Tu seras un homme, mon fils

Ascenceur
Ascenseur

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling

Pour ses 4 ans, La Zébrette avait reçu en cadeau un ascenseur à billes…

Ascenseur
Ascenseur

Cet après-midi, avec Le Gars elle a construit le modèle 240 pièces.

Au retour de La Fille, elle le lui montre, mais quelques instants plus tard,  et avec sa maladresse habituelle, le détruit.

La Fille été impressionnée par son visage dépité mais calme. Et sans un mot, tel Rudyard, La Zébrette s’est mise à le reconstruire. Elle y a passé plus d’une heure. Et de nouveau. Patatras.

Faut dire que ce n’est pas très stable ce montage. Pas une larme ou une parole. Une moue qui en disait long. Un câlin plus tard, la voilà recommençant l’ouvrage, telle Pénélope…

Sauf que l’expérience servant, elle a décidé de faire deux montages plutôt qu’un seul trop instable. Et le poème de Kipling, que la Fille adorait étant enfant (aujourd’hui encore) ne pouvait que s’imposer… Elle le lui a récité … et la Zébrette n’était pas peu fière de sa réaction 🙂

La Fille aussi :Wink:

One Comment

  • c’est drole, c’est le seul (je crois) texte que j’ai imprimé pour mon fils afin qu’il le lise , relise et le médite.. cela fait deux ans et il est encore dans sa chambre!!!

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