Quels signes ?

La Fille va vous faire un inventaire à la Prévert des signes caractéristiques qui vont faire penser que c’est bien d’un petit Zèbre dont il s’agit.

Mais La Fille est toujours mal à l’aise avec ces listes…

En effet, un petit Zèbre présente rarement toutes les caractéristiques ci-dessous, rarement au même niveau.  Alors, en ayant précisé cela, la Fille est certaine que chaque parent y retrouvera son enfant…  Quel enfant n’est pas « curieux », « distrait », « sensible »…

C’est la concordance de plusieurs signes qui doivent aiguiller vers la précocité.

Mais si la littérature instaure un chiffre de QI (125 ou 130), un enfant trois points dessous est-il non HP, et un enfant deux points dessus est-il forcément HP. La Fille ne le croit pas (et ça n’engage qu’elle). Alors, elle va essayer de vous faire un inventaire le plus complet possible pour que cela vous aiguille plus sûrement vers une intime conviction.. et elle vous mettra également un tableau comparatif entre ce qu’est un enfant brillant et un enfant précoce.. Bouhhhh.. comme c’est compliqué tout cela.. quand on sait que bien des enfants précoces ne sont pas brillants.. si maintenant les enfants brillants ne sont pas précoces 🙁

En tout cas, en cas de doute et surtout en cas de difficulté, la seule option pour mieux accompagner votre enfant, mieux l’aider ou mieux anticiper, c’est la passation de tests auprès d’un(e) psychologue spécialisé.

Ce n’est pas seulement pour connaitre le chiffre magique du QI de votre enfant (loin d’être l’information principale du test), mais surtout pour comprendre qualitativement, ses forces et ses faiblesses, les aides que vous pouvez lui apporter, le soutien que vous pouvez mettre en place…

Inventaire à la Prévert..

L’hyper-sensibilité: 

Ils réagissent en mode « Plus ». Une simple remarque et ils se sentent « humiliés », un froncement de sourcil et ils sont « grondés » comme pour une grosse bêtise. L’hyper-sensibilité peut affecter tous les sens. Ils sont dérangés par le bruit en classe, par les lumières, par les étiquettes des vêtements… Ils ne supportent pas l’injustice, que ce soit à son encontre ou vis-à-vis des autres. Il fait souvent preuve d’altruisme, et d’empathie. Ils sont très  attachés au respect de l’environnement et de la planète.

La curiosité: 

Les questions incessantes, épuisantes, à longueur de journée… Dès leur plus jeune âge, ils cherchent le « pourquoi du comment » de toute chose, ne se contentent pas de réponses approximatives. Ils questionnent, déduisent et chaque réponse entraîne une question nouvelle.  Ils s’intéressent fréquemment à des sujets qui ne semblent pas de son âge: la vie, la mort, l’espace, les dinosaures, l’histoire… Ils ont des passions, mais peuvent en changer dès qu’ils estiment en avoir fait le tour.

Le langage:

Ce n’est pas tant la précocité d’apparition du langage (même si cela arrive souvent) que la structure de sa grammaire, la richesse de son vocabulaire qui interpellent. Ils discutent beaucoup avec les adultes et parlent souvent avec une aisance surprenante, sans passer par le langage bébé. Il n’est pas rare de les entendre, dès 2 ou 3 ans, employer le subjonctif, le conditionnel ou des expressions recherchées.

La lecture: 

Souvent, ils apprennent à lire avant le CP, la plupart du temps, sans que personne ne s’en aperçoive. Ils montrent un goût pour les dictionnaires, les livres, les encyclopédies. D’un autre côté, leur pensée allant vitesse grand V, la main a du mal à la suivre et l’écriture n’est pas leur point fort. De nombreux enfants HP, surtout les garçons, ont des difficultés d’écriture qui peuvent les pénaliser dès le primaire.

Les facultés d’apprentissage:  

Ils ont en général une mémoire impressionnante et ils apprennent très vite. Ils comprennent de manière globale et opèrent par analogies avec des situations connues. Leur cerveau établit des liens plus nombreux et plus rapides entre les informations. Il détestent la routine et les répétitions. Lorsqu’ils ont maîtrisé une tâche, ils ne s’y intéressent plus, car ils n’y trouvent plus aucun défi. Souvent ils supportent très mal l’échec et manquent de ténacité face aux difficultés. C’est un point à travailler pour que cela ne pose pas trop de soucis à l’école.

Le perfectionnisme:

Non seulement ils ne supportent pas l’échec, mais ils sont souvent perfectionnistes. Si ce n’est pas parfait, ils vont préférer déchirer leur dessin, ne pas rendre leur devoir. Cela entraîne aussi une lenteur dans les tâches scolaires simples.

Le sang-froid: 

Dans les situations d’urgence,ils font généralement preuve de beaucoup de sang-froid. Leur esprit de synthèse évalue rapidement la situation, mais leur grande timidité les empêchent trop souvent d’agir.

L’esprit critique: 

Ils jugent les personnes et les adultes au premier regard, et trouvent rapidement les failles. Ils n’hésitent pas à les souligner! Ils ne se laissent pas démonter lors d’un raisonnement qu’ils mènent jusqu’au bout. Cela passe, à tort, pour de l’impertinence. Ils n’ont pas leur pareil pour justifier leurs actes.

L’humour:

Dès leur plus jeune âge, ils manient l’humour avec plaisir et dextérité. L’humour leur permet de prendre de la distance par rapport aux évènements et situations qu’ils reçoivent souvent avec beaucoup d’angoisse. Ils sont souvent très susceptibles, mais si on y fait attention, l’humour permet très souvent de dénouer les situations bloquées.

La dyssynchronie: 

Ils ne sont pas « en avance » sur tous les plans. Souvent leur développement intellectuel est plus en avance que leur développement psychomoteur ou affectif. Les enfants sont souvent perçus comme assez maladroits, voire empotés mais peuvent montrer paradoxalement une capacité extrême lors d’activités les intéressant et exigeant une psychomotricité très fine. On les déclare souvent immatures, alors que ce n’est pas du tout le cas.  L’anxiété au quotidien ou les peurs de la nuit qui ne sont pas maîtrisables par le raisonnement ; on suppose que ces enfants dont on connaît, par ailleurs, la qualité de l’intelligence, devraient savoir se raisonner. Mais il n’en est rien et ils n’y peuvent rien.

Le rapport aux autres: 

Ils ne sont pas à l’aise avec leurs pairs dont ils ne partagent pas les centres d’intérêt. Ils ressentent leur différence et ont du mal à s’insérer socialement. Certains refusent de se faire remarquer et jouent un rôle de composition en s »inhibant. C’est l’effet « Pygmalion négatif » par lequel ils s’éteignent pour ressembler aux autres.

 Les différences entre un enfant scolaire brillant et un enfant HP

Enfant scolaire
Connaît les réponses
Est intéressé
Est attentif
A de bonnes idées
Travaille dur
Répond aux questions
Fait partie du groupe de tête
Écouteavec intérêt
Apprend facilement
6/8 répétitions pour maîtriser
Comprend les idées
Aime ses pairs
Comprend le sens
Termine ses devoirs
Est réceptif
Copie convenablement
Aime l’école
Absorbe l’information
Est technique
Mémorise bien
Est vif, éveillé
Est heureux d’apprendre
Apprécie les présentations séquentielles directes

Enfant surdoué
Pose les questions
Est très curieux
S’implique t
A des idées folles
Batifole, mais a de bons résultats
Discute les détails, élabore
Est en avance du groupe
Fait montre d’opinions affirmées
Sait déjà
1/2 répétitions suffisent
Conçoit des abstractions
Préfère les adultes
Tire des conclusions
Prend l’initiative de projets
Est intense
Crée du nouveau
Aime apprendre
Manipule l’information
Est inventeur
Devine vite
Est un observateur astucieux
Est hautement critique de lui-même
Se complaît dans la complexité

 

19Commentaires

  • Gwen C. dit :

    Hé bien je débarque sur votre blog par le biais des Tribulations… J’atterris sur cet article, je le lis en ayant en tête 2 de nos enfants et… C’est moi que je reconnais !… Perturbant…
    On attend les résultats de notre fils de 10 ans (beau-fils pour moi, mais considéré comme fils), le 20 juillet prochain.
    Je vais de ce pas lire vos autres articles car, zèbre ou pas zèbre chez nous, ça reste passionnant et formateur. Merci !

  • Lily dit :

    Bonjour,
    Petit complément d’info encore très peu connu: le tableau que vous avez établi « enfant scolaire – enfant surdoué » est très bien fait, mais il ne prend en compte que les EIP « complexes ». Un EIP « laminaire » se retrouvera presque davantage dans la colonne « enfant scolaire » alors qu’il est EIP.
    Je vous conseille l’article suivant, rare sur le sujet, mais très enrichissant: « Les 2 formes du haut potentiel intellectuel chez l’enfant » par Fanny Nusbaum, dossier N1 – revue AFEP.

  • Astachoux dit :

    Je viens de découvrir ce blog, et.. ben ça me fait de la peine, j’attends de parcourir un peu plus afin de voir si il y a des  » solutions  » pour les adultes, ayant 28 ans.
    Je nous reconnais (mon compagnon et moi-même) dans ce que tu décris, ça me rappelle mon enfance et ma scolarité et c’est loin d’être mon plus beau souvenir.
    Je suis contente cependant de voir des parents autant investi dans leurs enfants et ayant vraiment à coeur de les aider.

  • Nanou dit :

    Oh, que ce comparatif m’a fait plaisir :) Je sais que tout est à prendre avec plusieurs degrés mais sincèrement, actuellement en plein questionnement à 27 ans passés de « Zèbre ou pas Zèbre ? », je me retrouve vraiment. Si seulement mes enseignants avaient eu connaissance de ça !! Et si seulement mes enseignants actuels (je suis en master pour devenir professeure des écoles) pouvaient le lire et e comprendre !!! Merci Beaucoup la Fille. Après Tribulations d’un petit Zèbre, je suis heureuse de tomber sur ton site et je compte bien m’y perdre très souvent :)

  • Jonathan dit :

    Je tiens à mettre en garde les lecteurs contre l’effet Barnum : se reconnaître dans de vagues descriptions de personnalités. Même si quelques éléments semblent correspondre avec votre expérience, cette description ne remplace en rien les tests psychométriques de QI.
    Evidemment, si vous vous reconnaissez vraiment, rien ne vous empêche de voir un psychologue :)

    Je tiens à proposer à « La Fille » d’évoquer le concept de pensée en arborescence, que je trouve réellement intéressant, par exemple. En gros, elle se définit par la simultanéité de réponses possibles quand on cherche à élargir un concept.
    Mais je ne suis pas assez callé sur le domaine cognitivement.

    Bon courage pour ce site, qui m’a l’air réellement intéressant :D

    • La Fille dit :

      La Fille plussoie! Elle n’aime pas trop les tableaux du style « enfant précoce/enfant doué » car evidemment chaque parent y retrouvera son enfant plus ou moins côté « précoce »….

      La pensée en arborescence est effectivement (les dernières études IRM le montrent) une des particularités. Quand on pose à un EIP une question , un problème, il « allume tout » (au sens de l’IRM) et il ramasse tout ce qui arrive…Reste à trier..

      Quelques témoignages ici http://www.le-cheval-a-rayures.fr/2012/07/le-cerveau-dun-eip/ ou là http://www.le-cheval-a-rayures.fr/2012/07/qi-cui-cui/

      Mais un de ces jours, la Fille y consacrera un billet, promis… Il donnera lieu à débat car tout le monde n’adhère pas à ce concept.. mais les débats sont, dans le respect, enrichissants!

  • Fredauboulot dit :

    Bonjour,
    1ère visite ici par le biais des « Tribulations d’un petit Zèbre ». J’adore!
    Je retrouve presque toutes les caractéristiques de cet inventaire chez mon aîné de bientôt 13 ans (testé hp, entrant en 3e après avoir sauté la PS de maternelle), presque pas chez sa sœur de 9 ans non testée mais pas mal aussi chez son frère de 6 ans, dont la maitresse de GS nous a dit en juin soupçonner un début d’ennui à la fin de l’année. Donc à surveiller et à éventuellement tester à moyen terme.
    J’aime beaucoup aussi le comparatif mais je doute que les « non initiés » en tiennent compte (« mais tous les enfants sont comme ça, voyons! »;)…jusqu’au jour où ils auront un hp à la maison…

    • @@@ dit :

      Merci 🙂

      Dans la page « Sites/livres/etc » sous page « tous les docs, videos mp3

      vous trouverez des tryptiques faits par l’Anpeip à destination des enseignants.

      Et d’autres documents, faits par des enseignants à l’attention d’enseignants…

      Si ça peut aider 🙂

      Bonne soirée

    • Elena dit :

      Je voulais juste vous sensibiliser à la particularité des filles surdouées. En effet, même si peu de recherches ont été faites, les psychologues s’accordent à dire qu’elles vivent leur précocité différemment. Ce sont des « caméléons », qui cachent leur surdouance. Elles sont souvent (mais pas toujours attention) très bonnes élèves, très scolaires, et échappent aux tests. Pour 100 enfants testés, seulement 23 % sont des filles ! (alors que 50/50 surdoués) Elles souffrent beaucoup mentalement à l’adolescence.
      L’écart de points dans une fratrie ne dépasse généralement pas 10 points aux résultats. Ne sous-estimez pas votre fille, il n’est pas trop tard !

  • Laurence dit :

    Bonjour,

    Je vous « vole » ce comparatif 🙂
    pour convaincre une enseignante (ma fille…;)

    Très très bien fait, merci !

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