Témoignage

Témoignage de parents

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La Fille publie ici (avec son accord, bien sûr) le témoignage de la maman d’Evan, un petit garçon de bientôt 8 ans (fin octobre), qui est un enfant à très haut potentiel (QI > 150).

Pour que chacun, surtout les gens qui ne sont pas informés, et qui pensent que précocité = chance, puissent se rendre compte qu’au quotidien, cela peut être une vraie souffrance, une vraie galère, un parfois un vrai désastre. Pour que chacun puisse se rendre compte que les enfants dits précoces peuvent aussi avoir besoin d’aide et d’adaptation scolaire, que leur QI ne résoud pas tout, voire crée les problèmes dont ils se passeraient bien.

 

Bonjour, je viens de visionner cette vidéo de vous. [La Fille: vidéo de Jeanne Siaud-Facchin : un enfant paresseux ça n’existe pas Au Feminin.com] Parmi les choses qui peuvent empêcher les enfants de s’épanouir à l’école, à la fin de la vidéo vous parlez du manque de confiance qui engendre le décrochage scolaire. C’est exactement ce qui se passe chez la majorité des enfants hp, dommage que vous n’ayez pas cité la précocité comme une handicap possible, car venant de vous cela aurait peut être pu ouvrir les yeux à un certain nombre d’enseignants qui n’ont toujours pas compris qu’un eip n’est pas obligatoirement l’enfant premier de la classe qui redemandera des exercices, portera des lunettes, sera mauvais en sport et n’aura pas d’amis ! Encore trop souvent les enseignants s’imaginent que les eip sont forcément les meilleurs élèves, ce qui est totalement faux !Je vais vous relater le calvaire que nous avons vécu, et oui je peux vous affirmer que pour un eip non détecté la “douance” peut devenir une pathologie. Notre fils a passé un premier test à 5 ans et demi “négatif” à 108 avec pour commentaire de la psychologue qu’il avait refusé de faire ce qu’il jugeait lui-même trop simple ou infantile, et ne pouvait donc pas être considéré comme un enfant précoce. Nous l’avions fait tester car il avait su lire seul à 4 ans et 4 mois, à 5 ans il faisait des multiplications comme 6×8=48, il était hypersensible et “s’enflammait” pour un rien, et nous avions constaté qu’il n’était pas du tout le même entre l’école et la maison, c’est à dire qu’à l’école il ne montrait rien, était calme, et dès qu’il en sortait c’était “une bombe”. Nous avons donc remis en question toute notre éducation en tant que parents, pensant que nous faisions quelque chose de mal. Nous ne pouvions que constater que notre fils n’était pas “normal”, il était différent des autres enfants, sauf de 2 copains qu’il avait et étaient justement eip. A l’entrée en cp, il a commencé à avoir des tics vocaux et faciaux, à être encore plus agressif envers sa petite soeur (il pouvait se retourner d’un seul coup et la projeter violemment contre un mur, ses comportements étaient devenus imprévisibles parfois tant il souffrait), mais il ne montrait ni son avance ni son agressivité à l’école. A l’entrée en cp nous avons demandé avec insistance à rencontrer la psy scolaire qui nous a répondu texto “Mais Mme & Mr, cessez donc de rêver que votre enfant soit précoce, il ne l’est pas”. Nous avons donc cherché dans toutes les directions possibles : autisme, tous les dys, le tda-h, …..et surtout nous avons remis en question notre mode d’éducation, c’est allé très loin. J’ai passé des nuits entières à chercher sur Google des informations susceptibles de nous orienter en tapant “test de qi échoué”, “test de qi négatif mais enfant finalement précoce”, enfin des mots clé en ce sens. Nous ne savions plus quoi faire, ne pouvant que constater l’évolution grandissante du mal être de notre fils, ses tics, son début de dépression, son refus quotidien d’aller à l’école, son décrochage scolaire, son décalage grandissant…et j’ai découvert le groupe ENFANT INTELLECTUELLEMENT PRECOCE de Facebook. J’ai demandé à en faire partie, j’ai publié un témoignage de notre fils, et aussitôt plusieurs mamans m’ont répondu “bienvenue, ton fils est comme le nôtre”, j’ai ENFIN rencontré des personnes qui vivaient le même calvaire que nous, nous avons enfin pu poser des questions à des personnes qui comprenaient ce que nous vivions, et nous avons pu avoir au quotidien des petits trucs pour aider notre fils. Et là nous avons découvert que OUI, un test de qi peut être échoué alors que l’enfant est bien hp (ce qui n’apparait nulle part en cherchant sur Google, donc quand on découvre le sujet il est difficile de remettre en cause les résultats d’un test, surtout au prix que l’on paie !). Mais nous n’avions toujours pas de confirmation de la part d’un professionnel ayant rencontré notre fils. A l’entrée en ce1 (dans une classe CE1-CE2), l’état de notre fils a empiré au niveau des tics, il détestait de plus en plus l’école et nous le forcions à y aller quotidiennement, il s’est mis à moins bien lire, écrire de plus en plus mal, faire des erreurs du style “9-7=3” alors qu’il le faisait sans faute à 3 ans.

Devant le mur d’incompréhension de l’école qui ne comprenait pas pourquoi nous nous acharnions alors que pour eux notre fils ne posait pas de souci, nous avons pris rdv avec un pédosychiatre de la Pitié Salpêtrière. Au premier rdv, ce Mr a vu notre fils seul quelques minutes, et nous a dit “votre fils n’a qu’un seul souci, il s’ennuie juste “grave” à l’école selon ses propres termes, il faut le nourir intellectuellement car il a mis son cerveau à l’arrêt”. Il a donc contacté l’école, mais s’est heurté au même mur que nous. Et le temps passait, nous constations que rien ne serait fait par l’école à moins de leur apporter une preuve que notre fils était eip. Or, nous n’en avions aucune certitude nous mêmes, juste un instinct de parents, cela ne s’explique pas. En décembre dernier, devant notre insistance et l’appui des instituteurs de maternelle qui nous soutenaient et avaient vu notre fils “faire une crise de tics en pleine rue”, une équipe éducative a été planifiée pour janvier. Nous savions bien que rien ne serait fait à moins que nous n’apportions de nouvelles informations. Nous avons donc décidé de refaire tester notre fils, ce qui financièrement était un réel sacrifice puisque je ne travaillais plus tant cette situation avait pris de l’ampleur. Mais cette fois-ci nous sommes allés chez une psychologue recommandée par l’Afep, qui connait réellement les eip. Notre fils a donc passé le WISC 4, et nous sommes tombés de très haut en apprenant qu’il est en réalité thqi. Nous nous disions “si il a plus de 125 nous nous battrons pour qu’il ait de l’aide au niveau de l’école”, nous pensions qu’il aurait un “bon” score, mais jamais nous n’avions imaginé qu’il obtiendrait plus de 150. Depuis la confirmation de sa précocité, notre fils a été “pris en charge” par l’école, il est passé en CE2 et entrera en CM1 en septembre prochain. Il va beaucoup mieux, les tics ont maintenant disparu, il fait encore parfois “une crise”, mais n’est plus du tout agressif comme avant. Il y a peu de temps, j’ai demandé à mon fils pourquoi avant il était calme à l’école mais faisait toutes ces crises à la maison. Il m’a avoué qu’il était agressif juste à la maison avant car il pensait que nous ne faisions rien pour l’aider alors qu’il était tellement malheureux, pour lui les seules personnes dont il attendait de l’aide pour enfin faire bouger les choses c’était de nous, ses parents, qu’il savait que la maîtresse l’aimait bien, mais elle ne le connaissait pas, ne l’aimait pas comme nous et ne voyait pas qui il était vraiment. Alors oui, être surdoué ce n’est pas une pathologie, mais la non prise en charge correctement peut engendrer de réelles pathologies, et la méconnaissance du sujet aujourd’hui est telle que de nombreux enfants sont en souffrance, ce qui impacte des familles entières. Tout au long de mes nuits de recherches sur Google (en français, anglais et espagnol pour multiplier mes chances de trouver des infos !), dans les différents groupes de Facebook, etc JAMAIS, JAMAIS, absolument JAMAIS je n’ai lu un article ou visionné une vidéo indiquant qu’un test de qi peut être échoué alors qu’en réalité l’enfant est eip. De plus, notre fils a un test aux résultats homogènes, il n’a donc pas de dys ou tda associé manifestement, mais au quotidien je peux vous assurer que notre fils a des comportements de type autistique, il a des réactions souvent inappropriées et nous devons “lui apprendre à décoder les comportements humains pour s’intégrer”.
N’ayant rien trouvé lors de mes longues nuits de recherches sur internet sur “le calvaire familial”, le gouffre de décalage possible entre la maison et l’école (nous avions clairement 2 enfants différents entre la maison et l’école), la possibilité pour un enfant effectivement eip d’avoir un test négatif, etc, etc, etc, que ce serait-il passé pour notre fils si nous ne nous étions pas battus pour lui à ce point ? Combien de familles feraient ce que nous avons fait, combien de maris soutiendraient leur femme qui arrête de travailler pour remonter le moral de leur fils et l’aider quotidiennement alors que tout le monde autour pense juste qu’ils ne sont pas assez autoritaires, qu’ils font une montagne d’un petit rien ? Etre surdoué peut engendrer bien plus qu’un réel trouble scolaire : des tics, des mutilations de l’enfant qui se coupe comme pour se punir, des ongles tellement rongés qu’il n’en reste plus, une dépression pouvant mener au suicide, de l’agressivité (et le terme est faible !), l’explosion de familles qui n’en peuvent plus et pour qui le divorce devient la seule alternative au bout d’années d’incompréhension et de lutte isolée, cela peut aller très loin !!! De plus, il y a de nombreux eip ayant un dys ou un tda associé, or l’un masquant l’autre, les profs et l’entourage sont injustes et ne se rendent pas compte à quel point cela peut être handicapant. Les personnes pensent encore trop souvent qu’être “surdoué” c’est un avantage, or cela n’est un avantage que pour les enfants pour lesquels cela ne se voit pas. Pour les autres, la grande majorité, en décalage, incompris, si on ne se dit pas qu’ils ont besoin d’aide particulière en pensant qu’ils sont avantagés dans la vie, ils vont droit dans le mur, vont réussir à suivre sans rien faire jusqu’au collège, où ils décrocheront petit à petit jusqu’à être déscolarisés pour certains sans aucun diplôme ! Et cette statistique est pour le moins inquiétante, donc oui être surdoué peut être et devient malheureusement pour beaucoup de familles une pathologie car le sujet est bien trop méconnu et il n’y a pas l’aide nécessaire pour accompagner les parents et les enfants. A 130 un eip est autant éloigné de la “norme” qui se situe à 100 que quelqu’un à 70 considéré déficient mental. Or si l’on a en général de la compréhension et de la patience envers un enfant dys, tda, en retard mental, etc, il est bien rare que l’on soit tolérant ou patient avec un “surdoué” qui ne comprend pas ou ne réussit pas quelque chose. Il serait donc très utile je pense que des spécialistes comme vous insistiez sur le fait que la précocité peut aboutir à un handicap social si elle n’est pas détectée, cela peut devenir une réelle pathologie qui exclut les enfants scolairement et socialement de façon encore plus injuste qu’un dys, un tda ou un retard mental puisque ces enfants ne bénéficient pas de la “compréhension” de l’entourage et sombrent peu à peu.

Et si l’histoire se finit bien (quoique l’histoire n’est pas finie, un enfant de presque 8 ans n’en est qu’au début de sa scolarité), cela a du nécessiter que ses parents aillent jusqu’au ministère de l’éducation nationale pour obtenir de l’aide menacent de passer sur RTL si ils ne pouvaient pas avoir un interlocuteur au courant de la précocité ! Après les résultats des tests, l’équipe éducative est allée chercher Evan pour lui dire qu’ils comprenaient enfin pourquoi il s’ennuyait à l’école, et qu’ils allaient le passer en CE2 début février. Sauf que fin février toujours rien et Evan devenait encore pire qu’avant. C’est là que les parents ont contacté le ministère. Bizarrement, dans la minute qui suivait on leur donnait les coordonnées de la référente précocité de l’académie. Après un échange de (looong) mail, dans les 48 heures l’inspectrice de circonscription les contactait et leur fils était enfin pris en charge. C’est l’académie qui a “forcé” l’école et l’inspectrice de circonscription à enfin faire quelque chose.La maîtresse a été,ensuite, très bien, elle a appliqué “la fermeté bienveillante” dont nos enfants ont tellement besoin, et très rapidement elle a pu constater que de moyen en CE1, il se sentait bien mieux en CE2 et commençait enfin à montrer ses capacités et à rendre plaisir à aller à l’école. :2thumbup

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3Commentaires

  • […] Des Mères Tigresse.. Beaucoup n’avaient pas pensé devoir se battre jour après jour pour leur enfant, contre les uns ou les autres (lire ici). […]

  • bonjour maman d’Evan. je suis désolée que vous n’ayez pas trouvé l’aide que j’aurais voulu vous apporter sur mon site. J’ai créé ce site pour aider les jeunes parents qui connaissent ce que j’ai connu il y a de nombreuses années. je lis que cela ne progresse pas tellement…Mon fils ainé ne montrait jamais à l’école ce qu’il savait malgré mes nombreux encouragements…il se fondait dans la masse pour avoir des copains…et il s’est mis à gribouiller alors qu’il dessinait parfaitement des voitures, les lettres, etc…à la maison…par contre pour le QI , il l’a montré dès ses 5 ans, je n’ai pas connu ce que vous décrivez, mais plutôt des pleurs. Si cela peut vous rassurer, il me semble que l’agressivité est plutôt « meilleure » pour eux. Et moi lorsque j’ai tel au ministère, on m’a répondu « oui et moi je suis la reine d’Angleterre !… »
    nadine planetesurdoues.fr

    • Maman d'Evan dit :

      Merci pour votre commentaire Nadine. Non, en effet, je vous confirme que les choses n’ont pas évolué, et que chaque parent doit recommencer le combat, c’est épuisant ! Mais quand je vois mon fils aujourd’hui qui veut enfin aller à l’école (il vient d’entrer en CM1), et qui se sent beaucoup mieux, je sais que le saut de classe était indispensable pour lui même si il est en décalage, car entre lui et le plus vieux de la classe il y a presque 2 ans et demi et c’est un simple niveau, donc côté maturité il pêche. Mais il est enfin intégré, et m’a dit qu’il ne sait pas pourquoi, mais cette année il a plus de copains de sa classe que l’an dernier, car “ils l’intègrent” selon ses propres mots. J’ai rappelé la personne de l’inspection qui nous a aidé, pour lui dire combien les choses sont différentes aujourd’hui positivement, et pour la remercier. Elle m’a dit que si quoi que ce soit n’allait pas de nouveau, je ne devais pas hésiter à la recontacter de suite. Cela fait du bien de se savoir comprise, entendue et soutenue ! Et l’école de nos enfants a été très bien également, ils font attention aux enfants dans les classes. 🙂

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