Enfants EIP : Pourquoi la première guerre mondiale ? Conséquences de la Première guerre mondiale ? => Les soldats des civils appelés à la guerre, je peux les caser en parlant de leur mobilisation. Tiens Première Guerre mondiale, ça me fait penser à tous les traités de paix, faut que je les case aussi. Et puis, faut que je parle de ses conséquences 30 ans plus tard etc.

Si vous avez bien compris l’exemple, vous pouvez voir qu’un EIP ne trie pas, il met tout ce qu’il sait. Et comme un mot entraîne des idées et que ces idées entraîne d’autres idées (« le hérisson de mots ») et bien au bout de 10 minutes, il est capable de vous recracher le cours sur tout le 20ème siècle. Il va donc trier, mais d’une manière arbitraire et inefficace, voir même barbare. Il va prendre une hache et couper dans le tas, jusqu’à ce qu’il lui reste la plus longue chaîne d’idée qui semble convenir au sujet.

Schéma 2
Schéma 2

A votre avis, il va prendre quelle chaîne ? La première semble convenir, mais il va prendre généralement la 2ème. Pourquoi ? Car la deuxième contient la première et plus d’infos. Il n’a pas conscience du Hors-sujet, ce qui lui sera bien sûr fatale pour la note obtenue.

En conclusion, l’EIP n’a pas forcément un cerveau plus efficace que les autres, vu qu’il est dans l’incapacité de travailler. Généralement, les matières littéraires auront tendance à être notre point faible. Cependant, niveau scientifique, le cerveau fonctionne mieux que celui des autres. Pourquoi ? Car, il n’y a rien à trier en sciences, un théorème sera toujours utile et chaque problème pouvant être résolu par un enchaînement d’action logique. La démarche scientifique fait généralement partie de nous !

III Ce qui vous fait croire qu’on est plus intelligents alors qu’en faites, c’est faux !

La grande différence qui fait penser aux gens qu’on est plus intelligents que vous, c’est notre capacité à apprendre. On n’a pas besoin d’apprendre, ou alors lire le cours nous suffit. Pourquoi ?

Tout est une question d’algorithme : un EIP lit le cours, apprend tout (tout, c’est tout : si on a marqué que le gars portait une chaussette marron à points noirs, on l’apprendra aussi) et donc aucun tri n’étant opéré rien ne vient ralentir l’action.

Or, la plupart des non EIP arrivant à un certain niveaux mettent plus de temps pour apprendre, sont obligés de faire des fiches et de résumé le cours. Certes, vous mettez plus de temps, mais uniquement, car vous utilisez un algorithme de tri pour savoir quoi apprendre, ce qui fait que généralement vous serez plus efficace que nous en matière littéraire.

Pour conclure sur ce mini-dossier : un EIP a un cerveau qui fonctionne différemment et même s’il est capable d’apprendre 10 fois plus vite, il ne faut pas oublier qu’il apprend 10 fois plus de choses que vous (avec 90% de truc inutile). C’est une différence de taille, car ils sont généralement incapables de s’exprimer clairement, que ce soit à l’écrit ou à l’oral.

11 thoughts on “Le cerveau d’un EIP

  1. Vraiment pas terrible d’effacer les commentaires quand ils te plaisent pas… Autant retirer l’option…

    Le monde n’est ni tout noir ni tout blanc, et retirer ce qui ne t’arrange pas revient au même que de s’enfermer dans une bulle imaginaire où tout se passe comme tu le voudrais.
    Redescend sur Terre

      1. Tant qu’à faire, tu peux pondérer un peu mon précédent message sur ton article concernant Nadine, j’étais un peu trop énervé quand je l’écris, et donc un peu trop agressif je trouve. Merci

  2. Bonjour
    Il ne faudrait pas que le fonctionnement des enfants surdoués décrits sur cette page soit considéré comme une norme. Selon moi , ce qui est décrit ci-dessus est un fonctionnement de certains enfants surdoués. En général les personnes surdouées savent au contraire extrêmement synthétiser leurs idées, ont une pensée fluide et claire….Même s’ils peuvent avoir beaucoup d’associations d’idées. ils savent trier leurs idées ! J’ai écrit un article à ce sujet sur mon site planetesurdoues.fr, ( article du professeur Habib sur la neurologie des EIP à l’appui).
    Nadine planetesurdoues.fr

    1. C’est un témoignage 🙂
      Qui explique bien, vu de l’intérieur, pourquoi certains EIP peuvent être toujours à côté de ce que l’EN attend d’eux…

      Maintenant, il est certain qu’il y a presque autant de types de douance que d’enfants concernés..

      Et surtout, il y a tellement d’enfant HP non détectés… ce qui sous-entend qu’ils n’ont (pour la plupart) pas eu à se confronter à ce genre de difficultés.

      Je suis (depuis toujours) passionnée par les neurosciences… Alors forcément j’essaie de suivre ces recherches au plus près. D’autant que donner des fondements « biologiques », donc tangibles, vérifiables à la douance (même si pour moi c’est un tout, l’inné et l’acquis, l’environnement permettant ou pas d’exprimer le potentiel) permettrait de mieux faire passer le concept auprès de ceux qui le nient encore (le concept de douance, pas d’inné/acquis).Bon, je ne parle pas des dérives que cela peut impliquer, même si j’en suis très consciente.

      Je suis d’accord.. tous les « surdoués » ne raisonnent pas de manière anarchique.. mais ils ont quand même une tendance à l’analogie plus prononcée que d’autres… Et il faut accorder une grande importance à leur « apprendre » à poser leur raisonnement… non ?

      (euh.. j’dis ça mais j’ai toujours aimé poser mon raisonnement .. à titre personnel….)

    2. Nadine, ton commentaire m’exècre au plus haut point!

      A aucun moment il n’est parlé de norme, si tu l’interprète ainsi, il ne s’agit que de ton opinion et de ton manque de compréhension.
      Il est évident qu’un tel fonctionnement ne concerne pas tous les surdoués, sinon nous serions TOUS en échec total.
      Pour se donner une idée, le fonctionnement est certes commun (la pensée en arborescence) mais la façon dont il est géré, et dans ce cas mal géré, concerne à peu près 1/3 des surdoués. Je sais de plus de quoi je parle, je rentre dans ce fameux 1/3. Ce qui est expliqué dans cet article me concerne à 100% mais ne concerne pas 100% des surdoués. Ce mode de fonctionnement, complètement ignoré et rejeté par ma famille, les enseignants ainsi que les autres élèves, m’a empêché de tirer le meilleur de tout ça et d’en arriver à arriver à (je te cite) « En général les personnes surdouées savent au contraire extrêmement synthétiser leurs idées, ont une pensée fluide et claire… ».
      Et c’est justement cette phrase que je trouve insupportable associée avec le reste de ton commentaire. Tu appuie le fait qu’on ne doive pas considérer comme étant une norme le fonctionnement décrit dans l’article en imposant toi-même ce que tu en sais comme une norme puisque tu parles de « En général… ». C’est absurde!
      Les surdoués qui réussissent, comme ceux qui ne réussissent pas, ceux qui comprennent et maitrisent leur fonctionnement ou pas, ne sont pas dans une quelconque norme! Nous sommes les branches d’un même arbre, mais nous évoluons tous différemment!

      Aujourd’hui j’ai 29ans, j’arrive tout récemment à m’exprimer clairement à l’écrit, mais à l’oral c’est loin d’être le cas. Je subis encore beaucoup de rejets de la part des gens car ils interprètent souvent de travers ce que je dis, mes intentions mal formulées me valent souvent les critiques, souvent violentes psychologiquement, de mes pairs. On me prend tantôt pour un gamin, tantôt pour un aigri, tantôt pour une personne dérangeante. Et tout ça parce que je ne sais pas faire ça: « synthétiser leurs idées, ont une pensée fluide et claire… ». Heureusement j’ai un petit cercle de personnes autour de moi qui me prennent tel que je suis et me comprennent malgré ma maladresse.

      Bref, Nadine, ton article (intéressant soit dit en passant) n’a aucunement le droit de s’imposer comme étant notre fonctionnement général, et encore moins d’être utilisé pour décrédibiliser un fonctionnement de surdoués en échec et en souffrance. Nous ne sommes pas « certains cas » car ne ne sommes pas 1% des surdoués dans ce cas, mais nous représentons une bien plus grande proportion, une proportion suffisamment grande pour qu’on en fasse des conférences et des tas d’articles concernant le sujet. Nous avons besoin de ce genre d’article pour nous comprendre, pour savoir que nous ne sommes pas seul dans ce cas, que nous ne sommes pas fou et que notre comportement est normal, mais aussi améliorable. Sans ces fameux articles qui traitent des surdoués dans ce cas, j’aurais déjà perdu la tête depuis bien longtemps dans ce monde fou. D’ailleurs je te remercie de ton travail La Fille, continu comme ça ;)

      Cordialement, Max

    3. A aucun moment il n’est parlé de norme, si tu l’interprète ainsi, il ne s’agit que de ton opinion.
      Il est évident qu’un tel fonctionnement ne concerne pas tous les surdoués, sinon nous serions TOUS en échec total.
      Pour se donner une idée, le fonctionnement est certes commun (la pensée en arborescence) mais la façon dont il est géré, et dans ce cas mal géré, concerne à peu près 1/3 des surdoués. Je sais de quoi je parle, je rentre dans ce fameux 1/3. Ce qui est expliqué dans cet article me concerne à 100% mais ne concerne pas 100% des surdoués. Ce mode de fonctionnement, complètement ignoré et rejeté par ma famille, les enseignants ainsi que les autres élèves, m’a empêché de tirer le meilleur de tout ça et d’en arriver à arriver à (je te cite) « En général les personnes surdouées savent au contraire extrêmement synthétiser leurs idées, ont une pensée fluide et claire… ».
      Tu appuie le fait qu’on ne doive pas considérer comme étant une norme le fonctionnement décrit dans l’article en imposant toi-même ce que tu en sais comme une norme puisque tu parles de « En général… ».
      Les surdoués qui réussissent, comme ceux qui ne réussissent pas, ceux qui comprennent et maitrisent leur fonctionnement ou pas, ne sont pas dans une quelconque norme! Nous sommes les branches d’un même arbre, et nous évoluons tous différemment!

      Aujourd’hui j’ai 29ans, j’arrive tout récemment à m’exprimer clairement à l’écrit, mais à l’oral c’est loin d’être le cas. Je subis encore beaucoup de rejets de la part des gens car ils interprètent souvent de travers ce que je dis, mes intentions mal formulées me valent souvent les critiques, souvent violentes psychologiquement, de mes pairs. On me prend tantôt pour un gamin, tantôt pour un aigri, tantôt pour une personne dérangeante. Et tout ça parce que je ne sais pas faire ça: « synthétiser leurs idées, ont une pensée fluide et claire… ». Heureusement j’ai un petit cercle de personnes autour de moi qui me prennent tel que je suis et me comprennent malgré ma maladresse.

      Bref, Nadine, ton article (intéressant soit dit en passant) n’a aucunement le droit de s’imposer comme étant notre fonctionnement général, et encore moins d’être utilisé pour décrédibiliser un fonctionnement de surdoués en échec et en souffrance. Nous ne sommes pas « certains cas » car ne ne sommes pas 1% des surdoués dans ce cas, mais nous représentons une bien plus grande proportion, une proportion suffisamment grande pour qu’on en fasse des conférences et des tas d’articles concernant le sujet. Nous avons besoin de ce genre d’article pour nous comprendre, pour savoir que nous ne sommes pas seul dans ce cas, que nous ne sommes pas fou et que notre comportement est normal, mais aussi améliorable. Sans ces fameux articles qui traitent des surdoués dans ce cas, j’aurais déjà perdu la tête depuis bien longtemps. D’ailleurs je te remercie de ton travail La Fille 😉

      Cordialement, Max

  3. Ce témoignage explique avec clarté le mode de raisonnement d’un EIP, s’il pouvait être diffusé , beaucoup de personnes non concernées par la précocité pourraient enfin comprendre les difficultés des « surdoués »

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